les Abattoirs [Toulouse, 31]

Exposition : Mezzanine Sud (archive)

du 14 décembre 2017 au 4 mars 2018

Réuni début septembre, le choix du jury s’est porté sur les artistes suivants :

  • Cindy Coutant

Cindy Coutant est née en 1984 à Vitry-sur-Seine. Prenant la forme d’installations, sa pratique artistique fait intervenir un imaginaire technologique. Alors que la pensée s’exerce de plus en plus avec, selon et à travers les données numériques, Cindy Coutant imagine la création d’un nouveau langage médiatique. Cette méthode de communication prend la forme d’algorithmes informatiques, d’interfaces, d’écrans ou encore de réseaux numériques.
Installant des scènes à la frontière de la science-fiction, Cindy Coutant construit des récits articulés autour des outils technologiques. Dans un désir de ne pas rendre invisible ces objets de la vie quotidienne, l’artiste exhibe les écrans et les câbles qui tracent au sol des figures inédites. Assumant, voire revendiquant l’artificialité de ces systèmes, elle fait naître un nouvel espace de communication situé entre le monde réel et numérique. Elle n’hésite pas à faire dialoguer des machines entre elles, à recontextualiser des images virtuelles ainsi qu’à retranscrire l’événement numérique dans le réel.

  • Nicolas Daubanes

Nicolas Daubanes est né en 1983. Il vit et travaille actuellement à Perpignan. S’appropriant les techniques de l’installation, de la sculpture et même du dessin, il fait émerger des questionnements relatifs à la vie, la mort et la fragilité. Jouant avec les effets de la matière, il présente des objets comme suspendus dans le temps, au croisement du passé et de ce qui va devenir. Illustrant un moment où tout bascule, ses œuvres semblent révéler un élan vital avant la chute. Les dessins muraux, réalisés à la poudre de fer aimantée, illustrent bien ce moment de non-retour. En équilibre sur le mur, ces images en noir et blanc apparaissent de manière fantomatique. Dans ses dessins, une partie des matériaux est déjà tombée au sol, laissant derrière elle une trace indélébile.
Le milieu carcéral revient de manière récurrente dans le travail de Nicolas Daubanes. L’artiste s’y est confronté à de nombreuses reprises, en tant que visiteur, professeur d’arts plastiques puis artiste en résidence. Les moments échangés avec les détenus le conduisent à imaginer de nombreux projets qui questionnent les notions de liberté, de résistance et de silence. Les thèmes graves comme celui de la prison ou de l’Histoire contrastent ainsi avec l’extrême fragilité que dévoilent ses œuvres.

  • Camille Lavaud

Camille Lavaud est née en 1981 à Bergerac. Aujourd’hui, elle vit et travaille entre Bordeaux, Bruxelles et un petit village de sa Dordogne natale où elle investit un atelier de couture. Elle développe une pratique artistique qui oscille entre la création d’installations, de vidéos et la production de planches illustrées, de livres imagés et d’affiches dessinées. Camille Lavaud se spécialise dans le dessin qu’elle conçoit comme un espace de liberté, d’effervescence et d’imagination. Si, au départ, ses illustrations sont en noir et blanc, elle y ajoute progressivement des couleurs, posées à feutres ou à encres. Vives et énergiques, elles installent une esthétique à l’expressionisme clinquant. Concevant le dessin comme un véritable terrain de jeux, Camille Lavaud exerce en toute liberté un art de la ligne qui lui est propre. Jouant de la tradition de l’affiche de films, notamment d’époque, elle fait l’aller-retour entre image fixe et animée.
Dans ses images qui grouillent de détails surprenants et convoquent la culture populaire, l’artiste n’impose pas de hiérarchie. Bien souvent ces histoires rocambolesques célèbrent des protagonistes issus de la culture populaire. Pour Camille Lavaud, le dessin est un art de la mémoire, une grande fabrique de souvenirs. Elle puise son inspiration dans l’histoire de l’art mais aussi dans la culture underground. La bande-dessinée, la photographie, le cinéma ou encore les romans policiers lui inspirent de nombreux motifs, notamment lorsqu’elle pastiche des affiches de polars.

  • Nicolas Tubéry

Nicolas Tubery est né en 1982 à Carcassonne. Essentiellement vidéographique et installatif, le travail de Nicolas Tubery est influencé par le paysage naturel et social de sa région natale. Ses films décrivent de manière sensible un univers rural et paysan.
S’appropriant des techniques propres au cinéma tels que des effets de ralenti et la présence d’une bande sonore, l’artiste offre un point de vue singulier sur les gestes qui rythment le quotidien d’habitants des zones rurales. Pour cela, il confronte et associe deux modes d’enregistrement contradictoires, le documentaire et la fiction. Concevant le film comme un véritable témoignage, Nicolas Tubery n’hésite pas à filmer de façon directe, caméra au poing et sans dispositif technique. Ces images brutes, éclairées par une lumière naturelle, présentent les évènements en temps réel et laissent apparaître les recadrages spontanés de l’artiste. Dans d’autres vidéos, celui-ci produit une mise-en-scène rigoureuse, pousse le jeu d’acteur à son comble et n’hésite pas à reconstituer certains décors.
Dans l’espace d’exposition, il donne une dimension sculpturale à ses vidéos en les prolongeant par des installations. Souvent éphémères, elles évoluent dans l’espace et opèrent une mise en abyme avec les décors de ses films. Pour l’artiste, l’environnement dans lequel le spectateur regarde le film est tout aussi important que la situation dans lequel il le produit.

Initialement organisé par le CIC Sud-Ouest, le CIC'Art était depuis 2009 un prix attribué à un artiste contemporain du grand sud-ouest.

A l’occasion de sa sixième année d’existence, le CIC'Art a évolué et a pris un nouvel engagement pour quatre années consécutives en s’unissant aux Abattoirs afin de créer ensemble le prix Mezzanine Sud. Dans la continuité du prix CIC'Art, l'objectif de Mezzanine Sud est de participer au rayonnement de la création artistique contemporaine.

Cette association originale de deux institutions initie une nouvelle dynamique par la promotion de jeunes artistes en devenir, âgés de moins de 35 ans, originaires ou travaillant dans les régions Nouvelle Aquitaine et Occitanie Pyrénées-Méditerranée.

+ Imprimer

design : neo05