Musée Ingres [Montauban, 82]

Exposition : Enfance (archive)

du 7 février au 13 juin 2015

Un des grands regrets d’Ingres est de ne pas avoir eu d’enfant. On connaît le célèbre Portrait de Madeleine Chapelle enceinte, mais celle-ci n’a pu mener sa grossesse à terme. Après le décès de sa première épouse, son union avec Delphine Ramel resta également sans enfant. On sait qu’il resta longtemps en contact avec la fille de son ami montalbanais Gilibert, tout comme il s’occupa paternellement des enfants de ses sœurs malgré ses déceptions.

Cependant, le regard que porte Ingres sur l’enfance, qu’il s’agisse de dessins sur le modèle ou de souvenirs selon les indications d’Armand Cambon, est toujours empreint d’une tendresse certaine : enfants endormis, poses d’abandon, enfants en train de jouer, etc… On les retrouve aussi bien dans les tableaux religieux (Vœu de Louis XIII, Jésus parmi les docteurs, Vierges à l’Enfant), dans les allégories, dans les nombreuses études pour L’Age d’or par exemple ou dans de très beaux portraits dessinés d’enfants. Ceux de Charles Léthière ou de Harriet Mary et Catherine Caroline Montagu sont sans doute parmi les plus connus.
On perçoit aussi l’idée qu’il se fait de l’amour maternel dans ses études pour L’Age d’or ou ses portraits de mères posant avec leur enfant. Mais la patience du peintre a aussi des limites : la jeune Catherine qui devait poser avec sa mère dans une des versions du Portrait de Madame Moitessier se révèle trop « insupportable » pour figurer sur le tableau.

Présenter en ce début d’année 2015 une sélection de dessins représentant des enfants ne tient pas du hasard. Quel plus beau message en effet en ces temps difficiles que l’espoir incarné par ces enfants innocents.
C’est aussi cela le rôle d’un musée.

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