Musée du Vieux-Toulouse [Toulouse, 31]

Exposition : Portraits d'artistes 1720-1920

du 25 juin au 29 septembre 2018

Tous les jours sauf dimanche et jours fériés.
De 14h00 à 18h00.
Billet couplé avec l'entrée du musée.

Les Toulousains de Toulouse ont souhaité cette année mettre en valeur un fonds important de peinture, de portraits et d’autoportraits d’artistes toulousains et régionaux représentatifs de la production locale de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe siècle. Ce fonds a été complété par des prêts d’institutions : le musée des Augustins, l’École des Beaux-Arts de Toulouse, le musée Paul-Dupuy, le musée Fenaille à Rodez, le musée Clément Ader et des grands hommes de Muret, le musée du Pays Rabastinois à Rabastens, ainsi que des prêts émanant de particuliers.
Cette sélection nous replonge dans l’histoire de l’Académie royale de peinture, deuxième de France après celle de Paris, nous rappelle l’importance d’Antoine Rivalz et de ses élèves, notamment Jean Baptiste Despax, dans le renouveau de la peinture toulousaine au cours du XVIIIe siècle. Les portraits des peintres néoclassiques, Joseph Roques en tête, sont bien représentés, sans oublier la figure du militaire-artiste : le baron Lejeune que nous découvrons jeune, dans la plénitude de son art, et au soir de sa vie sur un daguerréotype.
Les portraits révèlent les liens affectifs d’une même famille (Louis Jacquesson de la Chevreuse et sa sœur, Henry Loubat et sa fille Marguerite), les liens d’amitiés entre confrères (Léon Soulié et Jean-Blaise Villemsens, plus tard le pastelliste Gabriel Durand avec les peintres paysagers Théodore Richard et Jacques Raymond Brascassat, Joseph Latour et Arsène Pélégry) quand les deux notions ne se télescopent pas à la faveur d’un mariage entre la sœur d’un peintre et son ami et confrère (Edmond Yarz épousa la sœur de Dominique Baron). Ce sont aussi les liens qui unissent un élève à son professeur : un respect parfois mêlé de défi ou juste de la déférence.
Les autoportraits, quant à eux, sont une manière d’établir un bilan introspectif, de fixer une étape dans sa carrière, parfois de tester des procédés plastiques peu usité jusque-là. L’artiste y apparait tantôt avec ses plus beaux atours, ou au contraire le spectateur le découvre dans la fruste intimité d’un artisan.

L’atelier où œuvre l’artiste est aussi au cœur de notre sujet : se confronte l’atelier bohème et misérable d’un artiste qui se bat pour exister à l’atelier-salon confortable d’un artiste qui a réussi. Il est un lieu de vie, de travail, de recherches intenses, parfois d’échanges avec d’autres peintres où naît une certaine émulation, ou un lieu de réception d’éventuels clients.

Différents dans leur typologie, ces portraits et autoportraits nous interrogent sur le processus de création et la perception du statut d’artiste selon les époques.
A travers une soixantaine d’œuvres diverses, tableaux, dessins, photographies, le visiteur est invité à partir à la rencontre des artistes régionaux pour un face à face étonnant.

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