Musée Ingres [Montauban, 82]

Exposition : Révélations - Trésors cachés du Musée Ingres (archive)

du 4 juillet au 1er novembre 2015 - PROLONGATION jusqu'au 3 janvier 2016

PROLONGATION jusqu'au 3 janvier 2016
juillet-août-septembre : tous les jours 10h-18h
octobre : tous les jours 10h-12h / 14h-18h
novembre à janvier : tous les jours sauf le lundi et le dimanche matin, 10h-12h / 14h-18h

Tarifs
plein tarif : 7,20€
tarif réduit : 3,60€
gratuité pour les moins de 18 ans, pour les étudiants jusqu’à 26 ans sur présentation de leur carte et pour tous le 1er dimanche de chaque mois. Le billet donne accès aux collections permanentes du musée.

Visites guidées
> Pour les individuels
. juillet et août : tous les jours à 15h
. septembre : les mercredis et les samedis à 15h
Renseignements au 05 63 22 12 91
> Pour les groupes
Réservations au service du patrimoine 05 63 66 04 49
ou à l'Office du Tourisme 05 63 63 60 60

Livret d’accompagnement à la visite pour le jeune public
Un petit livret permettra aux individuels et aux familles de découvrir l'exposition de façon ludique et interactive
prix : 3€

Les expositions Révélations I et Révélations II, présentées au musée Ingres de Montauban du 3 juillet au 1er novembre 2015, sont à la fois l’aboutissement de la vaste opération de récolement menée depuis 2008 et le début d’une grande aventure de découverte des fonds inédits d’Ingres.

Révélations I

Le récolement des collections inscrites à l’inventaire réglementaire du musée a pu s’effectuer sur une période finalement assez brève, grâce au chantier des collections préparant le transfert des oeuvres vers les nouvelles réserves qui avait eu lieu auparavant. Celui-ci avait permis de porter un regard nouveau sur un ensemble d’objets orientaux et extrême-orientaux qui avaient constitué le musée des arts décoratifs.

En 1926, Félix Bouisset, alors conservateur du musée, décrivait ainsi cette section du musée Ingres : « […] Dans la seconde salle, c’est la chatoyante harmonie des étoffes persanes brodées soie et or qui voisine heureusement avec de beaux vases cloisonnés du Japon. […] Dans une vitrine, des brocards soie et or d’Espagne forment un cadre harmonieux à des statuettes en bois sculpté du XVIe siècle […] (Le musée Ingres, 1926, pp 61-63).

Nombre de ces objets portent un numéro faisant référence à une liste : celle, manuscrite, des acquisitions effectuées par Armand Cambon entre 1876 et 1884. Son déchiffrage minutieux a permis d’engager rapidement une vaste « chasse au trésor » dans laquelle un « poignard de sauvage » (en fait un couteau de Bornéo) ou une « descente de lit » (une robe japonaise) côtoyaient velours de Scutari et soieries de Bursa du XVIIe siècle, céramiques d’Iznik du XVIe siècle, estampes iraniennes de l’époque qadjar ou bases de pipes à eau indiennes. En éliminant les objets listés à plusieurs reprises, un nombre de 630 items peut être approximativement avancé parmi lesquels plus de 300 ont été identifiés.

Quand il s’attèle à « son » projet de musée des arts décoratifs, Armand Cambon, exécuteur testamentaire d’Ingres et premier directeur du musée, a achevé sa mission de classement et d’identification des dessins autographes du maître. En cette fin du XIXe siècle, la mode est à l’Orient, magnifié dans les Expositions Universelles. Les oeuvres issues des civilisations orientales et extrême-orientales commencent à se diffuser. Cependant, la description des pièces laisse percevoir le caractère très approximatif des connaissances sur les formes, les fonctions ou les motifs, sur la datation ou sur la provenance des objets. Ainsi, les oeuvres ottomanes sont pour la plupart qualifiées de persanes, origine sans doute plus prestigieuse dans l’esprit des amateurs du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. De fait, ce sont surtout les techniques de réalisation ou l’originalité des formes qui attirent l’oeil du collectionneur qui se fournit chez les marchands parisiens, dans les rayons spécialisés des grands magasins et dans les ventes publiques.

D’autres objets correspondent à la collection donnée au musée en 1864 par François-Placide Lapeyre, pharmacien-major de 1ère classe, originaire de Valence d’Agen, membre du corps expéditionnaire en Chine pendant la Seconde Guerre de l’Opium. Cet ensemble compte 308 numéros publiés en 1864 dans le catalogue du musée parmi lesquels 10 sont réputés provenir du Palais d’Eté mis à sac en 1861. Sont rassemblés porcelaines, objets en bronze, en bois, jade et objets de la vie quotidienne, tel ce curieux fer à repasser.

Révélations I propose un accrochage fondé sur une présentation géographique des objets, précédé par une vision sur la façon dont l’Occident s’est approprié ces traces de civilisations : goût du voyage, goût du décor et du faste supposé de l’Orient, mais aussi faits de guerre ou pillages.

Révélations II

Une évocation des dessins d’Ingres d’inspiration orientale, reflétant ce que l’on pourrait appeler un Orient fantasmé, permet d’articuler Révélations I au second volet de l’exposition : Révélations II dans lequel on retrouve la personnalité d’Armand Cambon.

En effet, c’est grâce à ce dernier que se trouvent aujourd’hui dans les réserves du musée les plus beaux livres de la bibliothèque d’Ingres et surtout un surprenant ensemble de 57 portefeuilles remplis de calques, de gravures, de dessins, et même de photographies. Il s’agit de la documentation réunie par Ingres, depuis son premier séjour à Rome et constamment enrichie au fil des années, en grande partie inédite. C’est autour de ce fonds que le musée Ingres a choisi de poursuivre la démarche de récolement en initiant une vaste opération de numérisation, d’inventaire et de recherche qui concernera 15 000 planches représentant entre 30 000 et 60 000 items.

Le choix présenté ici par Adrien Goetz d’une trentaine de planches met l’accent sur la fascination d’Ingres pour la Renaissance italienne, autour de son cher Raphaël. Conçus par lui, et pour lui-seul, les portefeuilles constituent peut-être l’oeuvre d’Ingres la plus inattendue et la plus moderne que conserve aujourd’hui son musée.

Coordination : Florence Viguier-Dutheil
Commissariat Révélations I : Hélène Guillaut
Commissariat Révélations II : Adrien Goetz

Catalogue de l’exposition : Révélations – Trésors cachés du musée Ingres
Co-édition Le Passage, Paris / Musée Ingres de Montauban
Prix : 25€

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