Musée Goya - Musée d'art hispanique [Castres, 81]

L'Immaculée conception

Collection : Peinture hispanique

L'Immaculée conception - José GUTIEREZ DE LA VEGA
Artiste
José GUTIEREZ DE LA VEGA
Titre
L'Immaculée conception
Chronologie
1ère moitié du XIXe siècle
Technique
Huile sur toile
Dimensions
H. 0,92 ; L. 0,56 m
Statut administratif
Achat Ville avec participation du FRAM (Etat + Région)
Numéro d'inventaire
97-7-1

©Castres, musée Goya

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José Gutiérrez de la Vega se forme à l’Académie des Beaux-Arts de Séville dès 1802. Grand admirateur de Murillo dont il s’inspire souvent, il est un des représentants les plus représentatifs du courant romantique en Espagne (Costumbrisme) et plus particulièrement de l’école sévillane. Nommé en 1835 directeur de l’École Royale de Séville, il se rend célèbre par ses portraits et sa peinture religieuse dans la veine « murillesque »

La composition présentée à Castres est une étude préparatoire, construite sur deux niveaux : terrestre et céleste. La Vierge drapée dans son manteau bleu occupe la partie supérieure du tableau, entourée d’angelots, elle observe en contrebas le groupe de personnages en adoration devant elle.
Le contraste entre les deux niveaux est accentué par le traitement de l’artiste. Dans la partie basse, les personnages sont disposés comme dans une frise de sorte que l’ensemble paraît assez statique, cet aspect rigide est renforcé par leur attitude têtes levées vers le ciel ; au contraire dans la partie haute, le peintre fait évoluer, à la façon baroque, la Vierge et les angelots dans un véritable tourbillon de lumière. La douceur des personnages féminins, en particulier la jeune femme aux mains jointes, le traitement des angelots, révèlent l’influence directe de Murillo.

L’artiste utilise une palette colorée dans des tons suaves, la touche est vaporeuse ; les ocres, bruns et gris sont relevés par une pointe de rouge (la cape du personnage féminin central) de jaune (l’habit du personnage royal de gauche), de rose (le vêtement de la jeune femme de droite), cette harmonie colorée est équilibrée au niveau céleste par le manteau bleu de la Vierge et la source lumineuse venant du ciel.

Du point de vue de l’identité des personnages, le contexte sévillan de l’époque, ancré dans les mythes fondateurs, tend à nous faire penser qu’il s’agit de personnages marquants pour l’histoire de Séville : Saint Ferdinand (à droite ?) Libérateur de la ville en 1248, et maintes fois illustré dans la peinture sévillane, et peut-être Isabelle II, fille de Ferdinand VII qui régna de 1830 à 1904 … Mais à ce jour nous manquons d’éléments pour les identifier précisément.
L’architecture esquissée en arrière-plan pourrait être la Chartreuse de Santa María de las Cuevas, comme semble le confirmer la présence de deux moines franciscains, reconnaissables (à droite) à leur bure. Construite en 1249 sur la rive droite du Guadalquivir après la découverte d’une statue de la Vierge, cette chartreuse devient, en 1394, monastère franciscain ; plus tard la richesse de sa bibliothèque y attire d’importants personnages et les donateurs sont nombreux.

Au vue de ces éléments, l’œuvre jusque là considérée, et connue, comme étant la représentation d’une Immaculée Conception serait plutôt, un hommage à la Vierge, des princes, des religieux et du peuple (représenté par le personnage féminin de droite). Cette supposition se trouve également étayée par l’absence des douze étoiles au-dessus de la tête de la Vierge, signe codifié dans l’iconographie de l’Immaculée conception (passage de l’Apocalypse, 12,1-9).

Quoi qu’il en soit, Gutiérrez offre ici une peinture romantique d’une grande sensibilité où la communion des deux mondes révèle une Espagne encore fortement imprégnée des valeurs du XVIIe siècle.

C.B.2007

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