Musée Calbet [Grisolles, 82]

Collection : Les pastels du XVIIIème

Les quatre pastels du XVIIIème, issus des collections du Musée Calbet, et présentant selon toute vraisemblance, les membres d’une veille famille Tarn-et-garonnaise, les de Saint Aulas, sont l’œuvre d’un pastelliste anonyme. Très nombreux au siècle des lumières, tant à Paris qu’en province, ces portraitistes du pastel parcouraient aux beaux jours la France, courant la commande, proposant leurs services de châteaux en riches demeures.

La production de ces pastels repose sur un canevas préfabriqué, ce qui donne à cet ensemble ce caractère de variation, de répétition des poses si particulier. Ainsi était préalablement dessiné le fond du tableau et la base du buste, avec, pour le client portraituré, un choix d'attitudes, (de trois quarts tournés à droite, à gauche) et d'habillement (armure, habit de soie, de velours, des drapés, différentes couleurs) à déterminer. Cette amorce de dessin sélectionnée, l’artiste se contentait d’apporter le visage, les décorations éventuelles, toutes sortes de détails auxquels tenait le sujet et le rendait singulier. Dans ce montage « en kit » si particulier, nous retrouvons les traits de la peinture de l’époque : ces couleurs soutenues, de bleu roi, de vert d’eau, de citron et de jonquille, de rose acidulé et de gris clair… et ce sourire narquois, accroché aux lèvres, donnant aux figures masculines des peintures du siècle ce caractère d’ironie, de sarcasme, reflet d’un raffinement distancié et d’une intelligence aux aguets. Quoi qu’il en soit, l’artiste anonyme présenté ici connaissait les œuvres des principaux grands maîtres du pastel de son époque ( on retrouve des traits communs aux œuvres de Mignard pour les femmes ou de Maurice Quentin de la Tour pour les hommes), montrant très nettement son appartenance à l’école française du XVIIIème, dans le grand style des années 1750 à 1780.

Quant au « collier » noir, couvrant le cou de l’homme âgé, rajouté au portait ultérieurement, il nous indique que le personnage croqué, fut, en toute vraisemblance, guillotiné à la révolution.

Y.P.

+ Imprimer

design : neo05