• peinture / sculpture

Ingres et la troisième dimension

Tout au long de sa carrière Ingres entretint avec l’univers de la sculpture un rapport particulier. Admiré pour sa science du contour des formes, l’artiste est moins connu pour son attrait du relief.
Et pourtant c’est bien la sculpture qui joua un rôle majeur et déterminant dans sa formation. Tout d’abord, avec son père, sculpteur ornemaniste, qui lui communiqua le goût de l’antique et dont le jeune artiste appréciait les belles sanguines aux allures sculpturales. Ses professeurs toulousains dont les sculpteurs François Lucas et Jean-Pierre Vigan, l’incitèrent à copier inlassablement les modèles de la statuaire gréco-romaine, exercice également encouragé plus tard, à Paris, par son maître David, dans l’atelier duquel arriva le jeune montalbanais désireux de parfaire sa formation. Et lorsque lauréat du Grand Prix de Rome en 1801, Ingres dut encore patienter cinq longues années avant de pouvoir rejoindre la Ville Eternelle, il mit à profit ce temps pour visiter le musée du Louvre où il découvrit, grâce aux conquêtes napoléoniennes présentées ces années là, les fleurons de la sculpture antique, tandis que le musée des Petits Augustins portait à sa connaissance la statuaire française.

De cette période de formation, on retient également les liens étroits qu’Ingres entretint avec les sculpteurs de sa génération au premier rang desquels figure son ami Lorenzo Bartolini, rencontré à Paris et retrouvé ensuite à Florence. Il releva de lui plusieurs sculptures, guidé par le plaisir ou par l’admiration. De même David d’Angers le séduisit par la puissance expressive de ses profils. Plus tard ses amis ou élèves Jean-Pierre Cortot, Edouard Gatteaux, Auguste-Louis-Marie Ottin continuèrent de nourrir l’intérêt du peintre pour la sculpture en lui offrant dessins, marbres ou bronzes.

Un autre aspect de son attrait pour les œuvres en trois dimensions se manifeste lors de ses voyages, durant lesquels l’artiste exécute de nombreux relevés d’après les grands maîtres italiens ou français de la sculpture, dans le souci de conserver une trace de ce qui l’a ému ou bien dans celui de préparer un élément de décor ou encore une attitude pour l’une de ses peintures. Certaines de ses oeuvres peintes ou dessinées évoquent de façon explicite un décor sculpté : le Tombeau pour un cavalier inconnu, est peut-être la trace d’un projet de collaboration avec Bartolini dont Ingres put réutiliser quelques éléments plus tard, pour son tableau Roger délivrant Angélique. Les dessins pour Le tombeau de Lady Montague constituent de la même façon une tentative d’Ingres pour représenter la sculpture.

Certaines recherches de l’artiste l’ont aussi parfois amené à suggérer la sculpture à travers les figures créées pour ses propres tableaux. Ainsi a-t-on pu, à diverses reprises, parler des « chairs marmoréennes » d’Ingres, présentes dans le Songe d’Ossian ou encore dans ses représentations de Napoléon 1°, ses figures de saints pour les cartons de vitraux ou son Angélique.

Ingres n’a cessé de s’affronter à la représentation de la 3°dimension, éternelle abstraction de la peinture ou du dessin, contraints de se contenter des deux premières.

© Musée Ingres

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bouton (voir le diaporama de la fiche) Le songe d'Ossian - Jean-Auguste-Dominique Ingres Roger délivrant Angélique - Jean-Auguste-Dominique Ingres L'Apothéose d'Homère : Bras gauche de Phidias - Jean-Auguste-Dominique Ingres

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