Château-musée du Cayla [Andillac, 81]

Exposition : Çapeint : ça muse

du 30 mars au 21 octobre 2018

> Vernissage de l'exposition mardi 3 avril 18h30, en présence des artistes.

> Du 18 au 20 juillet, le Cayla accueille Henri Darasse en résidence, l'occasion pour le public de venir à sa rencontre...

L'année 2018 a été élue Année du Patrimoine par le Conseil Européen. La Conservation des musées du Département du Tarn s'empare de cette thématique et propose des expositions et des évènements (spectacles, conférences, ateliers...) qui permettent de décaler le regard pour (re)découvrir le patrimoine tarnais. L'architecture, le patrimoine oral, le patrimoine industriel… mais aussi des œuvres d'artistes contemporains s'inspirant des lieux patrimoniaux sont ainsi au cœur de notre programmation 2018. C'est dans cette optique que les musées départementaux accueillent les « Çapeint ».

L'aventure « Çapeint », c'est la rencontre et les retrouvailles de trois peintres aux démarches et esthétiques différentes mais réunis dans une même passion de la peinture : Henri Darasse (peintre et professeur de philosophie à Sète), Alain Fabreal (peintre et pédagogue, directeur des Beaux-arts de Carcassonne) et Alain Garrigue (peintre, auteur de bande dessinée, écrivain et professeur aux Beaux Arts de Carcassonne). « Çapeint », c'est la prise de conscience de la pulsion picturale qui les traverse et les réunit : « Çapeint donc nous sommes » en serait la formule.

La Conservation départementale des musées du Tarn a fait appel à ces artistes peintres pour questionner la notion de patrimoine à partir des lieux, objets, archives et documents techniques conservés dans ses trois musées (le Château-musée du Cayla à Andillac, le Musée-mine départemental à Cagnac-les-Mines et le Musée départemental du Textile à Labastide-Rouairoux). Comment l'artiste s'inspire, se nourrit des lieux de mémoire et comment il en devient à son tour artisan ? Chaque artiste intervient sur les trois sites, à l'écoute tour à tour du patrimoine minier, textile, rural et littéraire de notre département…

Au Château-musée du Cayla, Alain Fabreal est à l'écoute des mots d'Eugénie de Guérin. Il puise des images du fond de ce journal, penché sur ces écrits, son regard traverse les générations. Jour après jour, les paroles d'Eugénie remontent à la surface. Il utilise son expérience singulière du temps et de l'espace pour construire son expression artistique. Ses psychodrames forment la chaîne inachevée du temps. Il ouvre sa réflexion à d'autres pratiques. Du quotidien, de l'ordinaire, il interroge les objets. Les assiettes, les cruches, les plats forment aussi un univers inquiétant et familier. Au creux de toutes ces céramiques, le silence du temps qui passe est contenu.

À partir de la figure d'Eugénie de Guérin en son château du Cayla, Alain Garrigue tente d'établir, en une série de portraits de cette femme face à elle-même, un contrepoint pictural aux rêveries et aux petits actes de la vie quotidienne patiemment notés dans son journal.

Henri Darasse se laisse imprégner par la poésie du lieu et après avoir peint sur place, sur un chêne ou sur une frise retrouvée dans le grenier, ce sont les tapisseries déchirées de la bâtisse qui l'inspirent. Ce sont des petites toiles intimistes de tapisseries anciennes à peine rehaussées par le rouleau qu'il propose à la rêverie d'Eugénie de Guérin écrivant son journal.

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