Musée départemental du Textile [Labastide-Rouairoux, 81]

Exposition : Çapeint : ça tisse

du 13 avril au 21 octobre 2018

> Vernissage de l'exposition samedi 14 avril à 15h, en présence des artistes.

Le vernissage sera accompagné d'une performance de danse contemporaine par la Cie Samuel Mathieu. La machine à tresser les cordonnets, objet emblématique du musée, est placée au centre de cette performance.

L'année 2018 a été élue Année du Patrimoine par le Conseil Européen. La Conservation des musées du Département du Tarn s'empare de cette thématique et propose des expositions et des évènements (spectacles, conférences, ateliers...) qui permettent de décaler le regard pour (re)découvrir le patrimoine tarnais. L'architecture, le patrimoine oral, le patrimoine industriel… mais aussi des œuvres d'artistes contemporains s'inspirant des lieux patrimoniaux sont ainsi au cœur de notre programmation 2018. C'est dans cette optique que les musées départementaux accueillent les « Çapeint ».

L'aventure « Çapeint », c'est la rencontre et les retrouvailles de trois peintres aux démarches et esthétiques différentes mais réunis dans une même passion de la peinture : Henri Darasse (peintre et professeur de philosophie à Sète), Alain Fabreal (peintre et pédagogue, directeur des Beaux-arts de Carcassonne) et Alain Garrigue (peintre, auteur de bande dessinée, écrivain et professeur aux Beaux Arts de Carcassonne). « Çapeint », c'est la prise de conscience de la pulsion picturale qui les traverse et les réunit : « Çapeint donc nous sommes » en serait la formule.

La Conservation départementale des musées du Tarn a fait appel à ces artistes peintres pour questionner la notion de patrimoine à partir des lieux, objets, archives et documents techniques conservés dans ses trois musées (le Château-musée du Cayla à Andillac, le Musée-mine départemental à Cagnac-les-Mines et le Musée départemental du Textile à Labastide-Rouairoux). Comment l'artiste s'inspire, se nourrit des lieux de mémoire et comment il en devient à son tour artisan ? Chaque artiste intervient sur les trois sites, à l'écoute tour à tour du patrimoine minier, textile, rural et littéraire de notre département…

Au Musée départemental du Textile, Henri Darasse part de l'idée d'un tissage pictural entre divers motifs positifs ou négatifs produits par ses rouleaux. Cette analogie, inscrite initialement dans son travail puisque les motifs donnent un entrelacement graphique qui évoquait déjà le textile, n'est pas un but en soi, mais un point de départ. Sa démarche évoluant par accidents et écarts successifs aboutit à la mise en évidence du fil/trait comme élément pictural assurant la cohérence du tissage et la tension de la surface.

Alain Garrigue retient du textile l'entremêlement du tissage qui est un aspect de recherche assez constant dans son travail (entre tâches et lignes, fonds de couleurs successives et formes graphiques imbriquées), qui lui ouvre des pistes nouvelles de maillage, de structuration d’éléments hétéroclites entre eux (peinture, dessin, signes ou mots ajoutés).

Alain Fabreal choisit Pénélope comme une métaphore de la peinture. Elle, qui chaque nuit détisse la toile de chaque jour. Elle, qui contient le temps et le fige dans une répétition circulaire. Recommencer, reprendre, répéter sont aussi les mots de la peinture. Jour après jour, revenir sans cesse, pour fermer cette boucle. Ses figures mythologiques qui remontent de la mémoire dépassent le cadre du tableau. Alain Fabreal entend explorer ce chemin avec le médium de la peinture. Tout son travail consiste à faire affleurer ses images à la surface, au bord de la toile.

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