Château-musée du Cayla [Andillac, 81]

Exposition : Dentelles de nature (archive)

du 8 juin au 10 novembre 2013

En septembre et octobre : tous les jours (sauf mardi) de 10h à 12h et de 14h à 18h
En novembre : du mercredi au dimanche de 14h à 17h

Textere : tisser, tramer. Les origines nous donnent sans cesse du fil à retordre avec les mots dont elles accouchent. Texte et textile ont la même nature, au point de s'entrelacer pour le plus grand bonheur de l'œil et de l'oreille. Au Château-musée du Cayla, cette proximité trame une histoire, laisse entrevoir dans le maillage des mots, une infinité de vides et de pleins, de sons et de silences. L'art et la littérature se sont délectés à cette exploration, du plus grossier tissu à la plus sublime dentelle. Une exposition au fil des mots…

La terre dévoilée est un rêve de femme

« … je regardais (…) les brouillards s’élever dans le ciel et décoiffer les montagnes (…) On eût cru voir s’envoler les ténèbres antiques, Dieu enlever de sa main, comme un statuaire, la toile qui voilait son œuvre, et la terre exposée dans toute la pureté de ses formes premières aux rayons du premier soleil. (…) Souvent, au moment où le brouillard commençait à se détacher de la terre et à devenir diaphane, et que moi, le front collé sur mes vitres, je regardais faire le brouillard, une robe bleue… » (Maurice de Guérin, 26 octobre 1833).
Des pièces de dentelle et des œuvres d'art du 19e siècle provenant des fonds du musée du Cayla ou de musées régionaux (musée Paul Dupuy de Toulouse, Musée du Rouergue en Aveyron, musée du Parc Foucauld de Gaillac) côtoient des créations contemporaines de Marie Dainat.

L'ombre et la lumière sont les artisans du dévoilement

« Ce grand voile sombre et flottant laissait parfois des défauts par où se glissait un rayon de soleil qui descendait comme un éclair au sein de la forêt… » (Maurice de Guérin, 19 mars 1833).
Le monde minéral et végétal crée ses propres dentelles, visibles dans les dendrites, pierres sur lesquelles figurent des dessins de fossiles. Les dessins de Jeanne Pailler, réalisés d’après nature au Cayla en 2011 en révèlent le jeu de dentelle formé par le clair-obscur des sous-bois, traduction plastique de l’univers guérinien.

La ciselure est un art de l'intime, comme la poésie

« Quand il y a du crépuscule, prenez une feuille dont les insectes ont dévoré le parenchyme, et considérez à la lumière mourante ce réseau de fibres et de nervures délicates, vous aurez comme une miniature des délicieuses fantaisies de l’art gothique. » (Maurice de Guérin, 4 octobre 1833).
Les ouvrages de dame du 19e siècle sont issus d’une longue tradition liée à l’usage de la dentelle dans le vêtement féminin. La technique du papier découpé (canivet) a aussi été très prisée par les jeunes filles de cette époque. Les pièces présentées dans ces deux matériaux témoignent des sources communes d’inspiration pour la création des motifs d’ornement, souvent puisés dans le répertoire végétal.

Cette exposition s'inscrit dans le projet collectif "Du tout au rien... 7 musées font dans la dentelle" décliné dans les musées départementaux (Château-musée du Cayla à Andillac, Musée départemental du Textile à Labastide-Rouairoux, Musée-mine départemental à Cagnac-les-Mines) et les sites associés (Abbaye-école de Sorèze, Musée du Saut du Tarn à Saint-Juéry, Musée-Centre d'art du Verre à Carmaux et Maison de la forêt départementale de Sivens à Lisles-sur-Tarn).

+ Imprimer

design : neo05