Musée de Cahors Henri-Martin [Cahors, 46]

Exposition : Odon, Sursum corda (archive)

du 6 juillet au 15 septembre 2013

Cette exposition organisée par le musée de Cahors se déroule conjointement au Grenier du Chapitre, au cloître de la cathédrale et dans la chapelle du musée de Cahors.
Entrée libre et gratuite.

La texture et les couleurs de ces œuvres sont à mi-chemin de la deuxième dimension
et de la troisième dimension, à mi-chemin de la surface et d’un léger bas-relief. Suggérant discrètement un volume, elles évoquent aussi la quatrième dimension : le Temps. Odon crée des rythmes, de même que les musiciens de jazz proposent des cadences, des tempos, des accords, des décalages, des balancements et des écarts.

Odon pense souvent à des labyrinthes (rectangulaires et souvent circulaires) dans les jardins, ou à ceux qu’on inscrit sur le sol de certaines cathédrales. Les labyrinthes seraient peut-être des parcours vers une Jérusalem terrestre ou divine…

Odon peut parfois comparer ses œuvres aux lettres complexes, entrelacées, des manuscrits irlandais (Livre de Kells, IXe siècle), à des calligraphies du Coran, aux gigantesques signatures des monarques musulmans, à la géométrie gravée sur les pierres des mausolées. Un tressage serait un paraphe souverain. Lorsqu’il tord et vrille ses papiers (colorés de manière différente au recto et au verso) il veut les rendre plus « nerveux », plus « énergiques ». Ce sont surfaces (tordues de force sur elles-mêmes) qui gardent en elles l’énergie qui a été captée pour les tordre. L’énergie est tantôt centrifuge tantôt centripète. Elle va du centre vers la périphérie, repart des bords vers le centre et revient. Toujours, toujours, l’énergie est jeune et permanente : neuve.

Ces tressages suggèrent souvent les saisons, les changements de la lumière, les climats colorés, les déplacements du Temps de la Nature. Ces tressages ornent l’espace, le brodent, le changent : ils le transfigurent. Car Odon crée les dédales de la couleur insoupçonnée, imprévue, illimitée, ambiguë, diaprée.
Pendant certaines années, Odon utilise volontairement des couleurs peu nombreuses et atténuées, sourdes. Mais, maintenant, il les peuple, il les enrichit à foison. Libre, affranchi, généreux, il crée la richesse des couleurs qui se propagent. Et il mêle parfois aux couleurs intenses le noir, l’or et l’argent. Par le tressage, il crée un mélange optique d’innombrables points, d’atomes d’éléments multicolores, juxtaposés, croisés, enchevêtrés, intenses. Alors les tressages d’Odon vibrent, frémissent.

La spirale est une forme qui se définit, à chaque instant, aboutie et, en droit, infinie, simultanément achevée et interminable.

Extraits de textes de Gilbert Lascault, catalogue Odon, Racines au ciel (2002)

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