Centre national et musée Jean Jaurès [Castres, 81]

Exposition : Robert Pujol "L'outil création" Sculptures

du 15 mars au 26 mai 2019

Vernissage :
le jeudi 14 mars 2019 à 18h30

Ouverture :

  • du mardi au samedi : 10h-12h / 14h-18h (17h jusqu'au 31 mars)
  • ouvert le dimanche de mai à septembre

Entrée libre et gratuite

« L’outil est le prolongement de la main de l’homme, de son intelligence, de son savoir.
En récupérant les ferrailles abandonnées ou destinées à la fonderie, j’en fais la matière première de mes créations.

Fils et petit-fils de paysan, berger sur le Causse durant toute ma vie professionnelle, plus habitué à faire qu’à dire, j’ai appris à observer et à communier avec cette nature. Mes créations lui rendent hommage : Ma sculpture raconte une histoire, une terre, des hommes, ancrée dans la ruralité d’un patrimoine témoin d’un humanisme qui s’estompe aujourd’hui.

Ces outils usés par l’homme, sont les meilleurs matériaux pour exprimer ma pensée : tordre, assembler, souder, poncer jusqu’à l’adéquation entre la matière et l’inspiration du moment.
C’est un beau voyage dans le temps empreint d’émotion, un intervalle de partage et de transmission. Chaque outil que je façonne et transforme raconte un moment de ma vie passée sur le Causse. J’ai vu travailler ces machines attelées à des bœufs ou des chevaux, j’ai joué dans mon enfance avec les outils de jardin ou de travail du bois. L’ancrage de ces formes dans ma mémoire est étroitement lié aux hommes et aux femmes qui les manipulaient.
Le paysan ou l’artisan fabriquait et adaptait son outil à son labeur, à la terre ou à la matière qu’il travaillait. Je respecte profondément ce savoir-faire qui a bercé mon enfance, c’était aussi un savoir être face à une nature parfois hostile que l’on aimait et qui nous nourrissait.

J’invite également dans mes sculptures deux sortes de pierres : le grès appelé aussi « pierre de Naves » et les oncolithes du Causse, concrétions calcaires datant de 35 millions d’années, c’est mon clin d’œil à notre positionnement d’homme, presque insignifiant dans l’univers et l’échelle du temps.

Dans un monde où tout semble acquis, où les courants artistiques ne sont reconnus que par quelques initiés, ma sculpture s’inscrit humblement dans une recherche de paix avec soi, elle devient une thérapie personnelle face aux questionnements sur notre condition humaine. L’art doit susciter l’émotion, inviter au rêve et au questionnement, partager nos mémoires et tenter de laisser une empreinte même fugace dans le regard de l’autre.»

Grâce à la participation de l’Espace Photographique Arthur Batut de Labruguière et du Carto-Club Tarnais, les œuvres de l’artiste sont accompagnées de photographies et de cartes postales représentant le travail et la vie dans la campagne Tarnaise au début du XXe siècle.

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