les Abattoirs [Toulouse, 31]

Exposition : Eduardo Chillida, Gravitación (archive)

du 6 avril au 26 août 2018

Dès les années 1950, l’artiste espagnol Eduardo Chillida (1924-2002) participe du renouvellement d’une sculpture qui fait fi des contraintes de la matière. Associant le travail de la forge du fer à la modernité sculpturale, englobant l’espace environnant, il contribue alors à une redéfinition de la sculpture menée en parallèle par Tony Smith aux Etats-Unis ou encore Antoni Caro en Grande-Bretagne. Dans la continuité de l'œuvre de l'artiste, qui concevait le Peigne du vent, son chef-d’œuvre appuyé sur la côte Atlantique, comme une sculpture, un espace architectural et un lieu soumis aux lois de la mer et du vent, l'exposition proposée aux Abattoirs abordera des thématiques centrées sur les quatre éléments. Elle propose notamment de réunir un ensemble d'œuvres marqué par la préoccupation d'Eduardo Chillida pour les notions de gravité, de vide et de plein. Plus qu'une approche esthétique de la sculpture, le projet illustrera la vocation de l'artiste pour la création de volumes qui sont autant de lieux physiques, spirituels et humanistes.

Portant sur des thématiques propres à l’artiste, telles que les limites de l’espace et de la matière ou encore l’implication de l’art dans l’espace public et la nature, l’exposition regroupera une sélection d’œuvres graphiques, parmi lesquelles des découpages et des collages qui poursuivent l’expérience de l’espace et de la matière. Une sélection de gravures d’affiches consacrées aux droits de l’homme soulignera l’engagement humaniste de l’artiste. Elle sera également complétée par une documentation inédite de films et de photographies. La disposition de certaines sculptures,notamment suspendues, tentera un dialogue direct avec la singularité architecturale du bâtiment des Abattoirs, proposant un véritable défi à la gravité.

Ce corpus d’œuvres s’appuie sur les collections du Musée Chillida-Leku, issues du fonds d’atelier de l’artiste, ainsi que sur des collections publiques et privées françaises et espagnoles comme celle du Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia à Madrid ou du MACBA, Museu d’Art Contemporan de Barcelone.

L’exposition des Abattoirs offrira ainsi le moyen de redécouvrir le travail de cet artiste majeur de l’histoire de la sculpture, dont des œuvres aujourd’hui moins visibles. Présentée en écho à la collection d’œuvres de l’Observatoire de l’Espace du CNES, cette exposition illustrera également combien la pensée d’Eduardo Chillida s’engage elle aussi avec l’enjeu de l’enjeu de la gravité et du dépassement du poids de la matière en sculpture.

Biographie de l’Artiste

Originaire de Saint-Sébastien (Espagne) où il naît en 1924, Eduardo Chillida se rend à Madrid en 1943 pour entamer des études d’architecture. Préférant se consacrer à l’art du dessin, il rejoint, quatre ans plus tard, un atelier où il réalise ses premières sculptures. L’année suivante est marquée par son installation à Paris et par la découverte des antiques conservés au Musée du Louvre. C’est là qu’il réalise ses premiers plâtres et ses premières œuvres en pierre. À partir de 1950, sa sculpture devient totalement abstraite et les matériaux qu’il emploie se diversifient (bois, fer, acier, terre chamottée, béton, ciment, albâtre). Cherchant à explorer les potentialités de la matière, l’artiste ne s’interdit aucun format. En 1951, il retourne à Saint-Sébastien où il commence à travailler dans une forge. Cinq ans plus tard, il conçoit sa première exposition à la Galerie Maeght. Son œuvre fait notamment l’objet de textes de Gaston Bachelard. En 1958, il reçoit le Grand Prix de sculpture à la Biennale de Venise. Son travail s’élargit bientôt à l’espace public avec notamment l’installation des Peignes du vent achevée à Saint-Sébastien en 1976.

Les années 1980 et 1990 voient la consécration internationale de l’artiste qui reçoit de nombreuses distinctions et prix prestigieux. Il expose également dans de grandes institutions, notamment au Guggenheim Museum de New York en 1980, à la Biennale de Venise en 1990 ou encore au Musée Picasso d’Antibes en 1991. Dans ces mêmes années, l’œuvre de Chillida fait l’objet d’un nombre considérable de commandes publiques internationales qui lui permettent de déployer la monumentalité et la force poétique de son art. En 1987 il produit notamment L’éloge de l’eau, œuvre de 54 tonnes suspendue au-dessus d’un plan d’eau de Barcelone, d’où elle se reflète. Les commandes se poursuivent notamment à Séville où il réalise en 1992 un Hommage à la Tolérance, ou à Saint- Jacques de Compostelle en 1994 lorsqu’il il réalise La porte de la Musique. Lors de l’exposition Chillida et la Musique présentée en 1997 à Bad Homburg (Allemagne), l’artiste révèle également son lien à la musique et à la poésie. En 2000, le Musée Chillida-Leku aujourd’hui fermé à la visite individuelle, est inauguré à Hernani, près de Saint-Sébastien (Espagne), en présence de l’artiste. Vaste espace de 12 hectares, il accueille plus de quarante œuvres monumentales en acier et en pierre dans un lieu acheté et conçu par l’artiste. Celui-ci meurt le 19 août 2002.

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