Musée Calbet [Grisolles, 82]

Exposition : Changements de direction (archive)

du 22 avril au 21 mai 2011

Ouverture du mercredi au samedi de 15h à 18h

Workshop et exposition à la gare désaffectée de Grisolles.
Etudiants de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Toulouse, séminaire Esthétique de la mise en scène, invités par le musée Calbet de Grisolles et les Embarcadères / saison culturelle en Pays Montalbanais.

Changements de direction, 8 projets pour une gare

Avec Lucile Abadie, Amandine Ballanger, Mélanie Bentayou, Mathilde Besse, Stéphane Boutrais, Jennifer Le Dinh, Mingding Pan et Elizabeth Pozada Castro.

Les villages ont profondément changé depuis quelques décennies. Si des parties s’élargissent, se construisent, d’autres abandonnent leurs activités. La gare de Grisolles, longtemps importante, a été fermée dans les années 80. Des trains s’arrêtent encore, mais les guichets sont désormais automatiques. Que faire aujourd’hui de cette bâtisse qui représentait un endroit central de la vie du village ? Comment le faire évoluer pour le réintégrer dans le quotidien des habitants ? Comment redonner un nouveau sens à ce site ?
Des étudiants de 4e année de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Toulouse investissent pendant une semaine la gare pour réfléchir à son passé, à son présent et à son devenir possible ? Des installations, des interventions et des images artistiques rendent comptent de ce travail.

> Certains projets se tournent vers le passé et révèlent les traces laissées par différentes formes de vie.

Amandine Ballanger, « On y vivait bien », vidéo, photographies et son
hall d’entrée, dépôt des colis et salle des guichets
Amandine Ballanger capte le son, photographie et filme l’appartement privé au premier étage de la gare, inaccessible au public, et transfère ces images dans l’espace d’exposition. Longtemps occupé par le chef de gare et sa famille, ce lieu est aujourd’hui abandonné. A travers son travail, elle mesure les changements à l’œuvre, montre le temps qui passe et transfigure les lieux. Se situant dans un entre-deux, ce travail montre une forme de vie s’est évanouie et attend d’autres possibilités d’occupation.

Elizabeth Pozada-Castro, La cave, parquet, rideau et lumière
salle des guichets
Après la fermeture de la gare, des occupations clandestines ont laissé des empreintes. Creusé par un feu, le sol s’ouvre sur la cave. Au lieu de réparer cet acte de vandalisme, Elizabeth Pozada-Castro le met en scène comme une pièce de théâtre dramatique. Un rideau noir, un éclairage et un parquet restauré l’encadrent et relèvent la beauté du bois calciné. Cet accident se transforme en une véritable expérience esthétique.

Lucile Abadie et Stéphane Boutrais, Champs libres, peinture noire et lettres argentés
murs tout autour de la gare
D’autres traces se trouvent sur les murs de la gare : des graffitis et des tags. Ces traces ont un statut ambigu. Si certains graffitis sont illégaux, punis par la loi, d’autres s’exposent dans des musées et galeries. Lucile Abadie et Stéphane Boutrais travaillent sur ce double registre, semant le trouble. Contournée de noir, des graffitis illégaux sont mis en valeur et simultanément, cette surface sert à accueillir les mots des habitants de Grisolles. Deux formes d’expression se lient ainsi et transforment la gare en un lieu de parole.

> D’autres projets expérimentent des transformations possibles de la gare.

Mingding Pan, Échantillonnages, lino, peinture verte et crème, poignet de porte
hall d’entrée, escalier, façade
Une proposition autour de la restauration d’une friche est faite par Mingding Pan. Jusqu’où faut-il effacer les traces du temps ? Mingding Pan interroge le rôle de l’architecte, sa tendance à transformer un lieu ou sa conviction de retenue. En restaurant parfois jusqu’à une réinterprétation, ces échantillons se confrontent à leur environnement laissé intact. Finalement, c’est le spectateur qui est invité à construire sa propre réponse.

Mathilde Besse, Piece One, siporex, enduit, peinture blanche
hall d’entrée
Dans une optique plus muséale, Mathilde Besse place un mur immaculé dans l’espace de la friche et confronte ainsi deux pôles d’intervention possibles. Faut-il accueillir des productions artistiques dans une grande neutralité architecturale ou faut-il conserver la mémoire du lieu ? Dans ce travail de Mathilde Besse, le White cube, cette cimaise blanche, se détache de sa fonction première de support et se transforme en œuvre monumentale.

> Mais comment intégrer aujourd’hui ce bâtiment dans le quotidien du village ?

Jennifer Le Dinh, Des palettes d’occasion pour des rencontres occasionnelles, palettes Europe, planches médian
autour de la gare
Avec sa fermeture, la gare a perdu ses espaces d’accueil, sa fonction d’abri ainsi que ses lieux de rencontre. Face à ce vide, Jennifer Le Dinh propose des meubles modulables à partir de matériaux de récupération, des palettes. Ils permettent aux voyageurs de s’asseoir, forment des estrades pour des petits concerts et peuvent se transformer en comptoir pour des fêtes de village, apportant avec des moyens simples et peu chers, un nouveau espace de vie.

Mélanie Bentayou, Parcours croisés, affiches, vidéo, cadres numériques
salle des guichets, hall d’accueil
Cette gare, un peu loin du centre de la commune, est parfois oublié par les habitants de Grisolles. Mélanie Bentayou crée des liens entre le village et les nouvelles activités à la gare. Les projets des étudiants élaborés lors du workshop se retrouvent sur des affiches, collées dans Grisolles. Des interviews des habitants qui expriment leur sentiment face à ce lieu s’inscrivent sur les murs de l’exposition et les images du workshop s’y projettent. Ces échanges entre les habitants et les nouvelles activités à la gare montrent l’importance de connecter, à travers différentes formes de cheminements, ces différents sites.

© Andrea Urmberger

Nous remercions la commune de Grisolles et l’Ecole nationale supérieure d’architecture d’avoir rendu cette expérience possible.
Nous remercions également José Parrilla, Jean-Pierre Holubowicz, Philippe Lamy, Jean-Pierre Bastien Treille, Camille Doumergues, Thomas Mella et Latinka Vaklinova pour leur aide précieuse.
Béatrice Utrilla, Andrea Urlberger, enseignantes, Ecole nationale supérieure d’architecture de Toulouse
Yvan Poulain, directeur du Musée Calbet

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