Musée de Cahors Henri-Martin [Cahors, 46]

Manuscrit et tapuscrit

Collection : Antiquités lotoises

Manuscrit et tapuscrit - André Breton
Artiste
André Breton
(19/02/1896 Tinchebray - 28/09/1966 Paris)
Titre
Manuscrit et tapuscrit
Chronologie
1950
Technique
Papier
Dimensions
29,7 x 21 cm
Numéro d'inventaire
2004.1.1

Ce manuscrit autographe signé (4 pages) et ce tapuscrit (8 pages) datent de juin 1950 et sont relatifs au Mouvement des Citoyens du monde.

Le texte d'André Breton commence ainsi :
" Etre venu de Paris à Cahors, c’est bien autre chose que de s’être déplacé de quelques centaines de kilomètres dans l’espace, c’est être passé d’une sorte de temps maudit - maudit parce qu’il n’est plus aucunement sûr de comporter d’avenir - à un temps, sinon régénéré, du moins qui porte en lui le germe bien vivant de sa régénération. C’est ici, en effet, que ce germe, qui avait pris naissance il y a trois ans dans l’esprit de quelques hommes, a trouvé le sol approprié à sa croissance. Sol généreux, on le savait déjà, mais, ce qu’on ne savait pas encore, c’est qu’y pouvait prospérer électivement une telle graine, résultat de la fécondation d’une idée à l’origine tenue généralement pour utopique, - de sa fécondation, dis-je, par le jugement admirablement sain de la première région prospectée dans ce pays. Au département du Lot revient l’honneur d’avoir donné l’exemple. Tous ceux qui sont capables de s’élever au-dessus du fatalisme et que n’aveuglent pas les passions partisanes, lorsqu’ils inspectent en eux-mêmes la carte du monde, ne peuvent manquer d’y voir apparaître le Lot comme un point sans doute infime, mais du moins intensément lumineux."

En février 1946 Robert Sarrazac, ancien colonel de la Résistance, crée le « Centre de Recherches et d’Expression Mondialiste » ainsi que le « Front Humain des Citoyens du Monde ». Le 25 mai 1948, Garry Davis, ancien pilote de bombardier, rompt avec sa patrie d’origine et se déclare « citoyen du monde » en remettant symboliquement son passeport américain à l’ambassade des États-Unis à Paris.
Le 12 septembre 1948 Garry Davis campe sur les marches du Palais de Chaillot où devait se tenir l’Assemblée générale des Nations Unies et distribue ses 1 000 premières cartes de « citoyen du monde », attirant ainsi l’attention des intellectuels, des artistes et des médias.
Dans les jours suivants, après l’arrestation de Garry Davis, le photographe Raymond Hains rencontre Robert Sarrazac et se rend à Combat et à Franc-Tireur pour recueillir des tracts de soutien qu’il avait dispersés à Montparnasse.
Le 19 novembre 1948, Garry Davis et Robert Sarrazac interviennent à l’Assemblée de l’O.N.U. pour réclamer la constitution d’un gouvernement mondial ; cet appel est relayé, entre autres, par Camus, Einstein, Breton, Gandhi…
Le 9 décembre 1948, 17 000 personnes se réunissent au Vel’d’Hiv, à Paris, pour ovationner Garry Davis et entendre le président de l’Assemblée générale de l’O.N.U. rappeler que l’organisation « n’est pas faite pour organiser la paix mais pour la maintenir quand les États l’auront organisée ».
Le 20 juillet 1949, bientôt suivie par le conseil général du Lot, la municipalité de Cahors vote oui à la charte de mondialisation et se déclare « Cahors mundi » – ville mondiale.
Les 24 et 25 juin 1950, la ville de Cahors fête sa mondialisation et inaugure en présence du prix Nobel de la Paix, Lord Boyd Orr, la route mondiale qui, au départ du pont Valentré, devait ceinturer la planète en passant par Berlin, la Chine, le Japon et les États-Unis. Le même jour éclate la Guerre de Corée.

Voir les pages du manuscrit ICI sur le site de l'Association Atelier André Breton

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