Musée de Cahors Henri-Martin [Cahors, 46]

Exposition : Du silence au tumulte, Adam Adach et Martin Bissière (archive)

du 28 juin au 30 septembre 2013

Adam Adach et Martin Bissière sont nés en 1962. Après avoir pratiqué, pour l’un la médecine vétérinaire et pour l’autre la musique, ils se consacrent à la peinture depuis la fin des années 1980 et luttent aujourd’hui avec la même pugnacité pour figurer sur la scène artistique mondialisée. Mais là s’arrêtent les comparaisons. La peinture d’Adam Adach s’est forgée dans la Pologne de Gomulka et Gierek, sous la bienveillante protection d’une grand-mère survivante de l’holocauste. Elle peut être qualifiée de figurative ou de « réaliste fictionnelle », alors que celle de Martin Bissière, élevé entre Paris et le Lot dans une famille d’artistes renommés, est au contraire résolument abstraite. Les tableaux du premier peuvent être perçus comme des suspensions de l’espace et du temps, ou plutôt comme les lointains échos du vacarme de l’histoire, dans lesquels chaque solitude immobile incarne le destin de foules anonymes. Ceux du second plongent le spectateur au cœur d’une bataille entre le peintre et son sujet - qui n’est autre que la peinture elle-même – et convoquent tout un jeu de codes et de références propres à l’art occidental. On remarque également qu’Adam Adach fait appel à quantité d’indices d’ordre climatique (neige, soleil), géographique (espaces naturels ou urbains), temporel (architectures, vêtements) ou sociologique (oisiveté bourgeoise, condition ouvrière). Il confère à ses titres un rôle d’attribut, alors que Martin Bissière considère que l’intitulé de ses séries - Baroque, Décor pour un film américain, Shao Lin Art Center, La Montée des Extrêmes – suffit à décrypter le message contenu dans son « langage pictural ».

L’exposition met donc l’accent sur ce qui chez Adam Adach, relève de la « thématique », autrement dit sur ce qui permet d’appréhender le contenu de ses messages fictionnels et souligne ce qui, chez Martin Bissière, relève de la « schématique », à savoir les moyens d’expression utilisés pour faire partager sa conception de la peinture. Si une telle dichotomie permet de révéler des points de vue et des manières propres à l’un et à l’autre, elle a aussi l’avantage de manifester l’interaction qui existe chez les deux artistes, entre la forme et le fond, la chose à représenter et la manière de s’y prendre.

+ Imprimer

design : neo05