Musée Calbet [Grisolles, 82]

Exposition : Directions croisées (archive)

du 5 mai au 3 juin 2012

Vernissage Samedi 5 mai à partir de 18 h

Avec Clémentine Amalric, Juliette Berdah, Charline Dubois, Benjamin Dupont, Victoria Frigola Vidal, Sarah Meslem, Aurélie Nabajoth, Salomé Richard, Camille Sansonetti, Ermioni Sava, Adrien Thomas, Manon Voisin.

Pour la deuxième édition du partenariat entre le musée Calbet et l’Ecole supérieure nationale d’architecture de Toulouse, l’exposition Directions Croisées sera l’écho d’un travail dans l’espace public sur la commune de Grisolles.

Les étudiants en architecture du séminaire Esthétique de la mise en scène élaboreront un regard croisé sur un espace urbain en milieu rural. Les friches, les transformations des espaces publics, mais également les rapports de voisinage font partie des thématiques abordées. Elles relient cette commune à des interrogations plus larges sur les mutations territoriales actuelles.
Articulées autour du musée Calbet, les interventions plastiques proposent une pratique différente de Grisolles. Un parcours déambulatoire permettra de découvrir à partir du samedi 5 mai et jusqu'au dimanche 3 juin, ces installations à l’interface entre art et architecture.

1. Clémentine Amalric
– Le clocher (vidéo 4’12’’)
Projection Musée Calbet, 15 rue Jean de Comère, Grisolles

Inspiré du film Sueurs froides (Vertigo) d’Alfred Hitchcock, la vidéo de Clémentine Amalric raconte le clocher de l’église de Grisolles. Elle le filme de loin, puis de plus en plus près, jusqu’à son ascension vertigineuse.
Vue d’en bas, le clocher stabilise le village. Visible de partout, il donne l’impression que tout tourne autour de lui. Simultanément, le son des cloches rythme le film comme le temps du village, avec une temporalité qui lui est propre.
Face à cette constance, la montée du clocher introduit autre chose, une envie de verticalité et d’euphorie, accompagnée par le vertige et la peur que ces hauteurs peuvent déclencher. Se libérer du sol, construire en hauteur, dans les airs, cristallise une véritable obsession des architectes à travers le temps. Mais cette envie des hauteurs ne semble jamais simple.

2. Charline Dubois/Manon Voisin
– Hors/de/dans (installation) Câbles en acier, rubalise, pelouse.
7, rue du Fort, Grisolles.

Une maison dont la construction n’a pas dépassé quelques murs il y a plus de trente ans, est investie par Manon Voisin et Charline Dubois.
Une partie de la maison est nettoyée. Des rubalises rouges et blanches rythment non seulement le regard mais aussi sa traversée. L’autre partie de la maison conserve ses arbres et se transforme ainsi en jardin.
Cette maison à la fois publique et privée reste dans un état intermédiaire, un chantier. Devrait-elle devenir un jardin public ou un jardin partagé ? La construction devrait-elle être achevée ou entièrement détruite ? Manon Voisin et Charline Dubois ne se prononcent pas mais souhaitent produire une expérience qui attire l’attention sur un lieu resté depuis très longtemps hors du temps et de l’espace utilisé dans la commune.

3. Vicky Frigola/Adrien Thomas
– Ondulation paysagère (installation) pelouse, cageots, terre
Jardin à l’angle de la rue Ferrière et de la rue Arnaud Bernard, Grisolles.

Des formes ondulées émergent du sol en modifiant cet espace peu visible. Cette modification minimale peut apporter un nouveau regard, des nouveaux usages. Vicky Frigola et Adrien Thomas proposent un espace qui n’est pas défini par des éléments franchement distincts, tels le mobilier urbain qui pourrait se détacher du sol avec un matériau toute différente. A la fois jardin ludique et paysage miniature, ces deux petites collines en pelouse font « corps » avec leur environnement.

A travers ces formes obliques et discrètes, les deux étudiants souhaitent donner beaucoup d’importance à l’espace en soi, capable de créer des usages multiples sans les figer : ce nouvel aménagement peut être traversé, il peut servir d’espace de détente, de lieu de rencontre, de jardin ou de terrain de jeux pour enfants.

4. Aurélie Nabajoth
– Le monument vivant (installation) - bois et caramel
A l’angle de la rue Géraud Seignouret et l’Esplanade de la Liberté, Grisolles.

Ce travail interroge la question du monument dans une ville ou dans un village. Les monuments rappellent différents évènements de la vie d’une Nation, cependant leur perception n’est jamais pérenne, mais change à travers le temps.

L’installation d’Aurélie Nabajoth met en scène cette question de la mémoire et surtout sa transformation à travers le temps. Le monument vivant l’accélère en introduisant un changement physique rapide au cours de l’exposition.
Reprenant volontairement la forme d’un monument public, leur évolution est pourtant aléatoire, dépendant des conditions météorologiques. Va-t-il dégager une odeur agréable ? Produire un espace de vie pour des insectes ? Le caramel va-t-il fondre et mettre à nu son squelette ?
Loin de nier la nécessité de commémorer des évènements, ce travail propose une autre forme de matérialiser la mémoire.

5. Juliette Berdah /Sarah Meslem
– L’Arche (installation) bois, film plastique miroir
Bord du canal, rive droite, vers la gare de Grisolles.

L’Arche est une construction rapportée à une friche navale, au bord du canal Latéral à la Garonne. L’objet s’impose non loin de la gare de Grisolles, le long d’un chemin que l’on emprunte à pied. L’Arche devient ainsi la porte du village sous laquelle on passe.

Le site est une friche navale, composé de 6 blocs de béton servant de support pour accueillir les bateaux qui avaient besoin d’un contrôle ou de réparations sur leur coque. Les bateaux étaient sortis de l’eau puis déposés sur ces blocs. Plus que l’emplacement ou l’histoire du site, c’est véritablement la plastique des objets s’y trouvant qui a engendré la forme de l’œuvre, par symétrie de l’un des blocs de béton.
Afin d’accentuer son statut de porte d’entrée, l’Arche est recouverte de miroirs, reflétant jusqu’à l’éblouissement les rayons du soleil. Ces reflets sont un signal, celui de l’entrée de village, et d’une ouverture vers l’exposition.

6. Salomé Richard
– Les délaissés (vidéo 4’30’’)
Projection Musée Calbet, 15 rue Jean de Comère, Grisolles

L'oeuvre aborde la question d’un lieu délaissé à travers le regard d'un personnage sous forme d'une vidéo. Elle montre les qualités esthétiques et la "seconde vie" qui peut s’y créer. La végétation trouve ici un espace où elle peut se développer librement.
La vidéo aborde deux visions. La première, extérieure au personnage, capte ses expressions lors de la découverte de ce nouvel espace. La seconde montre ce que perçoit le personnage. Le fond sonore, entre silence et ambiance, contribue également à accentuer la bipolarité de cette vision.
Le travail de Salomé Richard aborde ainsi la dualité de nos rapports à l’espace qui se situent toujours entre raison et passion.

7. Ermioni Sava
– Le musée Calbet, photographies et textes
Affichage le long du parcours dans Grisolles, les entretiens au Musée Calbet

Ermioni Sava est intéressée par les liens entre les habitants de Grisolles et le musée Calbet. 6 entretiens pour comprendre la perception du musée, l’identité de la commune, les liens au patrimoine l’aident à construire sa réflexion.
Des photographies d’objets remarquables du musée (un balai de Grisolles, des vêtements de 1900 à 1970, des portraits de personnages célèbres de la commune, un casse-sucre, objet qui n’est plus utilisé aujourd’hui, un petit jouet à ressort du début du XXe siècle) sont reintroduites dans l’espace public. Ces images du musée se mêlent à des prises de vue de Grisolles. L’ensemble pose la question du patrimoine, de la « muséification » des lieux et des objets qui nous entourent. Comment et où conserver des traces du passé et quels liens les habitants de Grisolles entretiennent-ils avec ces témoignages ?

8. Benjamin Dupont
– Le blog
scenoensat.wordpress.com/

Benjamin Dupont accompagne l’exposition en fabriquant un blog qui explique les différents projets de l’expérience Directions croisées 2012. Il met également en ligne les archives de l’exposition de 2011 à la gare désaffectée de Grisolles.

Exposition réalisée dans le cadre d’un workshop encadré par Béatrice Utrilla et Andrea Urlberger dans le cadre du séminaire « Esthétique de la mise en scène », ENSA Toulouse. « Directions croisées » est le premier volet du projet « Paysage(S) » porté par le musée Calbet de Grisolles pour les Embarcadères 2012.

Avec le soutien de la ville de Grisolles, de la Communauté de Communes du Terroir Grisolles-Villebrumier, du Pays Montalbanais, du Conseil Général de Tarn-et-Garonne, du Conseil Régional Midi-Pyrénées et de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Toulouse

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