Dom Robert (Guy de Chaunac Lanzac)

Dom Robert (Guy de Chaunac Lanzac)
naissance
15 décembre 1907, Nieuil-l’Espoir (Vienne)
décès
10 mai 1997, Dourgne (Tarn)
nationalité
française
activité
Peintre-cartonnier (tapisserie)

Dom Robert, moine bénédictin de l’Abbaye d’En Calcat située à Dourgne dans le Tarn, est un des maîtres de la tapisserie contemporaine. Sa vocation d’artiste (dans les années vingt, jeune dessinateur, il s’inscrit à l’école des arts décoratifs de Paris) et sa vocation religieuse ont trouvé leur épanouissement à l’abbaye bénédictine d’En Calcat, où il entre en 1930.

En 1940, au retour de la guerre, il reçoit une véritable illumination devant le spectacle d’une cour de ferme qui lui révèle son univers pictural.
« En juin 1940, revenant de Lorraine, nous avons débarqué dans l’Aude, à Carcassonne, et c’est là, vraiment, que j’ai ressenti ce vrai coup de foudre. C’était le lendemain de l’armistice, je crois, je ne sais plus, mais ce qui est clair, c’est que l’on se promenait. Il faisait réellement très, très chaud, nous étions près d’une vaste propriété, bordée d’un très haut mur sur le bord de la route, et là, tout à coup, j’entends le cri d’un paon. C’était formidable. On fait un vaste tour, on trouve une grande entrée, on ouvre la grille, on rentre dans cette propriété et on se trouve dans un jardin. Alors là, une fontaine, un paon… et des paons, des coqs, et des poules et des canards, c’était ravissant ! Là, cela a été quelque chose de foudroyant et je crois que j’ai soudainement acquis un style. J’ignorais complètement ce que cela deviendrait, mais cela est sorti, je me suis mis à dessiner, sans arrêt. »

En 1941, sa rencontre avec Jean Lurçat, impressionné par ses premières oeuvres, enluminures et aquarelles, décide de son destin de peintre cartonnier. Ses oeuvres sont tissées à Aubusson chez Tabard puis chez Suzanne Goubely (l'Atelier Goubely).

Entre 1947 et 1958, il continue son oeuvre au monastère de Buckfast en Angleterre et, diffusé par de grandes galeries comme La Demeure à Paris, il connaît un succès grandissant.

De retour à En Calcat, en 1958, il trouve une fructueuse veine d’inspiration dans la nature environnante - faune et flore de la Montagne Noire - qui se concrétisera par un rythme soutenu de création de tapisseries jusqu’en 1994, où une chute l’oblige à cesser toute activité.
Il s’éteint à En Calcat en 1997, entouré de ses frères moines.

Repères biographiques

1907 - Naissance de Guy de Chaunac à Nieul-l’Espoir (Vienne), le 15 décembre. Études secondaires au collège de Jésuites de Poitiers.

1925 - Élève à l’École des Arts Décoratifs de Paris, dessine les cavaliers du Bois de Boulogne.

1927/1929 - Service militaire au 2e Régiment de Spahis marocains à Marrakech et dans l’Atlas. Dessins et aquarelles.

1929/1930 - Dessinateur pour tissus chez Ducharne, à Lyon.

1930 - Ses relations avec Jacques Maritain, via Jean Cocteau et Maxime Jacob le conduisent à l’abbaye d’En Calcat (Tarn) où il entre avec ce dernier. Ses études de philosophie et de théologie lui font abandonner provisoirement la peinture.

1937 - Commence les enluminures d’un évangéliaire. Il est ordonné prêtre.

1939 - Fait partie d’un groupe de reconnaissance en Lorraine.

1940 - Démobilisé, sur le retour à En Calcat, dans l’Aude, émerveillement devant le spectacle d’une cour de ferme : son style s’oriente vers une écriture plus personnelle.

1941 - Visite de Jean Lurçat à En Calcat qui l’oriente vers la tapisserie. Ses premières tapisseries sont tissées par la maison Tabard à Aubusson à partir de ses aquarelles, agrandies et « transformées » en carton numéroté. Grand succès de ses premières oeuvres.

1943 - Participe à une première exposition collective au Musée des Augustins - musée des Beaux-Arts de Toulouse.

1943/46 - Sujets religieux dans ses tapisseries.

1947 - Monastère de Kerbeneat (futur Landévennec) dans le Finistère. Convalescence artistique et morale.

1948/1957 - Angleterre - Buckfast Abbey (Devonshire). Dessins de moines, joueurs de cricket de football ; études de chevaux, vaches et moutons sauvages. Rencontre à Londres des frères Gimpel. Expositions dans leur galerie. Tapisseries d’arbres, jardins botaniques, poneys et moutons.

1958 - Retour à En Calcat. Début d’une fructueuse période de création. Les tapisseries de Dom Robert sont tissées aux ateliers Tabard et Goubely à Aubusson.

1962 - Exposition à Paris, galerie La Demeure, du 6 au 24 juin.

1966 - Exposition à Paris, galerie La Demeure, du 17 octobre au 13 novembre.

1970 - Frère Robert signe désormais Dom Robert.

1974 - Paris, galerie La Demeure, du 24 avril au 25 mai.

1987 - Exposition à Paris, galerie Inard, du 12 novembre au 12 décembre.

1990 - Exposition à Angers, au musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, du 30 mars au 24 juin. Puis, à Aubusson, au musée départemental de la tapisserie, du 4 juillet au 16 septembre. Et à Albi, au musée Toulouse- Lautrec, du 13 octobre au 2 décembre.

1992 - « L’Herbe qui lève », dernier carton de l’artiste tissé à l’atelier Goubely.

1994 - Après une grave chute dans un escalier, très diminué, cesse toute activité.

1997 - Dom Robert meurt à En Calcat le 10 mai, entouré de ses frères moines.

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