Anthropologie
Ossements, grotte de Lombrives
Eugène TrutatDu Pléistocène à l’Antiquité
Les vestiges conservés au muséum datant du Paléolithique proviennent pour la majorité du Sud-Ouest de la France. Le plus ancien est une canine datée de plus de 100 000 ans et provenant de la grotte du Coupe-gorge à Montmaurin en Haute-Garonne.
Pour les périodes suivantes (Épipaléolithique, Mésolithique, Néolithique, Âge des métaux) on constate une augmentation significative des populations, de nouvelles pratiques funéraires voient le jour, utilisant les grottes ou édifices en pierre comme lieux de sépultures collectives. Jean-Baptiste Noulet, Félix Garrigou ou Édouard Lartet explorent une grande quantité de cavités à la recherche de l’Humain fossile. Le matériel mis au jour dans les sites comme la grotte de Lombrives ou de L’Herm est déposé au muséum qui conserve également une double sépulture mésolithique du site de Téviec, en Bretagne, donnée par les époux Marthe Péquart et Saint-Just Péquart en 1938 ainsi qu’une grande partie des restes humains issus des fouilles Louis Balsan menées à la grotte des Treilles.
De l’Antiquité à l’actuel
La collection de restes osseux humains actuels ou sub-actuels ne comprend que des séries de crânes. Cette collection, constituée entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle et liée à l’histoire coloniale française, reflète les préoccupations des chercheurs lors de l’émergence de l’anthropologie en tant que discipline scientifique. Si une grande partie des crânes donnés par des anthropologues, des médecins proviennent d’Européens actuels et de cimetières médiévaux comme celui du couvent des Jacobins à Toulouse, d’autres séries déposées au muséum proviennent du monde entier.
L’enrichissement extra-européen est le fait d’anthropologues en mission d’exploration scientifique, telles que les missions Joseph Montano et Paul Rey en Malaisie et aux Philippines ou la participation de Victor Leygue à l’expédition française du Passage de Vénus en Patagonie en 1882, d’administrateurs coloniaux ou de médecins militaires qui ont prélevé directement sur le champ de bataille des restes humains qui portent encore aujourd’hui les stigmates des violences et dont la présence dans des réserves de musée pose question.
Les tentatives de classification des êtres humains se faisaient sur des distinctions ou différences purement empiriques mais à la fin du XIXe, la mise en place de normes et d’instruments de mesures va permettre des études comparatives et la prise en compte de la diversité humaine. L’importance des éléments post-crâniens pour la compréhension de l’Humain ne sera prise en compte que lorsque les paradigmes et préjugés racialistes soutenus par les tenants de la discipline s’effaceront face à l’accumulation de données.
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