Château-musée du Cayla [Andillac, 81]

À propos du musée

Logo des Musées de FranceMaison des Illustres, Label du Ministère de la Culture Conseil départemental du Tarn, www.tarn.fr Les Amis des Guérin, www.les-amis-des-guerin.fr

Maison d’écrivain inscrite dans un domaine de 17 hectares situé dans le vignoble de Gaillac, le Cayla est la demeure de la famille de Guérin.

Un musée de tradition rurale, témoin d’un monde rétif aux bouleversements socio-économiques
Le Cayla est représentatif de l’activité rurale qui s’est développée dans la région. Les archives notariales et familiales du musée conservent notamment des livres de raison et cahiers-journaux qui témoignent des conditions d’exploitation du domaine. Les correspondances et documents personnels, notamment d’Antoine de Guérin et de Joseph de Guérin des XVIIIe et XIXe siècles, puis les journaux intimes d’Eugénie de Guérin sont une source très riche d’informations relatives aux conditions de vie et à la mentalité de hobereaux de province au fil des siècles.
Ce mode d’existence, hérité de l’Ancien régime, se prolonge au XIXe siècle au Cayla. Il manifeste le conservatisme de ses représentants, profondément légitimistes et garants de la pensée religieuse traditionnelle. Cette mentalité contraste avec la montée de l’industrialisation qui se fait jour dans l’Albigeois, notamment à Carmaux avec l’évolution des mines du marquis de Solages et l’essor de la Verrerie ouvrière sous la houlette de Jean Jaurès.
Les résultats de production du domaine ne permettent pas de vivre sur un grand pied. Les comptes d’exploitation témoignent de ces difficultés d’une famille qui subsiste pratiquement en autarcie et se voit contrainte de vendre des terres. De 40 hectares au XVIIIe siècle, le domaine sera ramené à 27 hectares en 1937.
Cet aspect de l’histoire socio-économique est en partie traité dans le parcours existant et mériterait d’être accentué dans la veine des études menées par Georges Duby et Philippe Ariès.

Un musée de paysage
Le Cayla est un espace reliquaire représentatif de la première moitié du XIXe siècle. Le visiteur qui aborde le paysage et le site du Cayla semble plongé dans un lieu hors du temps, qui paraît inchangé depuis 1830. Il s’agit d’une illusion mais qui est clairement exprimée par les visiteurs. Ceux-ci évoquent aisément une sensation de paix, un plaisir à pénétrer un espace qui paraît préservé de la modernisation. Ils parlent facilement de « magie du lieu », de « mystère », de « présence ».

En réalité, l’étude et la juxtaposition de documents représentant le paysage à différentes époques indiquent une évolution du paysage, végétale, visuelle, jusque dans la variation de l’implantation d’aménagements agricoles. De fait, cette évolution relève plus de la disparition que de l’apparition de constructions. A titre d’exemple, la disparition d’un moulin bladier en contrebas du château stipulé dans d’anciens plans cadastraux et des plans notariés conservés au musée a laissé place à des peupliers en bordure de ruisseau qui occultent une partie du paysage antérieurement visible depuis la terrasse de la gentilhommière et dont on peut lire des descriptions dans le journal d’Eugénie.

Ces changements, bien que ténus, transforment le regard porté au paysage et le visiteur est invité dans la visite ou au cours d’ateliers à sentir ces mouvements presque imperceptibles du paysage à partir de documents (écrits, peinture, aquarelles, photos du Cayla conservés dans les archives).

VISITE DU MUSEE
Le parcours actuel de visite permet au visiteur de se faire une idée de la maison telle qu’elle était sous la Restauration. Le parti pris retenu lors de la création du musée a été de reconstituer les pièces d’origine tout en mettant en scène des objets guériniens, ou glanés localement. A partir de 1993, le parcours de visite a été agrémenté de textes littéraires en lien avec les espaces.

La cuisine est l’espace le mieux préservé des pièces d’origine.
L’alcôve attenante à la cuisine, est une chambre de domestique
Les salles du 1er étage sont utilisées en exposition permanente et restituent l’atmosphère de la demeure telle qu’elle était du temps des Guérin.
> les chambre-journal : dans la petite chambre dédiée à la vie rurale, les livres de raison font état de rendements agricoles faibles qui permettent tout juste de faire vivre la famille et de faire travailler un petit peuple de domestiques et des métayers, de journaliers employés sur le domaine. Leurs noms s’égrainent sur les pages, comme autant de signes de vie, d’éclats de voix au moment des moissons ou des vendanges.
> la grande salle servait aux réceptions et aux travaux ménagers de la famille. Elle a été aménagée dans les années 1950 en salle d’exposition des collections guériniennes.
> la chambre de Maurice et la chambre d’Eugénie
> le cabinet de curiosités : l’ancienne chambre d’Erembert accueille un cabinet de curiosités littéraires dont la réalisation a été confiée en 2009 à Violaine Laveaux. Les objets ayant appartenus à Maurice et Eugénie sont présentés en lien avec des extraits de leurs œuvres et correspondances dans un premier petit cabinet à tiroirs que le visiteur est invité à ouvrir. Un deuxième cabinet propose une vision en trois dimensions de l’œuvre guérinienne. Ainsi naissent de la terre crue un sabot de centaure, un cachet poétique, un insecte sur la page… Tout un univers à goûter dans une atmosphère intime et secrète.

design : neo05