Musée du protestantisme, de la Réforme à la laïcité [Ferrières (commune de Fontrieu), 81]

Exposition : FEMMES DE TETE, FEMMES DE COEUR : DES PROTESTANTES ENGAGEES

du 24 mars au 15 novembre 2019, vernissage 24 mars à 16h

Vernissage le 24 Mars à 16h00 au Musée du Protestantisme de Ferrières/Fontrieu

En 2019, le Musée du protestantisme - de la Réforme à la laïcité va montrer le parcours de femmes protestantes, qui ont, chacune dans un registre différent, participé à l’émancipation des femmes dans la société.
Revenons aux sources : qu’a apporté la Réforme aux femmes ?

Liliane CRÉTÉ répond ceci : « En glorifiant son rôle de femme au foyer, en lui donnant la suprême autorité en tant que mère et maîtresse de maison, en prônant son instruction, en plaçant la Bible entre ses mains, en lui accordant le divorce en cas d’adultère, de mauvais traitement ou d’abandon, les Réformateurs lui concédèrent une valeur, un sens des responsabilités, un esprit d’entreprise et une liberté de pensée qui allèrent bien au-delà de ce qu’ils avaient sans doute souhaité ».

C’est le regard des protestants sur Eve qui change tout : ce n’est pas une perverse qui tente Adam, elle est issue de lui, en même temps « lui » et en même temps « elle », une « autre », complémentaire de lui, et donc un être « pensant » à part entière.

Madeleine BAROT, au sein du Conseil OEcuménique dans les années post 1945, dit : « L’Homme et la Femme sont placés l’un en face de l’autre. C’est en se rencontrant, en se reconnaissant différents, que chacun découvre sa destinée ».

Point d’hostilité envers les hommes chez les femmes protestantes : elles s’épanouiront d’abord en tant que « femme de » ou « filles de » (pasteurs bien sûr) sur des champs d’action complémentaires au sacerdoce de leur mari. Elles s’épanouiront aussi dans des passions personnelles, culturelles et artistiques, écrivaines ou poétesses. Elles s’affranchiront de la religion protestante, mais prôneront les valeurs inculquées par les « historiques » de la « résistance protestante » (Marie DURAND ou Jeanne d’ALBRET) : elles « résisteront », au sens où elles se battront pour avoir la liberté de conscience et la liberté de faire et d’être. Elles « avanceront » pour donner aux femmes leur totale dignité, combat sans cesse renouvelé aujourd’hui.

La culture protestante pousse à l’engagement : « au sein de la philanthropie féminine protestante, l’approche de la question des femmes favorise l’émergence d’une conscience de genre dont la manifestation est la volonté de se rassembler et de se constituer en force sociale » écrit Florence Rochefort.

« Que ce soit contre l’immoralité, l’alcoolisme ou l’avortement, que ce soit pour l’égalité des droits ou l’avènement du règne de Dieu, les protestantes se comporteront en militantes » indique Geneviève POUJOL dans son livre sur les protestantes françaises de 1810 à 1960 : « Un féminisme sous tutelle ».

Il n’y a pas de mouvement féministe protestant, mais des individualités fortes, des « pionnières » qui ont contribué à l’évolution de la place des femmes.

Marguerite de WITT-SCHLUMBERGER constatait : « Le sexe féminin représente la moitié de l’humanité, qu’on lui donne enfin la place qui lui est due ».

Vive les « historiques », les « résistantes » : Jeanne d’ALBRET, Marie DURAND, puis Mèthe ARMENGAUD dans les années 1940, Madeleine BAROT, secrétaire générale de la Cimade de 1940 à 1947, et directrice d’un département du Conseil OEcuménique des Eglises en 1953.

Vive les engagées dans l’Eglise et les oeuvres philanthropiques : Caroline MALVESIN, fondatrice des Diaconnesses de Reuilly ; les diaconesses de Strasbourg, Antoinette BUTTE, fondatrice de la communauté de Pomeyrol ; Catherine BOOTH-CLIBBORN, « la maréchale » fondatrice de l’Armée du Salut en France, Eugénie BOST, le pilier des Assises de Laforce.

Vive les artistes ou chercheuses : Yvonne BOYER-HERAIL, poétesse de la langue d’Oc à Vabre ; Alice MARCMANOËL, romancière et auteur de théâtre née à Roquecourbe ; Suzon de TERSON, poétesse adolescente ; Hélène BALFET, née à Vabre, chercheur et au demeurant la première conservatrice du Musée de Ferrières.

Vive les « pionnières » qui ont défriché des pans entiers de la société : Anne VEAUTE capitaine d’industrie, Pauline Kergomard qui fit évoluer les salles d’asiles, Elisa LEMONNIER, initiatrice de la Société pour l’enseignement professionnel des femmes ; Louise SCHEPPLER, conductrice de la tendre jeunesse ; Catherine TRAUTMANN, européenne convaincue et premier maire d’une ville de plus de 100 000 habitants, Strasbourg.

Vive les premières féministes : Marie-Louise PUECH-MILHAU, castraise, secrétaire de l’Union pour le Suffrage des Femmes ; Evelyne SULLEROT, sociologue, co-fondatrice de l’association « La maternité Heureuse » ; Odile de ROUVILLE, de Vabre, engagée dans le Mouvement Jeunes Femmes ; Simone IFF, née à Vabre, première présidente du Mouvement pour le Planning Familial ; Irène FRACHON, médecin pneumologue, lanceuse d’alerte dans l’affaire du Médiator.

Elisa LEMONNIER, tarnaise de Sorèze, exhortait : « N’attendez pas que les hommes agissent pour vous ; agissez donc vous-mêmes, et quand ils vous verront à l’oeuvre, ils commenceront à vous prendre au sérieux ».

Ces femmes ont montré le chemin, et elles restent un exemple pour nous tous.

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