Suzanne VALADON (Marie-Clémentine VALADE)

naissance
1865, Bessines-sur-Gartempe,
décès
1938, Paris
nationalité
Française

Marie-Clémentine Valade naît le 23 novembre 1865 à Bessines-sur-Gartempe, fille de père inconnu et de, Madeleine Valade, lingère.
En 1870 sa mère part avec elle à Paris. Elles vivent le siège lors de la guerre avec la Prusse puis les frayeurs de la Commune. Madeleine travaille le jour comme femme de ménage et le soir comme repasseuse. Marie-Clémentine suit des cours dans une école religieuse mais on supporte mal sa curiosité et son indiscipline. Dès 1877 elle quitte l’école. Elle réalise son rêve d’enfant en devenant trapéziste au cirque ambulant «Molier». Mais à 15 ans, une chute met fin à sa carrière. Il ne lui reste que le dessin comme passe-temps. Pour aider sa mère, elle porte le linge repassé chez les clients. C’est à cette occasion qu’elle fait la connaissance du peintre Puvis de Chavannes, dont elle devient le modèle. Elle pose également pour Auguste Renoir qui devient aussi son amant. A partir de 1881 elle fréquente le milieu artistique de Montmartre où elle a vite plusieurs admirateurs : Boissy, chansonnier et Miguel Utrillo y Molins, un aristocrate espagnol, homme de lettres et critique d'art.
Quand, à 18 ans, elle attend un fils Maurice naît le 26 décembre 1883 dont elle ne connaît pas le père. Elle gagne sa vie comme modèle pour Renoir, puis pour Steinlen, Henner et Zandomeneghi. A cette époque elle fait des dessins, surtout des portraits, à la mine de plomb, au fusain et à la sanguine. Miguel Utrillo qui s'intéresse à l'enfant vient régulièrement en visite chez les Valade. En 1886, Marie-Clémentine et sa mère déménagent rue de la Tourlaque, dans la maison où Henri de Toulouse-Lautrec loue un atelier. Très vite ils font connaissance. Elle devient son modèle ainsi que sa maîtresse. Elle l'accompagne partout pendant ses escapades nocturnes. Toulouse-Lautrec lui donne le prénom de Suzanne parce qu‘elle pose nue pour des peintres âgés. Après avoir découvert par hasard quelques dessins faits par Suzanne, il lui conseille de les montrer à Edgar Degas. Celui-ci est enthousiaste et Suzanne Valadon devient son élève et sa protégée.

En 1892, Suzanne Valadon devient d'abord la maîtresse du compositeur Eric Satie puis de son ami Paul Mousis. A la même époque, elle commence la peinture à l'huile. Miguel Utrillo reconnaît Maurice comme son fils même si ce dernier le déteste. En 1896 Suzanne épouse Paul Mousis et ils s’installent au 12, de la rue Cortot en haut de la butte Montmartre. La situation financière confortable de son mari lui permet de se consacrer entièrement à la peinture. Sa carrière d'artiste connaît un essor : en plus de la peinture, Degas lui enseigne la gravure et elle expose régulièrement.
Maurice Utrillo vit toujours avec sa grand-mère. A treize ans, se sentant rejeté par sa mère, il est insupportable, maussade et boit déjà.Suzanne a une vie rangée auprès de son mari et s’adonne pleinement à la peinture. A seize ans Maurice Utrillo doit être interné à Sainte-Anne. Quand il revient, Suzanne l'oblige à
peindre pour l'occuper ; cela ne l’empêche pas de continuer à boire. Finalement il est mis à la porte par son beau-père. A la même époque, Suzanne demande à André Utter, un ami de son fils, électricien et peintre amateur de 28 ans, de poser pour son tableau Adam et Ève où elle se représente elle-même en tant qu' Eve. Peu de temps après, Suzanne, âgée de 44ans, quitte son mari après 13 ans de mariage pour aller vivre avec André Utter.
Suzanne Valadon, Maurice Utrillo et André Utter forment la « trinité maudite » connue pour ses excentricités autodestructrices qui choquent l'entourage.
Bien que les critiques soient favorables à l'oeuvre de Suzanne et qu'elle fasse des expositions, elle ne vend pas beaucoup. Les peintures de Maurice Utrillo sont plus endemande, mais généralement il les échange contre de la boisson. En 1912 il est de nouveau dans un institut pour désintoxication. La guerre éclate et André Utter, soldat, est envoyé dans l'Ain.
Après la mort de sa mère, Suzanne Valadon se retrouve seule et privée de ressources. En 1914, elle épouse André Utter. A la fin de la guerre, Suzanne reprend ses activités picturales. Elle expose, entre autre, chez Berthe Weill mais ne vend pas beaucoup, au contraire de son fils. Maurice Utrillo fait encore un séjour
dans un asile, dont finalement il s'évade. Suzanne Valadon et André Utter décident de le faire vivre à nouveau chez eux, sous leur surveillance. Ils ne réussissent pas à l'empêcher de boire, mais depuis qu'Utter gère les affaires d'Utrillo, ils ont de nouveau de l'argent.
Suzanne est souvent sollicitée pour exposer et le trio vit une vie de luxe grâce à la vente des tableaux d'Utrillo. Ils achètent un château dans l'Ain. Utrillo est laissé dans le château sous la surveillance du concierge, tandis que Suzanne et André retournent à Paris où est organisée une rétrospective de l’oeuvre de Suzanne Valadon, puis en 1932 une importante exposition avec un catalogue préfacé par Edouard Herriot. Mais les ventes sont quasiment nulles.
Maurice vit de nouveau à Paris sous la surveillance de sa mère et de son beau-père. Mais lemariage de Suzanne va mal et Utter l'abandonne pour s'installer dans un grenier rue Cortot.
En 1935 elle est hospitalisée suite à une crise aiguë d'urémie qui la laisse dans un état d'exténuation. C'est pendant cette période que la veuve d'un banquier belge, Lucie Valore, vient lui tenir compagnie. Devant les inquiétudes de Suzanne Valadon qui se demande qui s'occupera de son fils après sa mort, Lucie dit qu'elle est prête à l'épouser. L'idée amuse d'abord Suzanne Valadon, puis elle commence à se rendre compte qu'elle perdrait tout le confort auquel elle s'est habituée. Utter en apprenant la nouvelle proteste violemment mais
sans résultat : Maurice Utrillo, devenu catholique en 1933, épouse Lucie deux ans après.
Suzanne se retrouve seule. Dans les bistrots qu’elle fréquente régulièrement, elle rencontre son dernier grand ami, le peintre Gazi.
Suzanne vieillit, sa production diminue et elle meurt d'une congestion cérébrale le 17 avril 1938. Utrillo, pris d'une crise nerveuse, n'assiste pas aux obsèques qui sont organisées par André Utter.

Catherine Brun, responsable des Publics, Musée Toulouse-Lautrec

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