Musée Ingres [Montauban, 82]

Exposition : Eveil face au miroir (archive)

du 5 mars au 3 mai 2009

« ...Il était une fois "La Source", tableau d' Ingres, gardé en mémoire dans un coeur d'enfant venu, au croisement des chemins, à la rencontre du peintre »

Images iconiques, les œuvres d’Ingres dépassent l’espace muséal et les cercles d’initiés. Elles circulent en incarnant, pour certaines, la plus classique des formes picturales. Cheveux en cascade et corps ondulant, le tableau de la Source fut dévoilé à Margo Ohayon dans un espace bien éloigné des cimaises et des ambiances feutrées d’un musée. Ainsi, l’auteur rencontra-t-elle son premier tableau d’Ingres au gré du hasard.
« Disparue sous terre la Source ressurgit dans la femme poète ».
Comme capté, ce tableau d’Ingres fut enfoui par l’enfant poète au plus profond de son âme. Les sonnets de Margo Ohayon, fruit d’un lent processus de maturation et d’intériorisation, ont poussé lentement en son sein. Devenue femme, son regard croise celui de l’artiste montalbanais dont la jeunesse reste figée dans son Autoportrait à l’âge de 24 ans, et réveille son souvenir. C’est par son travail sur les mots et le verbe que la poétesse a pu donner corps et rythme à cette image endormie en elle depuis si longtemps. Ce travail a été suivi de nombreux autres sonnets, dix-sept en tout, portant sur l’œuvre d’Ingres dont quelques-unes unes de ses plus célèbres toiles : Le Bain turc, La Grande Odalisque, Mademoiselle Rivière
Quelle forme aurait été plus adaptée, en échos aux méthodes académiques d’Ingres que celle imposée du sonnet qui incarne à son tour le classicisme en poésie ? Les strophes se répartissent en quatrains et tercets au rythme des alexandrins et font ressurgir détails et postures ingresques, lumières et couleurs.
Ecrits depuis plusieurs années, les poèmes de Margo Ohayon ont attendu patiemment leur rencontre avec les œuvres d’Ingres. Si le musée de Montauban ne possède pas l’ensemble des célèbres toiles auxquels ces textes font référence, il est riche d’un immense fonds de dessins d'Ingres (plus de 4500) qui permettent de les évoquer.
Parcours poétique proposant aux visiteurs une passerelle entre l’écriture et la peinture, cette rencontre rend hommage au maître de la Grande Odalisque et offre un regard sensible et personnel sur son univers.

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