Musée Calbet [Grisolles, 82]

Exposition : Muriel Rodolosse, "Padwork" (archive)

du 8 octobre au 23 décembre 2011

Prolongation de l'exposition jusqu'au vendredi 23 décembre.

Vernissage : vendredi 7 octobre, à 19h

Publication : Muriel Rodolosse
Auteurs : Jeanne Quéheillard, Judicaël Lavrador, Corinne De Thoury, Cécile Broqua et Cyril Vergès.
Une édition du Frac Aquitaine avec la complicité du musée Calbet, du Centre d’art contemporain la Chapelle Saint-Jacques, St Gaudens, de la Maison Georges Pompidou, Cajarc. Parution : automne 2011

« Le travail pictural de Muriel Rodolosse questionne la représentation. A la question « que voyons-nous ? » face à ses œuvres nous cherchons la peinture. Ce qu’elle donne à voir est l’image inversée du tableau traditionnel. Peignant à l’envers derrière le plexiglas, elle inverse l’image et le processus de création, concevant le tableau en commençant par la fin et en l’achevant par le début. Son univers révèle une nature soigneusement fouillée, dans laquelle elle apporte une attention particulière au détail et à la texture et ce qui s’impose alors n’est plus tant la représentation que la modalité d’émergence de l’œuvre. » Corinne de Thoury

Peintre avant toute chose, Muriel Rodolosse peut s’inscrire dans cette histoire de l’art qui s’empare des grands mythes. En regardant ses images on pense à Rubens pour la facture, à Böklin pour les lumières ou plus encore à Delacroix qui, précisément, avec “La Mort de Sardanapale” induit par le geste, le sacrificiel lié aux problématiques du sexe. Cette jeune artiste questionne toutes ces notions sans relâche, construit sans concession et affirme ici son langage sur des plaques de plexiglas où le geste s’installe à l’inverse de la toile. Elle se réapproprie l’histoire pour la création de son propre mythe, brouille les différences, donne naissance à des créatures “confuses”. Le monde végétal, animal, humain s’entremêle et installe un sentiment de désintégration. Au premier regard, la tension reste masquée. Muriel Rodolosse nous fait croire, un court instant à la douceur, au rire. Puis, très vite, le trouble s’installe et fait place à une inquiétante étrangeté. On ne cherche pas d’évidence dans ce travail, mais, ce que l’on trouve, assurément, c’est l’affirmation d’un grand désir de peinture.

Le titre « Padwork » place bien le travail opéré par Muriel Rodolosse au musée Calbet. Littéralement «travail de rembourrage », le néologisme inventé par l’artiste marque bien cette envie d’occuper les espaces vacants des cimaises du lieu, de greffer de nouvelles images entre les objets et au final d’intégrer et parasiter en douceur le discours ambiant imposé par la muséographie. Un travail de glisse minutieux mais implacable qui revisite et transforme le musée, comme cette double peinture imposante posée en biais au rez de chaussé du musée, et entre laquelle il faut se glisser pour poursuivre la visite. Au final, c’est l’expérience d’un passage dans l’œuvre et au travers du lieu qui nous est proposé par la peinture, une expérience portée comme souvent dans le travail de Muriel Rodolosse par une double métamorphose, celle de l’espace et du corps…

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