Musée des Beaux-Arts Salies [Bagnères-de-Bigorre, 65]

La prise de Missolonghi

Collection : Les Orientalistes

La prise de Missolonghi - Pierre Roch Vigneron
Artiste
Pierre Roch Vigneron
(1789 Vosnon - 1872 Paris)
Titre
La prise de Missolonghi
Technique
Huile sur toile
Dimensions
97 x 130 cm
Statut administratif
Don Jubinal 1858
Numéro d'inventaire
858-1-615

© Musée Salies - Didier Sorbé

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Cette toile serait l'esquisse d'un grand tableau commandé par le duc de Choiseul.
Cette œuvre, dans son inachèvement, montre le travail de composition de l'artiste.
Le dessin, très ferme, cerne d'un trait puissant les différents acteurs aux positions héroïques. Les attitudes nous font penser à la création d'un groupe sculpté, et non d'une scène prise sur le vif. La technique est d'inspiration néo¬-classique, l’œuvre commençant avant tout par un dessin extrêmement architecturé au moyen de traits de construction précis.
La peinture ébauchée nous donne une idée de la répartition des masses ; cette peinture à la croisée du Néo-classicisme et du Romantisme fait preuve d'un académisme d'école rappelant le travail rigoureux de David.
Plus que la prise de Missolonghi et le massacre de ses habitants, abondamment commenté dans la presse de l'époque et encore très présent dans les esprits, puisque la ville fut prise en mai 1826 et le tableau signé de 1827, c'est l'allégorie de la lutte des Grecs pour une liberté dédiée à Dieu, plutôt qu'un événement précis, qui est ici évoquée. Certes, le paysage du fond laisse entrevoir une côte découpée figurant la situation maritime de la ville, mais on peut noter l'absence de tout caractère anecdotique. On peut aussi remarquer que les Turcs envahisseurs ne sont pas montrés, même de façon allusive. Nous sommes au cœur d'un combat pour la foi et les participants sont prêts au martyre. Le personnage central, seul entièrement achevé, tend son bras en arrière dans un geste de protection envers la femme au labarum, devenu le symbole de la lutte des Grecs orthodoxes contre les Turcs musulmans. Tout son être exprime la détermination, l'élan. C'est un Grec vêtu de la célèbre fustanelle. Derrière lui, un homme armé d'un sabre se retourne et lève une dernière fois ses regards vers le labarum pour y puiser l'ultime courage. À terre, un blessé tente de se soulever, les yeux levés lui aussi vers la croix.
Très imprégnée de classicisme, cette étude montre une sublimation de la douleur, une détermination dans le sacrifice pleine de vigueur et de mouvement. La chute de Missolonghi, ressentie si intensément par tous les intellectuels européens, trouve ici sous le pinceau de Vigneron une expression représentative de l'engagement d’une lutte devenue pour eux emblématique.

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