Musée du protestantisme, de la Réforme à la laïcité [Ferrières (commune de Fontrieu), 81]

Conférence : Conférence de Christine Lazerges sur les droits de l'homme : et ceux de la femme

conférence de Christine Lazerges, professeur émérite le 8 août 2019 à 18h00 à la salle Pierre Davy à Ferrières/Fontrieu

Rendez-vous à la salle Pierre Davy de Ferrières/Fontrieu à 18h00

Christine Lazerges est née le 21 novembre 1943 à Clermont-Ferrand, dans une famille protestante. Elle est universitaire, licenciée ès-lettres de l’université de Strasbourg et de Paris-Sorbonne et spécialiste de droit privé et pénal à Panthéon-Assas où elle a enseigné le droit privé et sciences criminelles. Elle a également été directrice de l’Ecole doctorale de droit comparé dans cette université.
Par ailleurs, elle a exercé des mandats publics à Montpellier, en tant que conseillère municipale chargée de l’enfance, de l’insertion des jeunes et de la prévention de la délinquance. Puis, elle a été élue députée de l’Hérault, jusqu’en 2002 : elle a été vice-présidente de la commission des lois et première vice-présidente de l’Assemblée nationale durant son mandat. Elle a été plusieurs fois rapporteur des questions sociales : elle a publié un rapport sur la délinquance des mineurs en 1998, puis elle a présenté la loi renforçant la présomption d’innocence et des droits des victimes en 2000, enfin elle a été présidente de la mission d’information sur les formes nouvelles de l’esclavage en France en 2001. Elle a ensuite été nommée à la tête de l’importante Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme de 2012 à 2018, mais n’a pas été reconduite malgré un travail considérable.
La CNCDH, et ce n’est pas un hasard, est créée en 1947 par René Cassin, après le traumatisme de la seconde guerre mondiale. Elle est une autorité administrative indépendante qui joue un rôle de conseil et propositions dans le domaine des droits de l’homme, du droit et de l’action humanitaire et du respect des garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés fondamentales. Elle est composée de 64 personnalités qualifiées (diplomates, avocats, universitaires, hauts-fonctionnaires…) issues de la société civile, et diverses dans les opinions représentées. Elle veille au respect par la France des engagements institutionnels et internationaux, elle favorise les échanges entre les pouvoirs publics et la société civile, elle alerte l’opinion et sensibilise le grand public, et elle participe à l’éducation et à la formation au respect des droits de l’homme. La CNCDH fonctionne en grands pôles de travail : « société, éthique et éducation aux droits humains » ; « racismes, discriminations et intolérance » ; « Etat de droit et libertés » ; « questions internationales et européennes » ; « droit international humanitaire, développement et environnement ». Le seul intitulé des pôles donne une idée de l’importance de cette commission.
Christine Lazerges dans son discours d’intronisation en tant que présidente en 2012 rappelait deux éléments fondamentaux : « Le temps n’est plus à l’énoncé des droits, mais à celui de l’accès aux droits énoncés et de leur effectivité » ; elle ajoutait le rappel du préambule de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 : «  La reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables, constitue le fondement de la liberté, de la justice, et de la paix dans le monde » ; elle terminait sur la nécessaire vigilance de l’institution à effectuer les recommandations et donner les avis pertinents au plan national et international.

Il faut avoir des valeurs profondes pour assurer cette vigilance, et la qualité des membres de la commission et de la présidente sont garants du courage qu’il convient d’exprimer en tant qu’autorité indépendante. Il faut mentionner quelques avis et déclarations adoptés en 2018 qui éclairent le rôle de la CNCDH : « Avis sur le racisme et les discriminations dans le sport » ; « Avis sur la lutte contre les violences sexuelles, urgence sociale, enjeu pour les droits fondamentaux » ; « Déclaration sur la lutte contre la traite des êtres humains : pour une politique à la hauteur des enjeux impliquant la société civile » ; « Avis sur la situation des migrants à la frontière franco-italienne » ; « Rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie »…
Sous l’autorité de Jean-Marie Delarue, conseiller d’Etat, ancien directeur des libertés publiques au sein du ministère de l’Intérieur, ancien contrôleur général des lieux de privation des libertés, et maintenant président de la CNCDH, cette dernière continue d’émettre des avis qui peuvent interpeller : celui-ci estime en effet dans un article du Monde que « les libertés fondamentales sont en très mauvais état en France », en évoquant les lois sur la sécurité votées récemment.
Encore une conférence qui, par son sujet, la qualité de la conférencière et les sujets traités, doit vous amener nombreux à Ferrières ce 8 août prochain ! Madame Lazerges s’attachera à montrer que dans les droits humains, les femmes sont au cœur de violences spécifiques qu’il convient de dénoncer et de prendre en compte dans les avis et recommandations émises.

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