Musée Ingres [Montauban, 82]

Le Portrait de Jean-Auguste-Dominique Ingres

Collection : La peinture du XIXè siècle

Le Portrait de Jean-Auguste-Dominique Ingres - Julie Forestier
Artiste
Julie Forestier
(1782 Paris - Après 1820)
Titre
Le Portrait de Jean-Auguste-Dominique Ingres
Chronologie
1807
Technique
huile sur toile
Dimensions
65 x 53 cm
Numéro d'inventaire
MI.2004.3.1

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Le Portrait de Jean-Auguste-Dominique Ingres a été réalisé d’après un original d’Ingres peint en 1804.

Ce tableau de Julie Forestier est à ce jour le seul témoignage connu de son talent. La jeune fille figure debout, les doigts sur un clavecin, au centre du portrait dessiné qu’Ingres fit de sa famille en 1806 (Musée du Louvre et réplique à Montauban).

C’est à la demande d’Ingres lui-même que sa fiancée réalisa cette copie d’après l’autoportrait qu’il avait peint en 1804 et présenté au Salon en 1806. L’artiste souhaitait qu’elle puisse l’offrir ensuite à ses parents qui « lui en rendrait mille grâces» . Ainsi l’œuvre fut envoyée à Joseph Ingres, le père de l’artiste, en juillet 1807, au moment même où Ingres annonçait par lettre son intention de rompre ses fiançailles.

Ce qui ne devait être au départ qu’un petit croquis se révèle en fait la meilleure copie que l’on connaisse de cet autoportrait d’Ingres, maintes fois repris par ses élèves mais jamais avec autant de talent. Le détail du carrick gris jeté sur l’épaule de l’artiste est peint avec une virtuosité certaine tout comme le visage d’Ingres dont sa fiancée n’hésite pas à adoucir les traits, lui donnant une vie et une chaleur qu’il n’a pas sur l’original conservé au Château de Chantilly et plusieurs fois modifié par Ingres, tentant d’améliorer la pose, ou de modifier le vêtement.

C’est donc bien d’une copie historique qu’il s’agit : elle documente un épisode de la vie sentimentale du peintre et témoigne d’un état disparu du tableau dont la seule trace connue jusqu’ici était une photographie de Charles Marville qui, à l’examen, nous semble plutôt être un cliché de la peinture de Julie Forestier.
Après quelques tribulations mystérieuses, le tableau eût d’illustres propriétaires à la fin du XIX° siècle où on le retrouve chez Degas puis chez le grand ingriste Henry Lapauze. Il fut exposé à New-York, Washington et Londres en 1999 pour évoquer l’autoportrait conservé à Chantilly qui lui ne peut jamais être prêté en raison des clauses particulières régissant les collections de ce musée, ancienne propriété du Duc d’Aumale.
A Montauban, il vient renforcer l’évocation de la jeunesse du peintre aux côtés des académies d’homme ou des portraits de ses amis.

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