Musée du protestantisme, de la Réforme à la laïcité [Ferrières (commune de Fontrieu), 81]

Exposition : Des artistes réfugiés s'exposent au Musée dans le cadre du thème transversal "Exils et Refuge"

du 29 septembre au 15 décembre 2018

Vernissage au Musée le 29 septembre 2018 à 17h30 avec repas sur inscription (, suivi d'un spectacle avec "Les Arts Tigrés" : lecture musicale de "Un qui veut traverser" de Marc-Emmanuel SORIANO (Thierry DESDOITS, comédien-lecteur et Dominique ROUSSEAU, contrebassiste.)

Inscription au repas avant le 21 septembre (repas et spectacle adultes : 20 euros, enfants de plus de 12 ans : 15 euros ; enfants de moins de 12 ans : 10 euros/ spectacle seul adultes : 10 euros et enfants de plus de 12 ans : 5 euros)

NICOLAÏ GRESCHNY

C’est un jeune peintre né en 1912 à Tallin en Estonie, dont la mère est descendante de huguenots. Il est étudiant aux Beaux-Arts de Berlin, rattrapé par le nazisme qui veut l’enrôler dans les jeunesses hitlériennes. Il fuit dans plusieurs pays du Nord et il apprend l’art des icônes. En juillet 1940, il sera interné au camp de concentration de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales) dont il réussira à s’évader. Durant deux ans, il sera caché par des Jésuites à Toulouse et passera une licence de théologie. Il survit de 1942 à 1944 en se cachant dans les petits presbytères de la Montagne Noire et participe à la Résistance en tant que passeur. Il commence à peindre des fresques néo-byzantines dans les églises, héritier de ses ancêtres qui maîtrisent cet art depuis le XIVe siècle, où ils ont été condamnés par Ivan le Terrible à exercer le métier de peintres d’icônes, pour avoir choisi le schisme orthodoxe. Il vivra à Marsal dans le Tarn jusqu’en 1985, laissant une œuvre foisonnante dans de nombreuses églises ou chapelles du Tarn. Allez voir aussi à Saint-Victor-et-Melvieu les 25 fresques néo-byzantines qu’il a réalisées ou à Villefranche-de-Rouergue à la chapelle des Treize-Pierres. Ce sont 107 œuvres réalisées en France, dont 75 en Midi-Pyrénées, pour 10 000 m2 de fresques.

GENJO SELWA

Genjo est né à Zakho, au Kurdistan irakien en février 1993. Après des études secondaires, il a intégré l’Institut des Beaux-Arts de la ville de Duhok où il étudie jusqu’en 2014. Puis il entame des études universitaires à Sulaimaniyah jusqu’en 2015. On connaît la situation dans ce pays déchiré par la guerre ; aussi est-il contraint de fuir après des persécutions perpétrées contre sa famille. Son chemin d’exil est long et pénible. Genzo souhaitait rejoindre l’Angleterre où il a de la famille ; il est à Calais pendant 7 mois. Durant ce temps, il rencontre des avocats qui l’aident à constituer son dossier de réfugié politique, et un cinéaste toulousain qui l’entraîne vers Toulouse en début d’année 2016, où un collectif de personnes l’entoure et l’aide. Ayant obtenu son statut de réfugié politique en août 2016, il peut exposer ses toiles, qui content son parcours et sa souffrance d’exilé, à Toulouse, Barcelone, Vabre où la paroisse protestante le parraine… Il poursuit des études tout en travaillant, sa peinture évolue, il veut faire du cinéma, et il expose… Il sera de nouveau à Vabre chez un particulier, puis à l’abbaye de Beaulieu dans l’Aveyron, cet été, avant de faire partie de notre exposition à Ferrières. C’est déjà un peintre talentueux, en devenir, contrairement aux autres peintres reconnus exposés.

BAJEN VEGA

Francisco BAJEN VEGA est né en 1912 en Castille. Officier dans l’armée républicaine espagnole, il choisit de s’exiler en 1939 et s’établit à Saint-Juéry dans le Tarn. Au sein d’un cercle culturel, il rencontre notamment Nicolaï Greschny, et commence à peindre dès 1946. De facture cubiste, son travail met en scène des nus, cernés de grands traits noirs, juxtaposant les couleurs. Le figuratif prendra le pas au fil des années : scènes religieuses, femme aux objets, femme nue, l’homme représenté dans les loisirs, le couple, les vues de villes, les scènes d’intérieur… Les personnages ont tous les yeux fermés, comme tournés vers une vie intérieure méditative. Une certaine sérénité ressort dans ses œuvres dépouillées, simples, reflet de sa sensibilité à la pratique bouddhiste. Un musée, ouvert de son vivant, lui est consacré à Monestiés (Tarn) ; il célèbre ses œuvres et celles de sa femme, Martine VEGA.

Habib HASNAOUI

Il est né en Algérie et il a vécu « entre les deux rives », tantôt dans son pays, tantôt en France, notamment à Aussillon. Dans les années 1990, il vit dans une Algérie déchirée, à Médéa au cœur de la Mitidja, surnommée « triangle de la mort ». Sa souffrance, devant l’insoutenable, le laisse sec devant sa toile. Mais, de ces années-là, plus tard, il lui reste une douleur, une hypersensibilité qui le font saigner dans le cœur, dans la tête, sur les toiles. « Cacher le beau, pour embellir le laid, cacher le laid, pour ne pas nuire au beau. De quel côté du mur sommes-nous ? ». Sa peinture est revendicatrice, elle se crie, elle se scande, elle se confronte au monde, elle montre les fêlures de sa vie et les souffrances du monde palestinien, des moines de Tibhirine, les ports et la mer rougeoyants...

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