les Abattoirs [Toulouse, 31]

Exposition : Le Printemps de septembre : "d'un autre monde" (archive)

du 23 septembre au 16 octobre 2011

Nocturnes les 23-24-30 septembre et 1er octobre jusqu'à 0h30
Gratuit

Intitulée D’un autre monde, et placée sous la direction artistique de Anne Pontégnie, la 21ème édition du festival de création contemporaine rassemble les œuvres d’une quarantaine d’artistes internationaux, affranchis des codes du post-modernisme, qui privilégient l'invention et les énergies plutôt que la représentation du monde tel qu'il est.
Installations, peintures, sculptures, parades (en collaboration avec le festival Occitània) et installations sonores investiront de nombreux lieux à Toulouse et en région Midi-Pyrénées.

Les Soirées Nomades présenteront comme chaque année un programme riche et exigeant de spectacles vivants durant les Nocturnes du festival, animées pour la 3ème année consécutive par la «Radio du bout de la nuit », enregistrée en direct et en public à l’Ecole des Beaux-arts.
Le Printemps inaugure par ailleurs son «Festival des écoles d’art européennes », proposant un regard inédit sur les travaux d’étudiants ou tout jeunes diplômés originaires de Düsseldorf, Oslo, Toulouse ou Le Fresnoy.

Artistes présentés aux Abattoirs :

Ei Arakawa
Né en 1977 à Fukushima, Japon, vit et travaille à New York.
Diplômé de la School of Visual Arts, ce jeune artiste japonais réfère au peintre On Kawara autant qu'au mouvement d'avant-garde japonais Gutaï qui à travers des oeuvres conceptuelles, happenings ou "body art» chercha, des années 50 aux années 70, à inventer un art futur sur les ruines de l'esthétique japonaise ancestrale. Les performances, installations, happenings et spectacles de danse d'Ei Arakawa combinent et superposent les matériaux et énergies d'autres artistes, amis ou étrangers, qu'il recycle continûment dans son propre travail dont le déroulement et le résultat s'improvisent le plus souvent en fonction des évènements extérieurs qu'il y intègre. Au Château d'Eau, il est invité à répondre, avec une installation entièrement conçue pour l'occasion, à l'exposition de Dom Robert présentée au 1er étage de la galerie.
Il se produira également en performance aux Abattoirs.

Karla Black
Née en 1972 à Alexandria, Écosse, vit et travaille à Glasgow.
Karla Black produit des oeuvres sculpturales, souvent réalisées à partir de matériaux domestiques —vaseline, farine, sucre, shampoing ou vêtements. Elle combine ces ingrédients singuliers au cours de séances de création intensives, composant méticuleusement des sculptures abstraites qui convoquent inévitablement, de par les matériaux qui les constituent, des notions attachées traditionnellement à la féminité — maternité, cuisine…Alliant à la rigueur de ses compositions la fragilité, voire l'évanescence des matières qu'elle utilise, Karla Black puise ses références chez la sculpteur Eva Hesse, autant que dans les travaux des performeurs Carolee Schneemann ou Gunter Brus pour leur dimension rituelle.
Les Abattoirs accueille une sélection de ses oeuvres existantes et l'artiste produira également une pièce éphémère in situ.

Joe Bradley
Né en 1975, vit et travaille à New York.
Le large éventail expressionniste de Joe Bradley se caractérise par sa dimension primaire, spontanée, explosive, infantile, colorée et joyeuse. Alliant humour et mystère, les jouissives peintures à l'huile, bâtons de cire de couleur et crayon de Joe Bradley composent un paysage brut, intentionnellement régressif, sale, à la manière enfantine de dessins au crayon de couleur. Il reste sans aucun doute une part d'enfance dans les productions de l'artiste, liée à l'énergie du plaisir de peindre et à l'utilisation de motifs géants presque «gribouillés». Ses toiles représentent en miroir sa vision du monde, «chaotique, pleine de contradictions et d'incompréhension».
Pour le Printemps de Septembre et les Abattoirs, il produit une nouvelle série de peinture.

Matias Faldbakken
Né en 1973 à Hobro, Danemark, vit et travaille à Oslo, Norvège.
Matias Faldbakken a étudié à la National Academy of Fine Arts de Bergen et à la Städelschule de Francfort. Artiste et écrivain renommé internationalement, il a publié deux romans, The Cocka Hola Company et Macht und Rebel, sous le pseudonyme d'Abo Rasul, dont l'humour décapant a provoqué une agitation considérable en Norvège. La frontière parfois ténue entre cultures underground et mainstream, entre les attitudes «indépendantes" et l'activité commerciale, est un thème central dans son travail artistique. Fasciné par les processus du savoir et du pouvoir, de l'ordre et de l'échange, Faldbakken montre à travers ses oeuvres comment l'art et les artistes peuvent y jouer un rôle déterminant. Manifestant radicalement son anti-esthétisme, les oeuvres minimales, spontanées et destructrices de Mathias Faldbakken (utilisant par opposition aux technologies de la culture et de la communication des matériaux bruts et pauvres comme la bombe de peinture, le rouleau de scotch ou le feutre) révèlent en creux un déni assumé des conventions sociales et artistiques en cours.

Isa Genzken
Née en 1948 à Bad Oldesloe, Allemagne, vit et travaille à Berlin.
Depuis plus de trente ans, l'artiste berlinoise crée une oeuvre aux multiples facettes. On y compte des sculptures et des installations, des photographies, des collages et des films. Le choix et l'association des matériaux auxquels elle assigne diverses fonctions ont une signification essentielle à ses yeux. Elle se les procure dans des grandes surfaces, des magasins de bricolage, des fournisseurs de matériel pour architectes. Autrefois, elle se servait de bois, de plâtre, de résines époxy et surtout de béton, les matériaux de l'ère moderne; aujourd'hui elle se concentre sur le plastique, les matières synthétiques et des surfaces miroirs, ainsi que sur des biens de consommation: chaises design ou sièges de camping, vêtements, figurines kitchs, poupées et animaux en plastique. Ses oeuvres et installations font souvent se côtoyer glamour et misère, euphorie et désillusion, majesté et tristesse, comme pour métamorphoser les idéaux et les codes populaires du modernisme en totems contemporains. Une sélection de ses peintures est présentée aux Abattoirs.

Sergej Jensen
Né en 1973 à Maglegaard, Danemark, vit et travaille à Berlin.
Sergej Jensen est surtout connu pour ses travaux en textile avec lesquels il a, en douceur, élargi le langage de la peinture. Son abstraction se réconcilie avec les racines décoratives du genre en utilisant des matériaux comme la soie, le lin, la laine qu'il tâche, déchire, teint, coud ou laisse simplement se transformer à l'extérieur. Le recyclage de matériaux et l'attention portée aux détails et aux incidents qui viennent porter son expression témoignent d'une volonté de s'éloigner du peintre comme figure héroïque.
Parfois, dans ses installations, l'artiste associe ses peintures à des scènes d'intérieur au sein desquelles elles se fondent. Aux Abattoirs, sera présenté un ensemble d'œuvres représentatives de l'évolution de sa peinture au cours de ces dix dernières années.

Klara Liden
Née en 1979 à Stockholm, vit et travaille à Berlin.
Formée à l'origine à l'architecture, la jeune artiste Klara Lidén résiste à l'impersonnalité de son environnement en s'y inscrivant fortement par sa présence physique temporaire ou ses installations éphémères. Ses interventions architecturales, ses détournements multiples de structures ou de matériaux révèlent les conventions et constructions sur lesquelles repose l'organisation de notre société. La vidéo joue un rôle majeur dans son travail. La plupart du temps, l'artiste suédoise se filme en plan fixe, réalisant une action obstinée et a priori futile dans un espace qu'elle investit et modifie par sa présence et son énergie. Dans Bodies of Society (2006), l'une des deux vidéos présentées à l'espace Saint-Cyprien, Klara Lidén détruit méthodiquement à coup de barres de fer un vélo dans l'espace confiné d'un appartement. Dans Kasta Macka (2009), elle se met en scène sur les rives de l'Hudson, rassemblant quelques clichés romantiques (coucher de soleil, fille seule au bord de l'eau..) très vite détournés vers la colère et l'abandon.
Une sélection de ses "posters paintings" sera exposée aux Abattoirs.

Chris Johanson
Né en 1968 à San José, vit et travaille à Portland, Etats-Unis.
Chris Johanson est un pionnier de la scène punk/skate de San Francisco. Dessinateur hors pair, il a progressivement développé un style visuel très personnel aux frontières de l'art brut et de la sophistication abstraite. En passant de l'énergie street de ses débuts à l'énergie terrienne de son oeuvre récente, Johanson mélange les modes d'expression. Sculpture, installation, musique, dessin et peinture, mais aussi portraits de ses contemporains et abstraction, paysages urbains et montagnards, composent un univers singulier à la fois très contemporain et primitif. Dessinateur et coloriste de talent, il a réussi, un peu à l'instar d'un Raymond Pettibon, à renouveler le langage pictural contemporain. Johanson, dont toute l'oeuvre témoigne d'un souci de peindre à partir de la réalité de son environnement, n'utilise que des matériaux trouvés.
Un large ensemble de dessins sera présenté à Colomiers tandis que quelques occurrences majeures de sa peinture trouveront leur place aux Abattoirs.

Alex Hubbard
Né en 1975 à Toledo, vit et travaille à Brooklyn, New York, États-Unis.
La substance et la matière priment dans les tableaux d'Alex Hubbard faits de collages, coulures, griffures et autres manipulations. On perçoit sur la toile la "cuisine" de l'atelier, le bricolage, l'accident, le ratage et le repentir. Une sélection de peintures récentes sera montrée au Musée les Abattoirs.
Deux films d'Alex Hubbard seront exposés en vis-à-vis de ces tableaux. La peinture en est le personnage principal. Tel un prestidigitateur, Alex Hubbard, comme une sorte de Buster Keaton de l'art, y enchaîne avec humour et bonheur les événements, qu'ils semblent majeurs ou mineurs, déclenchant petites ou grandes catastrophes sur la toile, tout à la fois toile de fond, écran, toile du tableau et peinture.

William Pope.L
Né en 1955 à Newark, vit et travaille à Lewiston, États-Unis.
"Comme un shaman africain qui mâche des grains de poivre et crache sept fois en l'air, je crois que l'art re-ritualise le quotidien et nous révèle quelque chose de neuf à propos de nos vies. Cette révélation est vitale et nous confère le pouvoir de changer le monde." William Pope.L Artiste pluridisciplinaire connu pour son art conceptuel, très souvent adossé à la performance, William Pope.L se confronte dans ses travaux à des questions de race, de sexe, de pouvoir, de consumérisme et de classes sociales. Se proclamant lui-même "le plus amical des artistes noirs en Amérique", Pope.L invite au dialogue par le prisme de ses performances, installations et objets d'art provocants.
L'une des séries de performances qui l'a fait le mieux connaître, Crawls, initiée en 1978, est l'un des éléments constitutifs de son plus large projet "Racism Projects": il investit l'espace de la rue en s'y frayant un lent chemin éprouvant, rampant sur le ventre, les genoux, le dos, les mains, tentant d'attirer sur sa détresse l'attention de ceux qui détiennent le pouvoir sur les plus faibles.
À la demande d'Anne Pontégnie, il réactive et revisite The polis or the garden or human nature in action (1998). Dans le hall des Abattoirs, des centaines d'oignons germés, chacun soigneusement peint en noir et blanc, reposent sur des étagères dont les fonds sont faits de miroirs – un détournement organique du vocabulaire de l'art minimal.

Josh Smith
Né en 1976, vit et travaille à New York, États-Unis.
Avec ses références explicites à l'histoire de la peinture, son style "expressif", ses effets de signature et son absence de sujet, l'œuvre de Josh Smith pourrait paraître inactuelle. C'est que Smith refuse d'utiliser signes et sujets pour affirmer sa contemporanéité. Comme tous ceux auxquels il se réfère - Kirchner, Picasso, Haring ou Wool - Smith n'utilise pas la peinture pour illustrer un projet, mais choisit de penser "en peinture". La quantité d'œuvres qu'il produit - un phénomène qu'il choisit de mettre en scène dans ses installations - témoigne de cette pensée en marche. Le tableau n'est pas envisagé comme le lieu clos d'un achèvement, mais comme une étape dans un processus continu de création. L'étanchéité de la frontière qui sépare l'original et de sa reproduction - déjà compromise depuis les années 60 par l'utilisation de la sérigraphie - est minée de l'intérieur par la prolifération des originaux. Cette stratégie permet à Smith de s'émanciper d'un système hiérarchique qui fait le tri entre œuvres majeures et œuvres mineures pour mettre en évidence le mouvement même de la création. Dans un monde de flux incessants, de marchandises et d'images, Smith parvient à proposer un flux alternatif, qui vient rompre la répétition du même.
En réponse au rideau de Picasso de la collection des Abattoirs, il conçoit une série de peintures et de dessins qui seront accrochés en vis-à-vis.

Paul Thek
États-Unis, 1933-1988.
L'une des figures tutélaires de cette édition, Paul Thek était passionné de métaphysique et d'histoire des religions, s'attachant à leur impact concret sur le monde et la société. Dans l'Amérique des années 60 entièrement tournée vers la production, la culture de masse et l'autoglorification, Thek, dont la quête de spiritualité était insatiable, s'opposait au sérialisme prôné par le pop art qu'il associait au néolibéralisme. Parmi ses pièces emblématiques, ses "Reliquaires technologiques" (pièces de viande en cire placées dans des urnes funéraires en plexiglas) ou "Tombeau — mort d'un hippie" qui figure son propre corps moulé, convoquent le corps et la chair, thèmes essentiels de son oeuvre visant à créer une émotion absente du minimalisme et du pop art.
Une sélection de ses peintures est montrée au Musée les Abattoirs.

Fredrik Værslev
Né à Moss (Norvège), en 1979, vit et travaille à Drøbak, (Norvège).
Les peintures de Fredrik Værslev trouvent leur origine dans trois aspects essentiels de la vie dans les pavillons de banlieue : la villa, le jardin et le garage. Après des études à Malmö et à Frankfurt, Værslev se lance dans une série de peintures regroupées sous le nom de Terrazzo paintings.
L'artiste s'intéresse à une technique traditionnelle de dallage, les Pavimento alla Veneziana, employée en Italie au 15ème siècle comme alternative bon marché aux dallages en marbre : une superposition de morceaux de marbre mêlée à de l'argile, de l'eau et du lait de chèvre, sablée à plusieurs reprises et assemblée par couches.
Les peintures de Værslev miment à la fois l'apparence du matériau et l'usure progressive de sa surface. Des peintures industrielles au spray sont d'abord appliquées uniformément sur la toile avant qu'il n'y ajoute divers produits trouvés dans le garage de ses parents : peinture anti corrosion, anti rouille, fixatifs etc. Pour des raisons pratiques, ces peintures sont réalisées directement au sol dans le jardin et sont donc sujettes aux variations de la météo comme à toutes sortes d'accidents qui ajoutent aux gestes de l'artiste une part aléatoire d'ornement.

Christopher Wool
Né en 1955 à Chicago, vit et travaille à New York.
Christopher Wool, membre dans les années 80 d'un groupe d'artistes New yorkais parmi lesquels Jeff Koons, Cady Noland et Robert Gober, s'est fait connaître dans les années 1990 par ses peintures en noir et blanc dans lesquelles il recycle des mots ou des phrases tirés de chansons ou de films, comme par exemple Fool (imbécile), Bad dog (méchant chien) ou encore Sell the house sell the car sell the kids (vends la maison vends la voiture vends les gamins, phrase extraite du film Apocalypse Now). D'abord saluée pour sa synthèse d'abstraction, de poésie concrète et d'esthétique punk, son oeuvre est à présent reconnue pour sa réflexion novatrice et aiguë sur les potentialités de la peinture.
Christopher Wool entreprend de renouveler les codes picturaux à travers différents procédés : le recours aux séries, l'importance accordée au hasard et aux accidents, la mise en avant des processus de fabrication de l'oeuvre, l'outil technique (sérigraphie, logiciel PhotoshopÂÂ…) comme instrument d'invention picturale. L'artiste a recours à l'effaçage et à la destruction comme méthodes de production d'images. Il n'est plus dans la maîtrise, mais immergé dans les processus même de la peinture, en prise avec le rythme de ce qui l'entoure. D'abord ancrée dans l'énergie de la ville de New York, la peinture de Wool, qui a récemment installé son atelier à Marfa dans le désert du Texas, s'est ouverte à des énergies moins urbaines. Les oeuvres exposées aux Abattoirs témoignent, de par leur format et leur lyrisme, de ce nouveau moment dans son oeuvre.
Il produit par ailleurs une série de posters qui, sur le principe d'une variation sur un même thème, seront répartis sur les murs de la ville.

© les Abattoirs

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