Jusepe (de) Ribera

naissance
1592, Jativa
décès
1652, Naples
nationalité
Espagnole
activité
peintre

José de Ribera (1591-1652), peintre du réel

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Avec Ribera nous entrons de plein pied dans le Siècle d’Or c'est-à-dire le XVIIe siècle. Cette période va voir se concrétiser le déclin irréversible de l’Espagne en tant que puissance européenne au profit de la France de Louis XIII et de Richelieu puis celle de Louis XIV. Philippe IV (1600-1665) qui monte sur le trône en 1621 sera le monarque du déclin.

José de Ribera nait à Jativa dans la province de Valence en 1591, il mourra à Naples en 1652. De par sa carrière il est assez comparable au Greco puisque la majeure partie de sa vie va se dérouler en Italie et dans la cité parthénopéenne dès 1616. Donc, l’artiste encore fort jeune, partit de son pays natal pour ne jamais y revenir comme Greco l’avait fait de Crète. A Naples, nous savons qu’il se maria avec Caterina la fille d’un peintre sicilien, Giovanni Bernardino Azzolino. Elle avait à peine seize ans. Les recherches des dix dernières années ont prouvé qu’avant de s’établir à Naples il était déjà en Italie dès 1611 où il se trouve à Parme puis à Bologne et à Rome.

En fait, entre sa naissance et cette dernière date, très peu de choses sont sûres. Nous savons qu’en 1615-1616 deux de ses frères, Juan et Jeronimo, se trouvent en sa compagnie dans la cité papale. Son origine n’est pas du tout noble, il est né dans le foyer d’un modeste cordonnier, Simon Ribera marié en 1588 avec Margarita Cucó, sa première femme et mère de l’Españoleto (son père se mariera trois fois). A l’époque la Saetabis romaine est une cité relativement importante, l’un des centres les plus anciens de fabrication du papier (depuis 1147) en Europe Occidentale. Sa prospérité réside dans ses cultures maraichères et vivrières assurées par les morisques. Leur expulsion entre 1609 et 1611 portera un coup fatal à l’économie de la région. Ces morisques sont souvent des cordonniers ce qui explique la phrase de l’archevêque de Valence, Juan de Ribera, l’un des plus ardents défenseurs de l’expulsion des morisques : « qui va fabriquer nos chaussures ? ». Il n’est donc pas impossible de penser que le départ du très jeune peintre pour l’Italie pourrait s’inscrire dans le contexte de ce drame : sa famille aurait été expulsée.

Palomino nous dit en 1724 que Ribera fut élève de Francisco Ribalta (1565-1628), le fondateur de l’école ténébriste de Valence ; rien n’est moins sûr. En effet ses premières œuvres datées remontent à 1626. Un fait demeure certain : le jeune artiste est très tôt confronté avec la révolution picturale de l’époque : le Ténébrisme et par là l’influence du Caravage. Toute une génération de peintres napolitains et espagnols va ainsi développer les violents contrastes d’ombre et de lumière, les tons sombres par opposition aux tons clairs, les effets dramatisés et par-dessus tout le Naturalisme. Toujours est-il qu’en 1611 lorsqu’à Parme il exécute un Saint Martin partageant son manteau (disparu) pour la paroisse San Prospero, il a déjà une certaine réputation qui lui vaut les éloges de Ludovico Carrachi en 1618.

Au printemps 1616, Ribera quitta Rome pour aller s’installer de façon définitive à Naples. N’oublions pas qu’à l’époque il s’agissait d’une possession espagnole régie par un vice-roi. La protection de celui-ci va assurer au jeune peintre commandes et prospérité. La ville est alors un immense chantier entre les quartiers de Chiaja et de Vergini, depuis la colline de San Martino à la Vicaria. Partout sont élevés des églises et des monastères qui sont autant d’ensembles à orner de peintures dans la droite ligne de la Contre-Réforme.
Il reçut de grandes commandes de la part de princes italiens comme Marc Antoine Doria pour le couvent franciscain de la Trinité della Monache à Naples (1620-21).

Entre 1637 et 1651 Ribera doit faire face à une grande commande de la part des Pères de la Chartreuse de San Martino à Naples. Pendant près de vingt ans Ribera fut amené à décorer la nef, le chœur et la sacristie.
En 1642-43, il tombe gravement malade, par la suite, étant donné son état de santé, il devra alterner les périodes de brillante activité avec des moments d’inaction où des collaborateurs vont œuvrer pour son compte. Il décède à 1652 à Naples.

Ribera fut un artiste complet, comparable au Greco par sa carrière à l’étranger. Il fut un observateur attentif et précis de la condition humaine en même temps qu’une des figures les plus marquantes de l’âge baroque. Son influence sur la peinture espagnole et napolitaine fut indéniable ; elle s’est même étendue à des peintres du XIXè siècle français comme Claudius Jacquand, Charles Maurin, Jean-François Millet, Léon Bonnat.
(J.L.AUGE)

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