Musée Goya - Musée d'art hispanique [Castres, 81]

La Lettre

Collection : Peinture hispanique

La Lettre - Luis Paret y Alcazar
Artiste
Luis Paret y Alcazar
(1747 Madrid - 1799 Madrid)
Titre
La Lettre
Chronologie
1772
Technique
Huile sur bois
Dimensions
H. 0,37 ; L. 0,25 m
Statut administratif
Achat Ville avec participation du FRAM (Etat + Région)
Numéro d'inventaire
99-6-1

©Castres, musée Goya

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Luis Paret y Alcazar fut le contemporain de Francisco Goya, nés la même année. Il fut l’élève d’Antonio Gonzalez Velázquez à l’Académie de San Fernando de Madrid. Après son voyage en Italie (1763-66), il entame une carrière brillante qui l’amène à travailler pour la cour d’Espagne dès 1770. Ses sujets s’attachent à traduire la vie de la capitale (Le Bal masqué, 1776, Musée du Prado), des événements ou des fêtes royales (Le Repas de Charles III, Le Carrousel, 1770, Musée du Prado).

La disgrâce de l’Infant don Luis de Bourbon, son protecteur, entraîne son exil à Puerto Rico entre 1775 et 1778. Qualifié souvent et à tort de « Watteau espagnol », il est aussi à l’aise dans le portrait (María de las Nieves, Micaela Fondinies, son épouse) que dans les sujets religieux ou bien allégoriques : La Prudence de Diogène (1780, Académie San Fernando) lui permettant d’être admis à l’Académie.

Il rentre en grâce complètement en 1787 après avoir peint une série de vues des ports cantabriques sur le modèle des Vues des ports de France d’Horace Vernet. Dès lors, il peut reprendre sa chronique de la vie madrilène avec de petites scènes charmantes (Le Rosaire, Palais Royal) ou d’ordre historique comme Le Serment de la Cour au prince des Asturies (1791, Musée du Prado). Disparu prématurément en 1799, Luis Paret fait figure de prodige tant par sa culture hellenique que par ses dons picturaux ; sensible à l’influence française (il a travaillé avec le peintre Charles de La Traverse, élève de Boucher), il annonce par certains aspects de son art Mariano Fortuny.

Le petit tableau sur bois que le Musée Goya a acquis en 1999, La Lettre, s’inscrit dans la première période de l’artiste étant donné sa date (1772). Cette œuvre est donc contemporaine du magnifique tableau conservé au Musée Lazaro Galdiano de Madrid, Le Magasin d’antiquités.

L’œuvre représente une jeune femme appuyée sur le dossier d’un fauteuil et lisant une lettre qui est probablement une lettre d’amour. Assise à ses côtés, nous voyons une femme plus âgée qui compte sur ses genoux des pièces d’or. La scène se déroule en un jardin de verdure orné de vasques. Au premier plan à gauche sont entassées des partitions musicales, une guitare et un masque de carnaval. Cette peinture développe donc un discours symbolique que nous retrouvons chez Goya : la critique de l’amour intéressé et la vanité des plaisirs humains. On peut admirer la grande finesse de cette peinture, le côté accompli et minutieux de l’exécution. L’harmonie colorée autour des verts et des rouges en fait un ensemble délicat proche du Portrait de María Fondinies. Un nettoyage partiel au niveau de la vasque en pierre puis la restauration ont permis de retrouver l’éclat originel. Une réplique de cette œuvre existe dans la collection Varez-Fiza de Madrid mais dans une gamme colorée très vive.

Jean-Louis AUGÉ
Obras maestras españolas del Museo Goya, 2002

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