Musée Calbet [Grisolles, 82]

Collection : Les Automates Fernand Martin

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  • Automate du petit livreur

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Les Automates Fernand Martin

Qui était Fernand Martin ?

De milieu modeste, Fernand Martin est né à Amiens en 1849. Il s'est passionné dès son enfance pour la fabrication de petits jouets qu'il vend à ses camarades de classe. Il sent rapidement que c'est un secteur porteur d'avenir et, après divers métiers, il installe sa première fabrique de jouets à Paris. La conception mécanique des jouets est ingénieuse et permet une fabrication rapide et économique.
Véritable innovateur, il comprend que vendre est aussi important que produire. Aussi installe-t-il un comptoir de vente et un véritable réseau de distribution commerciale, avec des représentants parcourant la France entière et fournissant directement en jouets les magasins ou les étals forains. Il sait aussi organiser une publicité efficace et annoncer dans la presse ses nouveaux modèles.
Son entreprise est prospère et il fournit aussi les grands magasins. Il est l’inventeur du jouet bon marché.
Il meurt en 1919 et sa fabrique est rachetée par Victor Bonnet. La production dure jusqu’en 1965.

Des jouets mécaniques

Fernand Martin, qui a aussi déposé des brevets pour l'industrie automobile, est avant tout un mécanicien astucieux.
Les premiers mécanismes de ses jouets sont entraînés par un caoutchouc, torsadé ou tendu, ou par un volant de plomb qu'il faut lancer. Mais très vite de remarquables mécanismes d'horlogerie vont animer en finesse les personnages et reproduire, d'une façon étonnante, les gestes humains et des animaux.
Devant les innombrables copies françaises puis étrangères de ses jouets, Martin dépose brevet sur brevet. Pour chaque jouet, la conception et le dessin, la construction d'un prototype, la réalisation de moules, de matrices, des outils de découpe ou de cambrage demandent environ trois mois de travail avant la mise en production.
Les bras et les jambes des personnages, en fil de fer épais et rigide, sont recouverts de tissu, de papier ou de carton. Les pieds sont en plomb moulé et permettent ainsi d'abaisser le centre de gravité du personnage afin de mieux assurer sa stabilité lors de leurs mouvements.

Des jouets qui témoignent d’une époque

Les thèmes retenus par Martin sont loin d'être innocents et purement ludiques. Très variés, ils témoignent d'une véritable analyse, souvent critique, de la société de l'époque.
Les dénominations commerciales des jouets en font foi et suivent souvent l’actualité comme le soldat de la guerre de 1870 ou le voleur de la Joconde.
On retrouve aussi bien les métiers de la rue tels Le livreur ou Le marchand de marrons que les métiers traditionnels comme La blanchisseuse, Les pompiers ou Le télégraphiste.
Les personnages aux prises avec les petits problèmes de la vie quotidienne ne sont pas oubliés et témoignent de l'inconfort et de la rudesse de l'existence : ainsi pour "La chasse au rat" ou "Le pochard". De même pour "L'entravée" qui évoque la femme à travers la mode ou La "Madelon casseuse d'assiettes" qui dépeint une servante maladroite.

Source: "Mécanique et Comédie humaine: les jouets Fernand Martin", Les Carnets du musée des arts et métiers, Paris

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