Château-musée du Cayla [Andillac, 81]

Exposition : Anne Slacik, Jardins et livres peints (archive)

du 26 mai au 4 novembre 2012

Exposition réalisée en coproduction avec le Musée des Beaux-Arts de Saint Denis en Yvelines.

Dimanche 27 mai : Journée littéraire
A l'occasion du vernissage de l'exposition d'Anne Slacik, le Château-musée du Cayla reçoit le poète Gaston Puel.
> 14h30 : vernissage de l'exposition d'Anne Slacik
> 15h30 : lecture-rencontre avec le poète

La thématique du jardin traverse depuis toujours l'univers pictural d'Anne Slacik : des grands aplats fondus surgissent des formes, tiges frêles, pétales alanguis ou fûts de grands arbres, comme autant d’écritures végétales aux allures orientales.

Anne Slacik s'intéresse aussi à l'écriture, qu'elle approche par l'aquarelle et le livre peint. Elle collabore ainsi à des créations croisées où le langage poétique de grands auteurs contemporains dialogue avec sa peinture.

Cette exposition présente 64 de ses pièces, toiles et livres peints.

Anne Slacik est peintre. Née à Narbonne en 1959, elle vit et travaille en région parisienne et dans le Gard. Après des études d'arts plastiques à l'Université de Provence puis à Paris I, elle enseigne les arts plastiques de 1982 à 1990. Elle expose depuis 1986.

Peintre de la couleur, Anne Slacik aime travailler les grands formats. La thématique du jardin traverse depuis toujours son univers pictural. Des grands aplats fondus, surgissent des formes, tiges frêles, pétales alanguis ou fûts de grands arbres, comme autant d'écritures végétales aux allures orientales.

L'écriture. Anne Slacik l'approche par l'aquarelle et le livre peint. Elle collabore depuis 1989 à des créations croisées où le langage poétique de grands auteurs contemporains dialogue avec sa peinture.

Dans les livres peints et les livres objets, les expressions colorées d'Anne Slacik ne sont pas des illustrations. Elles sont des réponses qui rythment le texte et font écho aux images poétiques.

Le jardin, c'est le mouvement du vent dans le vert des herbacées, le tintement de la graine qui crisse sous les doigts, la gangue cotonneuse qui s'incline dans la brise. Des instants échappés d'un paysage intime. Les grandes toiles semblent circonscrire dans leur cadre un morceau de vie éveillée. Juxtaposées en diptyques ou en triptyques, elles disent sur leurs pages immenses le mouvement de l'éphémère volé au temps.

Les aquarelles ont le goût de l'enfance. Des petits riens chuchotés aux insectes que l'on devine derrière les corolles esquissées. Le rouge immense emplit le carton, une centaurée pointe son bleu dans la paresse des racines.

Derrière le voile d'un blanc laiteux né d'une chaude après-midi, le blanc des lis éclate au soleil de midi. Chants de cigales. Envie de sieste. Goût du citron dans la bouche. Un large trait de jaune encadre le mot été. Des noms de poètes caracolent comme des cailloux sur un chemin de lecteur-promeneur : PAB, Puel, Noël, Butor... Pas, galet, étoile, centaure...

Comme un fruit suspendu dans l'ombre des feuillages, le geste crée le paysage poétique, aérien, convoque les pigments. Les traces s'agitent dans les airs, libres. Le regard butine les couleurs au gré des pages qui s'alignent en forêt sage.

Ici, au Cayla, les livres naviguent à l'estime au gré de leurs envies. Alors, l'œil plonge dans leurs ailes. Ici, un mot, là une ligne, partout les nuances transparentes d'un désir d'écriture et de signes.

Tout se réinvente. Tout peut encore se réinventer, toujours, avec les mots et la couleur. Le réel échappe ou donne l'oubli. Le rêve coule son bleu aquatique. Herbes folles, jardin de paix.

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