Musée de Cahors Henri-Martin [Cahors, 46]

Exposition : Tapa, Etoffes cosmiques d'Océanie (archive)

du 7 juin au 18 novembre 2009

exposition programmée du 7 juin au 8 novembre 2009
Prolongation exceptionnelle jusqu'au 18 novembre 2009

Le musée de Cahors reprend le flambeau de ses fondateurs qui l'ont doté, dès 1833, d'une petite mais exceptionnelle collection polynésienne – dont le célèbre dieu Rongo des îles Gambier - et relève un défi : présenter pour la première fois en France depuis une trentaine d'années un ensemble représentatif d'étoffes d'écorce peintes provenant de Mélanésie et de Polynésie, dont plusieurs inédites, peu connues du grand public, conservées dans de prestigieuses institutions et dans plusieurs collections privées.

Au premier regard, les tapa sont des sortes de grands buvards bruns, beiges ou blancs sur lesquels on aurait tracé ou imprimé une multitude de soleils, de clairs de lune, d'escaliers et de spirales subtilement entrelacés. Les uns sont doux comme de la peau de chamois ou transparents comme de la mousseline, d'autres brillants et solides comme du cuir glacé. Ce sont des masques, des pagnes et des ceintures, des étoles, des coiffes et des linceuls, des couvertures ou des rideaux qui portent en eux, comme des tatouages rouges, mauves et noirs, les marques ancestrales des grandes migrations, des échanges entre les archipels et les traces, somme toute récentes, de la brusque rencontre avec la civilisation occidentale.

Mais les tapa, que l'on nomme aussi ngatu à Tonga, siapo à Samoa, hiapo à Tahiti et kapa à Hawaii, ne sont pas seulement des étoffes d'écorce, des « reliques » ou de simples curiosités ethnographiques. En parcourant l'exposition, on s'aperçoit que ce qui, de prime abord, peut être perçu comme de séduisantes « œuvres d'art », au mieux comme les produits d'un savoir-faire ancestral exclusivement féminin, sont en fait des objets complexes, des enveloppes, des liens, des parures et des « trésors » qui embellissent le quotidien et participent à l'équilibre du monde, des hommes et des dieux.

Dès lors, chaque geste, chaque outil et chaque technique qui participent à sa fabrication et à son décor mais aussi chaque usage qui en est fait de nos jours encore par les populations océaniennes, sa circulation entre les hommes, les villages et les îles, acquièrent une valeur insoupçonnée. Le tapa est en fait un tout « extra-ordinaire » aux multiples facettes et interprétations symboliques qui accompagne les hommes de la naissance à la mort, dans toutes les circonstances et sur tous les registres pratiques, quotidiens, mais aussi sociaux, économiques et religieux. Ce sont des « porteurs d’âme » témoins de la beauté des gestes et de la grâce des femmes d’Océanie, les vaisseaux du divin et de l’imaginaire.

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