Philippe Lacomme
© Augustin Pujol (photo. attribuée à)
Artiste
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D’une famille toulousaine modeste, il suit les cours de l’École des arts et des sciences industrielles en auditeur libre. Il est formé par Victor Bonhenry, qui devient son beau-père quand il épouse Mathilde Bonhenry en 1893. D’après Claire Dalzin (“Philippe Lacomme, taxidermiste au muséum de Toulouse”, L’Auta, 2009), le mariage n’est pas heureux et c’est surtout une occasion pour Bonhenry, parisien fils illégitime d’un comte issu d’une famille d’artistes, de se défaire de la charge financière de sa fille pour faire la noce. Philippe et Mathilde ont une fille unique, Yvonne, atteinte de maladie grave qui décède à 43 ans.
Lacomme travaille tout d’abord à la Maison Bonhenry-Lacomme qui fournit les gros spécimens au muséum de 1908 à 1918. À cette date, il est recruté par la ville en tant que conservateur technique, il restera au muséum jusqu’en 1945 mais continue cependant à travailler à la Maison Bonhenry-Lacomme après ses journées au musée pour subvenir aux besoins de sa mère et de ses frère et sœurs et satisfaire aux exigences bourgeoises de son épouse. En 1928, il prend Lucien Blanc en apprentissage.
Tout comme Bonhenry, il se forge une belle renommée d’artiste animalier et dépasse son maître. En 1911, il publie un article sur sa technique de montage des gros animaux : une charpente en bois sur laquelle reposent des éléments en liège, matériau léger permet la sculpture de détails anatomiques et les postures dynamiques. Il utilise cette technique pour le montage de l’éléphant du cirque Pinder, Punch, et par la suite, il fait encore évoluer cette technique et la réemploie en 1913 lors de la restauration de la girafe naturalisée en 1844 par Nicolas Joly et Achille Lavocat.
Il est proche de Norbert Casteret qui publie dans La Nature en 1928, un article élogieux sur son procédé : « Le procédé de M. Philippe Lacomme, préparateur-conservateur technique du Muséum d’Histoire naturelle de Toulouse, constitue à l’heure actuelle le dernier perfectionnement apporté à l’art si délicat de la taxidermie ». Il ajoute : « art qui prend de plus en plus d’importance et d’intérêt à notre époque où l’on assiste à la disparition, surtout parmi la grande faune, d’animaux dont il importe plus que jamais de conserver des spécimens qui présenteront, aux yeux des générations futures, les apparences de la vie » et quoiqu’aujourd’hui nous serions tenté de nous interroger sur la nécessité de conserver le vivant sous forme d’artefact, cela nous donne des indications sur la perception de ces spécimens à cette époque.
Il a effectué des dons à titre personnel, naturalisé des spécimens en tant qu’employé et en tant que prestataire du musée et réalisé plusieurs maquettes qui font partie des fonds et dont certaines ont remporté leur petit succès.
Pour en savoir plus, voir sa notice sur le portail des collections du musée d’histoire naturelle de Toulouse.
Punch
Philippe Lacomme