Musée Goya - Musée d'art hispanique [Castres, 81]

Portrait de Philippe IV en chasseur d'après Velázquez

Collection : Dessin et gravure françaises

Portrait de Philippe IV en chasseur d'après Velázquez - Edouard Manet
Artiste
Edouard Manet
(1832 Paris - 1883 Paris)
Titre
Portrait de Philippe IV en chasseur d'après Velázquez
Chronologie
1862
Technique
Eau-forte et pointe sèche
Dimensions
h. 0,353 x l. 0,238 m
Statut administratif
Achat Ville avec participation FRAM (Etat + Région)
Numéro d'inventaire
2010-4-1

© Tous droits réservés.

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Le Portrait de Philippe IV en chasseur de Velázquez, acheté par le Louvre en mai 1862 (aujourd’hui au musée Goya) est presque immédiatement gravé par Manet. D’après Juliet Wilson (catalogue 1983), c’est une des dernières planches gravées par Manet pour la publication de ses 8 gravures à l’eau forte chez Cadart qui parut au mois de septembre. Comme pour L’Infante Marguerite ou pour Les Petits cavaliers, il renonce à faire une réelle gravure de reproduction. Mais, déjà maître de la technique, plus que dans ces dernières il est libre de son dessin. Son geste est sûr et le paysage de l’arrière-plan est tracé définitivement dès le 1er état. Plutôt que la restitution fidèle d’une image, il cherche à rendre la structure profonde du tableau par grandes masses, ainsi quelques tailles allongées et légères suggèrent aussi bien le ciel que le sol sous les pieds du roi, le chien se fond dans la masse du tronc (alors qu’il le fera ressortir du fonds dans le sixième état).
Plusieurs auteurs indiquent à juste titre que Manet connaissait très probablement la gravure de l’Infant don Fernando d’après Velázquez par Goya dont le Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Impériale possédait déjà une épreuve. A cette époque Manet admirait tout autant Goya et il a peut-être voulu, en adoptant à l’occasion sa manière (dans le volume des jambes du roi en particulier), faire œuvre d’émulation et saisir à la fois l’esprit des deux artistes espagnols.

Ce sixième état de la gravure date également de 1862. Les différences par rapport aux états antérieurs résident surtout dans les tailles plus serrées sur le feuillage du chêne, derrière le roi, et dans l’utilisation de l’aquatinte pour le rendu du costume. Manet a également ajouté la lettre qui n’apparaissait pas auparavant, sans doute en vue de la commercialisation de l’estampe par Cadart. Il existe un septième et un huitième état de cette gravure, fortement passés à l’aquatinte et plus tardifs, tirés vers 1866 ou 1867.

V. Aebi, 2017

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