les Abattoirs [Toulouse, 31]

Événement : "D'une fabrique à l'autre", projection-concert autour du film documentaire "La mort en Seine" de Cathy Bruno-Capvert (archive)

jeudi 9 décembre 2010 à 20h

Auditorium Jean Cassou, les Abattoirs
Accès libre dans la limite de 190 places
Réservation conseillée au 05 34 51 10 60

Improvisation en direct sur les images du film :

  • Alexandre Authelain (saxophones, clarinettes)
  • François Bénichou (piano)
  • Loïc Laporte (banjo, guitare, saxophones)
  • Emiliano Turi (batterie, percussions)
  • Éric Lareine (voix, harmonica)
  • Arnaud Houpert (son)
  • Romy Deprez (lumières)

dans le cadre des "rendez-vous du jeudi"

Le film

Plusieurs années après que la Ville de Toulouse eut transformé ses anciens abattoirs en un établissement culturel dédié à l'Art moderne et contemporain, le "CENT-QUATRE" a ouvert ses portes à Paris (octobre 2008), sur le site où, jusqu'à la fin des années 80, près d'un millier d'ouvriers - tous corps de métiers confondus – étaient chargés de mettre en scène les funérailles de toutes les personnes décédées dans le département de la Seine.

Saisis au moment où un nouvel espace de création contemporaine est en train de s'inventer, en lieu et place d'une usine où certains ont passé plus de trente ans de leur vie, six anciens employés du Service municipal des pompes funèbres de Paris (SMPF) témoignent du processus de privatisation d'un service public, des transformations du monde du travail et de l'évolution des rites funéraires dans la société française, en questionnant sans cesse la notion de "culture".

À travers les portraits croisés des ces quatre hommes et de ces deux femmes, le film rappelle en effet qu'avant d'être un établissement culturel, le 104 rue d'Aubervilliers était déjà un espace de "culture" : celle d'une certaine organisation du travail, du service public et d'une conception laïque du Sacré.
Ainsi, il met en lumière les transformations sociales profondes qui se jouent dans la société marchande, incitant chacun à s'interroger sur l'isolement de l'individu face aux difficultés du monde du travail et le fait que chacun est désormais laissé seul face à ses morts, contraint d'inventer son propre rapport au Sacré.

Le film "La mort en Seine" de Cathy Bruno-Capvert est une production Flight Movie / Demain TV avec la participation du Centre National de la Cinématograpie

Des pompes funèbres de Paris aux Abattoirs de Toulouse

À la fois fil-conducteur et personnage central du film, le site du 104 rue d'Aubervilliers à Paris fut édifié, en 1873, par l'architecte Édouard Delebarre De Bay à la demande de l'Archevêché de Paris.

Repris par la Ville de Paris, en 1905, dans le cadre des lois de séparation des Eglises et de l'Etat, il fut, pendant près d'un siècle, le siège du Service municipal des pompes funèbres de Paris (SMPF), qui assuraient en moyenne 150 convois funéraires par jour, jusqu'à perdre son monopole en 1983, date à laquelle le SMPF comptait encore quelque 800 employés.

Composé d'un ensemble de trois halles verrières, dans la plus pure tradition de l'architecture industrielle de la fin du XIXe siècle, ce site fut définitivement fermé et inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques en janvier 1997, sept ans après le site des anciens abattoirs de Toulouse.

Tout comme les Abattoirs, dont l'architecture fut inspirée du modèle des nouveaux abattoirs parisiens, le "CENT-QUATRE" remplit aujourd'hui de multiples fonctions en rapport avec la diffusion et la compréhension des formes modernes et contemporaines d'expression artistique.

La projection-concert aux Abattoirs

Sous le titre "D'une fabrique à l'autre", le concert autour de la projection du documentaire "La mort en Seine" se déroule dans le cadre des Rendez-vous du Jeudi qui marquent le 10e anniversaire des Abattoirs.

Filmé aux différentes étapes de sa transformation, le personnage central du film, qu'est l'ancienne usine, se voit doté de la parole, grâce à l'intervention de quatre musiciens et d'un chanteur issus de la scène du jazz et de la chanson française.

En improvisant en direct sur les images du film, Alexandre Authelain (saxophones, clarinettes), François Bénichou (piano), Loïc Laporte (banjo, guitare, saxophones), Emiliano Turi (batterie, percussions) et Éric Lareine (voix, harmonica) font bien plus qu'accompagner la découverte du "CENT-QUATRE" et restituer l'ambiance sonore d'un ancien bâtiment industriel en activité.

Dans une période où le rapport au travail, les liens sociaux et la place de l'individu dans la société sont particulièrement (re)mis en question, ils offrent une véritable voix à l'ancienne usine et un espoir de construction collective, en incarnant la possibilité d'articuler singuliers et universel par l'affirmation de leurs identités respectives dans un jeu constamment collectif.

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