Musée Dom Robert et de la tapisserie du XXème siècle [Sorèze, 81]

Exposition : Le Théâtre en tapisserie, Cavaillès, Lurçat, Matisse … (archive)

du 13 mai au 24 septembre 2017

Espace d'exposition temporaire de l'Abbaye-école de Sorèze, Rue Saint-Martin, 81540 SORÈZE
. mai-juin et septembre : ts les jours sauf mardi : 10h-12h30 / 14h-18h
. juillet et août : ts les jours 10h-12h30 / 14h-18h

Tél : 05 63 50 86 38
Contact presse : Virginie Petit
Commissariat : Brigitte Benneteu, Sophie Guérin Gasc, pôle conservation.

Le Théâtre en tapisserie – Cavaillès, Lurçat, Matisse …
Du 13 mai au 24 septembre 2017, la tapisserie est de nouveau à l’honneur dans l’espace d’exposition temporaire.

L’exposition s’est construite autour des maquettes de la tapisserie La Magicienne de Jules Cavaillès - acquisitions récentes du musée - et de la tapisserie elle-même, prêt du Mobilier national (Paris). Une manière pour l’Abbaye-école de s’associer d’une part à l’Année Cavaillès dans le Tarn, évènement destiné à marquer les 40 ans du décès de l’artiste, et d’autre part à la programmation de la Conservation départementale du Tarn, déclinée cette année sur le thème du divertissement et des loisirs, sous le nom d’Entractes.

Une dizaine de tapisseries sur le thème du théâtre, de la musique ou de la danse, issues de collections privées et de la galerie La Tapisserie du 20ème s., donneront un aperçu du renouveau et de la diversité des expressions de la tapisserie d’Aubusson dans les années 40 et 50, avec Maurice Brianchon, Raymond Legueult, Lucien Coutaud, Jean Picart Le Doux et bien sûr Jean Lurçat. Le prêt par le Mobilier national de La Femme au luth d’Henri Matisse, tissage de la Manufacture des Gobelins contemporain de celui de La Magicienne de Cavaillès permettra le rapprochement stylistique des deux artistes, par ailleurs amis.
Il est intéressant de noter que cette exposition fait écho à l’histoire de la renaissance de la tapisserie au milieu du XXème siècle, elle aussi évoquée dans le parcours permanent du Musée Dom Robert. En effet, ce renouveau a été révélé au grand public en particulier par l’exposition La Tapisserie française du Moyen-âge à nos jours, en 1946, à Paris, au Musée d’art moderne. Cinq pièces y ayant figurées seront en 2017 sur les cimaises de Sorèze : deux dans l’exposition temporaire, Sérénade de Maurice Brianchon, Les Raisins de Jean Picart Le Doux et trois dans le parcours actuel du musée, La Mare aux oiseaux de Marcel Gromaire et L’Été et Magnificat de Dom Robert.

Jules Cavaillès
Les différents états des maquettes de La Magicienne, le carton et la tapisserie permettent de suivre le processus de collage à la Matisse qu’opère Jules Cavaillès pour arriver à la version finale. Ces pièces seront mises en relation avec des œuvres picturales de Cavaillès dans lesquelles on retrouve des éléments du décor de la composition : sellette, chaise alsacienne, cage à oiseaux…
Des fauteuils conçus par André Arbus pour le Mobilier national, comportant des garnitures en tapisserie sur le thème de la musique, d’après des dessins de Cavaillès et des accessoires provenant de l’atelier même du peintre complètent la scénographie de l’exposition.

Des artistes, acteurs du renouveau de la tapisserie
Ce renouveau est évoqué avec des pièces du début des années 1940 d’acteurs majeurs comme Jean Lurçat, Lucien Coutaud, Jean Picart‐le‐Doux. Le goût pour la tapisserie se répand dans tous les courants artistiques de l’époque, dont celui de la Réalité poétique à laquelle appartient Cavaillès, comme Raymond Legueult, Maurice Brianchon, Marguerite Louppe dont des œuvres sont présentées dans l’exposition. Toutes ces pièces avec La Magicienne de Cavaillès témoignent de ces expériences avec la manufacture des Gobelins ou les ateliers d’Aubusson que de prestigieuses expositions avaient révélées au grand public.
Ainsi cinq pièces ayant figuré à l'exposition La Tapisserie française du Moyen-âge à nos jours, en 1946, à Paris, au Musée d’art moderne, seront en 2017 sur les cimaises de Sorèze : deux dans l’exposition temporaire, Sérénade de Maurice Brianchon, Les Raisins de Jean Picart Le Doux et trois dans le parcours actuel du musée, La Mare aux oiseaux de Marcel Gromaire et L’Été et Magnificat de Dom Robert.

Le théâtre ou l’illusion du réel
Le thème du théâtre et de la mise en scène intimiste du quotidien est un sujet de prédilection pour nombre des artistes d’après‐guerre qui participent à la réalisation d’aménagements, de décors de théâtre et qui reprennent ce sujet dans leurs œuvres, en peinture ou en tapisserie. Les œuvres sélectionnées pour l’exposition, issues d’institutions publiques ou de collections particulières, en sont l’illustration.
Le choix s’est porté sur des tapisseries des années 1940 et 1950, contemporaines de La Magicienne : Commedia dell’arte de Batistin Spade et Marcel Couderc de 1940, Sérénade de Maurice Brianchon et Les Lignes de la main de Jean Lurçat de 1943, Instruments de musique lunaire de Lucien Coutaud de 1944, Les Raisins de Jean Picart‐Le‐Doux de 1946, Séléné de Marguerite Louppe de 1950.

Henri Matisse
Le prêt par le Mobilier National de La Femme au luth d’Henri Matisse permet le rapprochement stylistique des deux artistes, par ailleurs amis. Influence de Matisse assumée par Cavaillès dans sa composition de La Magicienne, au décor foisonnant de formes découpées aux couleurs lumineuses. La mise en scène intimiste du quotidien, comme le fond rouge vermillon très théâtral rapprochent les deux tapisseries, tissées toutes deux dans la même période par la manufacture des Gobelins et conservées au Mobilier national à Paris.

Toutes ces pièces racontent une histoire enjouée où figurent des personnages en représentation, magnifiés par une vision poétique ou symbolique du réel.
Une vision positive du théâtre de la vie.

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