les Abattoirs [Toulouse, 31]

Exposition : Rigueur et sauvagerie (archive)

du 15 janvier au 31 août 2014

les Abattoirs - 1er étage

Un regard sur la donation Cordier, accompagné d’un hommage à Horst Egon Kalinowski (1924-2013).

Personnalité atypique, Daniel Cordier a manié à travers son regard de collectionneur et de galeriste quelques contraires. Aussi, c'est un parcours entre "rigueur et sauvagerie", entrecoupé d'un hommage à Horst Egon Kalinowski, que propose ce nouvel accrochage de la collection de Daniel Cordier. "L'horreur est mon confort" confie le marchand de Réquichot et de sa manière viscérale, tandis que "les valeurs sauvages" de Dubuffet se retrouvent dans l'hétérogénéité de sa collection. Donnée au Centre Pompidou et déposée aux Abattoirs, celle-ci fait la part belle à l'art brut, à l’art extra-européen ou à des artefacts ethnographiques et des éléments organiques. Dans le même temps, Daniel Cordier voue une grande admiration à Jean Dewasne (1921-1999), maître d'une abstraction rigoureuse. "Jean Dewasne fut le premier peintre que je connus, explique Daniel Cordier. Il représentait donc à lui seul tous les artistes et toute l’esthétique, c’est-à-dire tous les sortilèges. Très vite, il m’initia aux enchantements de la peinture "construite", qui paraissait à beaucoup trop élégante et trop froide. Ce théoricien rigoureux a su y introduire les rêves tourmentés d’un Piranèse et garder une sensibilité exubérante au sein de la plus sévère des contraintes. La peinture géométrique était froide ; il l’a "baroquisée" ". Dans sa collection, Claude Viallat et François Rouan appartiennent à cette même sensibilité. D'un autre côté, on découvre la véhémence bariolée de Robert Combas, la violence expressionniste de Dado, la pulsion des mythologies de Pierre Bettencourt ou la magie et l'envoutement des poupées de Michel Nedjar.

Hommage à Horst Egon Kalinowski (1924-2013)

"Je me demande parfois si l’âme de Kalinowski n’est pas gainée de cuir pour préserver étroitement les secrets que ses "caissons" nous font soupçonner sans les dévoiler. Quelle est la vérité de ces œuvres masquées ? Que sont au juste ces placards hantés sans serrure et sans clés, ces coffres à malice, ces cercueils du rêve ? Pourquoi ces renflements, ces déchirures, ces sobres ornements ? Toute œuvre d’art reste à la fin inexpliquée, puisque son mystère est son charme. C’est vrai, l’œuvre d’art n’est pas faite pour apaiser, mais pour harceler l’esprit trop prompt à s’établir n’importe où à l’abri du problématique et du mouvant". C’est ainsi que Daniel Cordier s’exprimait en 1964 au sujet de l'artiste qu'il rencontre en 1949 par l'intermédiaire de Jean Dewasne. D'abord proche de l'abstraction froide d'un Amédée Ozenfant, Kalinowski, né en 1924 à Düsseldorf, incorpore dès le début des années 1950 des éléments étrangers dans sa peinture, construisant une œuvre qui s'approche alors du bas-relief. Alors que l'artiste vient de disparaître, cette présentation invite à redécouvrir ce travail à l'étrangeté construite.

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