Musée du Pays rabastinois [Rabastens, 81]

Exposition : Philippe Vercellotti (archive)

du 2 juillet au 26 novembre 2017

Philippe Vercellotti est né à Toulouse en 1961. Il fait ses études à l’Ecole des Beaux Arts de Toulouse et obtient son diplôme national en 1985. Il expose alors dans de nombreux salons régionaux et participe à quelques expositions de groupes, puis en 1989, il présente sa première exposition personnelle et rencontre la célèbre galeriste toulousaine Simone Boudet qui l’accueille l’année suivante dans sa galerie. Ses peintures ont depuis été présentées dans de nombreuses galeries.

Philippe Vercellotti travaille à la peinture acrylique sur panneaux. Il s’agit d’une peinture qui, sans être hyperréaliste ni en trompe-l'œil, est au plus près des objets.
Les heures d’enfance passées dans le débarras de son arrière-grand-mère ( devenu son atelier) sont source de création de cet univers singulier qu’il nous propose aujourd’hui, et les grillages, bouteilles et fioles, boîtes, tuyaux, vieux jouets, bateaux ou avions, sont autant d’ouvertures vers des ailleurs rêvés.

Œuvre d’une grande cohérence, la peinture de Ver¬cellotti évolue insensiblement, d’un monde clos, vers des extérieurs ouverts, toujours peuplés des objets dérisoires caractéristiques de son univers. Au fil des années s’est opérée une montée vers la vivacité des couleurs et toutes sortes de formats ont été employés.
Ces tableaux sont riches en signes qui accroissent la cohérence d’ensemble et permettent des jeux infinis. On trouve ainsi fréquemment des 102, avec toutes les combinaisons possibles de ce nombre, des inscriptions Victor Letel (anagramme de Vercellotti), des marques de la signature de Camille Amadeus Colombetto (le carré, le noir, la clef, et le quarante), la boite à C avec toutes ses variations, le pays de Boîtacie, La physique boîtacienne, et la quête du Sapouré (île improbable de la mer boîtacienne)…
Les titres des tableaux ont une fonction essentielle, à la fois ludique et herméneutique. Ils constituent des pièges, qui font rire, des indications qui invitent à l’interprétation, et qui mystifient en éclairant. Ils participent de l’entreprise de trompeur trompe-l’œil si caractéristique de ces tableaux singuliers que l’ont peut aussi bien voir que lire, et qu’il faut lire pour voir.

Philippe Vercellotti peint depuis plus de trente ans un monde. On croit y reconnaître des bouteilles, des clous, des grillages, des livres, des cordes, des fonds d’ateliers, des tableaux...On le croit d’autant mieux que l’art du peintre provoque l’apparence de choses connues, mais on est trompé. Ces tableaux sont des pièges pour l’œil et des machines à réfléchir ou à faire réfléchir. Ensemble, ils constituent une et plusieurs aventures, qui font rire et méditer selon la perspective, nécessairement contestable, que l’on choisit. C’est de l’art contemporain, comme autrefois, avec tradition et écarts qui font jeux infinis de subversion tranquille.

+ Imprimer

design : neo05