Musée de Cahors Henri-Martin [Cahors, 46]

Exposition : Voyage au Congo (archive)

du 21 juin au 31 août 2014

Exposition proposée par le musée de Cahors Henri-Martin et présentée au Grenier du Chapitre, rue Saint-James, à Cahors.
Ouvert du 21 juin au 31 août de 11h à 18h, dimanches et jours fériés de 14h à 18h, fermé le mardi.
Entrée libre et gratuite.

L’exposition Voyage au Congo est articulée autour de la présentation des photographies de Marc Allégret et de la projection du film réalisé par Marc Allégret et cosigné par André Gide, lors de leur périple de dix mois en Afrique équatoriale française, en 1925-1926, de l'embouchure du Congo au lac Tchad, puis au nord du Cameroun.
Plus de quatre-vingt photographies, empreintes de fascination pour les corps africains, sont accompagnées d’extraits du Voyage au Congo et du Retour du Tchad, rédigés par André Gide et publiés en 1927 et 1928, témoignant de la prise de conscience par l’écrivain de l’asservissement des populations par les compagnies concessionnaires dans les zones forestières, de leurs abus, de la brutalité de leurs pratiques et de la complicité de l’administration coloniale. L’ensemble photographique réalisé par Marc Allégret, posant un regard humaniste sur les hommes et les femmes rencontrés tout au long de leur périple, donnent à voir un territoire peu connu mais n’a de caractère réellement ethnographique que dans la zone peuplée par les Massa (Musgum) le long du fleuve Logone.
Véritable plaidoyer contre le travail forcé et les carences du système colonial, le Voyage au Congo marque pour André Gide le début de son engagement politique. Les images filmées ou fixes réalisées au cours de ce périple par Marc Allégret sont le premier opus de sa carrière artistique.
De façon plus générale, cette exposition met en relief une œuvre qui interroge sur l’esthétique d’une époque et la mémoire coloniale de la France.

Cette présentation est complétée par un ensemble exceptionnel de coiffes et d’épingles de différents groupes ethniques du Congo (ancien Congo belge, aujourd’hui République Démocratique du Congo), datant du premier quart du XXe siècle, issues de plusieurs collections particulières et réunies par Serge Le Guennan.

Au stéréotype du casque colonial répondent des coiffures élaborées et le port de coiffes singulières : l’acte du coiffage est en effet à la fois un geste des plus intimes et une façon d’exprimer son identité par le biais de l’apparence. C’est un acte social, qu’il s’agisse de séduire, de montrer son adhésion aux valeurs du groupe ou sa richesse. L’élaboration des coiffes manifeste aussi une réelle recherche esthétique et une créativité qui tirent profit de la diversité des ressources naturelles. Les cheveux tressés évoquent le travail de vannerie et se transmuent parfois en longues nattes et en pompons. Les plumes apportent leur charme vaporeux lorsqu’une unique rémige n’est pas crânement plantée sur le bord de la coiffe. Les cauris, coquillages emblématiques, symboles de richesse, dessinent des fleurs à quatre pétales. Ils sont parfois remplacés par des objets manufacturés issus d’échanges avec les Européens, tels que les petites perles de verre dessinant des motifs proches des mosaïques occidentales, des boutons nacrés organisés en successions régulières, ou de fines chaînettes métalliques.

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