Musée de Millau et des Grands Causses [Millau, 12]

Exposition : Victoria Klotz, les ruses de la mètis (archive)

du 28 mai au 18 septembre 2011

"mètis" du grec ancien mètis : forme d’intelligence souple et mobile, à l’œuvre dans un monde de transformation

photo : "Planche d’étude – gant de séduction pour salmonidés" 2011, Victoria Klotz

Victoria Klotz mène, depuis 1997, un travail artistique qui interroge le fragile équilibre qui existe entre l’homme et le monde qui l’abrite, questionnant en particulier nos relations à la nature ou l’animalité qu’elle soit sauvage ou domestiquée.
Ecrits, lectures, dispositifs sonores, vidéos, photographies, installations et sculptures sont autant de moyens, pour l’artiste, d’illustrer la relation duelle, mais non moins réciproque, que nous entretenons avec notre environnement.
Magali Gentet, Directrice artistique, Centre d’art Le Parvis

Convaincu par le regard qu'elle suscite sur notre société, le Musée de Millau invite cette année Victoria Klotz pour une exposition monographique.
Le travail de cette artiste plasticienne nous interroge sur la position de l'animalité dans notre société, du sauvage face à une normalisation, une codification, que l'on éprouve d'instinct comme liberticides.
Face à la réduction du champ de nos possibles, Victoria Klotz ouvre de nouveaux horizons à notre regard. L’attente du musée était dans la relecture de nos collections et la façon dont l’artiste pourrait s’en emparer, selon son inspiration. Sans que nous n’intervenions, les collections les plus emblématiques du musée, sans doute parce qu’elles s’imposent d’elles-mêmes, sont devenues terrain de création pour Victoria Klotz : les gants et leur matériau, la peau, la céramique de la Graufesenque et les potiers qui les ont tournées, l’environnement de notre cité à travers les animaux emblématiques du monde sauvage : les vautours et les de chevaux de Przewalski. L’ours des Pyrénées n’est pas absent de ce bestiaire, régi par ses pulsions et ses réflexes que symbolise le coffret de phéromones de sanglier, de cerf, …
C’est donc une nouvelle ouverture que le Musée de Millau propose à ses visiteurs, en ouvrant le dialogue entre l’artiste et le territoire, entre le sauvage et le « civilisé », entre l’homme et l’animal.
Et il n’est pas innocent que le concept de mètis, mis en évidence par Jean-Pierre Vernant, grand helléniste et chantre de la civilisation grecque, plane sur le titre voulu par Victoria Klotz : comment échapper à la contrainte, comment s’accomplir comme individu dans la multitude ?

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