Musée Goya - Musée d'art hispanique [Castres, 81]

Entrée à Madrid des Ducs de Montpensier et d'Aumale

Collection : Dessin et gravure françaises

Entrée à Madrid des Ducs de Montpensier et d'Aumale - Karl Girardet
Artiste
Karl Girardet
(1813 Le Locle - 1871 Paris)
Titre
Entrée à Madrid des Ducs de Montpensier et d'Aumale
Chronologie
1847
Technique
Aquarelle et gouache sur papier
Dimensions
H. 0,228 ; L. 0,327 m
Statut administratif
Achat Ville avec participation des FRAM (Etat + Région)
Numéro d'inventaire
99-7-1

©Castres, musée Goya

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Paul Guinard se demandait en 1962 ce que Girardet avait rapporté de Madrid. Il ne connaissait aucune oeuvre se rapportant aux fêtes et cérémonies des « mariages espagnols », hormis une Cérémonie du baise main dans le Salon des Ambassadeurs à Madrid conservée au musée de Neuchâtel (Guinard, 1962, p. 203). Depuis lors on n’a pas retrouvé grand-chose si ce n’est l’intéressante découverte d’un album d’aquarelles de grand format venu d’Allemagne et qui a dû appartenir à la famille d’Orléans.
L’Entrée à Madrid des Ducs de Montpensier et d’Aumale, le 6 octobre 1846, représente le moment où, par un bel après-midi d’automne, les princes, descendus de voiture et montés sur les chevaux qu’on a amenés pour eux, reçoivent le salut des autorités madrilènes et du ministre de la Guerre. Cette même scène a aussi été décrite par Pharamon Blanchard (tableau de la collection des héritiers de l’Infante Luisa d’Orléans, Séville), mais la position des princes français est inversée : ils sont à gauche alors que le ministre de la Guerre et les autorités de Madrid sont à droite (Guinard, 1967, p. 378). La rencontre a lieu à la sortie nord de Madrid, au Portazgo, sur la « meseta » castillane, dénudée et les premiers contreforts de la sierra qui se profilent dans le lointain. Le premier plan est très animé, avec des chevaux piaffant que leurs cavaliers tentent de calmer, contrastant avec l’immobilité des membres du Conseil de Madrid, tout de rouge vêtus, alors que le ministre de la Guerre s’incline respectueusement devant les princes. La partie gauche, avec la berline, les laquais, le postillon et le Conseil est ainsi beaucoup plus statique que la partie droite, occupée par les cavaliers. La finesse du dessin, la gamme chromatique riche et variée mettent en valeur les personnages du premier plan par rapport au fond traité avec des teintes très délicates, moins soutenues. Girardet donne par cette atmosphère colorée, une grande impression d’espace. Au loin des gens du peuple assistent à cet accueil et deux d’entre eux agitent leur chapeau en signe de bienvenue.

Catalogue Les Peintres français et l’Espagne, de Delacroix à Manet, 11 juillet – 5 octobre 1997, p. 109-110

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