Musée départemental du Textile [Labastide-Rouairoux, 81]

Exposition : Anne Deguelle, Le rêve dans un tapis (archive)

du 18 mars au 13 mai 2012

Dimanche 18 mars : vernissage de l'exposition
> Rencontre avec l'artiste Anne Deguelle : Visite commentée de l'exposition par l'artiste qui livrera à cette occasion "l'envers du décor" et parlera de sa démarche artistique.
> 16h : vernissage.

Samedi 12 mai : Performance-danse autour des machinismes
Un danseur professionnel interprète une performance-danse au sein du musée, au rythme et variations des machines.

Dimanche 13 mai : clôture de l'exposition
Rencontre avec l'artiste Anne Deguelle : Visite commentée de l'exposition par l'artiste qui livrera à cette occasion "l'envers du décor" et parlera de sa démarche artistique.

Matière(s) à mémoire

L'exposition « Anne Deguelle, Le rêve dans un tapis » s'inscrit dans un projet culturel et pédagogique intitulé « Matière(s) à mémoire », initié par le Musée départemental du Textile en partenariat avec l'association Pénélopée. Le thème retenu pour cette deuxième édition est machine et rythme.

L'objectif du projet est de sensibiliser les jeunes au patrimoine textile en proposant à des classes d'établissements scolaires du secondaire et du supérieur de Midi-Pyrénées de s'approprier des archives et collections du musée et des travaux d'artistes afin d'en livrer leur propre interprétation. Ces travaux d'élèves, réalisations, installations, objets, volumes, qui sont l'expression du lien existant entre l'art, la mode et l'industrie textile, sont aujourd'hui présentés au musée dans une exposition, « Accrochage... sur le fil », parrallèlement aux œuvres de l'artise invité, Anne Deguelle.

Afin d'élargir cette dynamique, le musée et l'association Pénélopée ont souhaité fédérer autour de ce projet un réseau d'acteurs différents pour toucher tous les publics. Le Centre culturel Bellegarde (Toulouse), l'espace Saint-Cyprien (Toulouse) et l'Éducation Nationale (Académie de Midi-Pyrénées) sont donc eux aussi parties prenantes du projet.

« Ce qui a rassemblé le musée et l'association Pénélopée, c'est la connaissance et l'amour du textile, ainsi que le désir de partager ce savoir en proposant à un large public de découvrir l'art textile, d'un point de vue technique comme d'un point de vue artistique. »

Anne Deguelle, Le rêve dans un tapis

Interrogeant souvent les grandes figures du XXe siècle à partir du détail de l'une de leurs œuvres ou d'un élément de leur biographie, Anne Deguelle reconsidère cette fois l'icône de la psychanalyse, le divan de Freud, et plus particulièrement le tapis oriental dont il est recouvert.

Le tapis sur le divan de Freud est devenu l'image même de la singularité de la démarche de l'inventeur de la psychanalyse, l'identité de sa profonde originalité. Le divan devient inimaginable sans son étonnante couverture, mais justement, pourquoi précisément ce tapis d'orient sur ce canapé ?

Si le divan – diwan turc – est concevable comme élément de bien-être et de relaxation pour le corps, quelle étrange idée de le recouvrir... Et s'il faut le recouvrir, pourquoi ne pas recourir à un plaid, une couverture, une « indienne » ?

La somptuosité visuelle de l'ensemble (présenté à Londres au Freud Museum) ne peut qu'interroger les connexions secrètes entre le monde des rêves à décrypter et celui du langage ornemental des tapis et, par extension, les résonances de la représentation des tapis dans l'histoire de la peinture.

L'origine tribale de ces textiles évoque aussi leur vertu thérapeutique et chamanique. S'allonger sur un tapis cosmique pour y conter le tissage et les entrelacs de ses rêves n'est décidément pas fortuit.

Vidéo 

La vidéo « to sleep, to dream, no more », réalisée à partir du filmage du tapis qashqa'i et de ses motifs dans lesquels s'insèrent des images de dormeurs en noir et blanc, évoque à son tour l'entrelacement du tissage des rêves et celui des motifs immémoriaux. Projetée sur un tapis oriental, les trames des motifs tissent sans fin de nouvelles propositions visuelles à la limite de la lisibilité.

Les Composites

Les composites sont des montages réalisés à partir de photographies des tapis Qashqa'i, Asmalik et Heriz de Freud. Conjointement sont insérés des fragments de peintures de Holbein, Ghirlandaio, Tournier, figurant des tapis. Celles-ci ont permis à la fin du XIXe siècle l’identitfication stylistique de pièces disparues et de reconstituer l'historique de la production des siècles passés.

Porte-folio

Constitué d'œuvres « Composites », il présente une série de 10 images assemblées deux à deux qui sont accompagnées de dessins et notes sur calque.

Le tapis de Sigmund-dessin

Un grand dessin à l'encre sur calque représente à échelle 1 le tapis Qashq'ai du célèbre divan pour un inventaire du répertoire des motifs floraux, animaliers et stellaires ancestraux qui l'ornementent.

Documents

Des documents témoignent des recherches sur l'origine présumée du tapis. Curieusement, aucun texte ou étude n'a fait état à ce jour d'une interrogation ou d'une analyse, le silence de Freud lui-même sur cette question est particulièrement énigmatique.

Néon

L'écriture manuscrite reprend littéralement le sous-titre de l'exposition de Londres en citant des mots arrachés au monologue de Hamlet de Shakespeare, pour une invitation au rêve - rien de plus -.

Diptyque photographique

Deux photographies jumelles témoignent de la trace de l'artiste dans cette aventure à la manière d'une signature, témoignage malicieux de sa présence autour du divan. L'une reprend la pose de Yvette Guilbert sur une photo dédicacée envoyée à Freud, l'autre ne montre plus que la robe de l'artiste abandonnée sur le divan.

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