Musée Massey [Tarbes, 65]

La pacification de la Vendée

Collection : Hussards

La pacification de la Vendée - Charles-Alexandre COESSIN
Artiste
Charles-Alexandre COESSIN
Titre
La pacification de la Vendée
Chronologie
1795
Technique
huile sur toile
Numéro d'inventaire
D959.13.1

©musée Massey

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Charles-Alexandre Coëssin de la Fosse, dit Coëssin, est un peintre d'histoire français de style néoclassique, né en 1829 à Lisieux et mort en 1910 à Paris.
Après avoir passé sa jeunesse à Crouttes (Orne), il devient l'élève de François-Édouard Picot, puis de Thomas Couture tout comme Manet. Il gagne Paris en 1857 pour sa première exposition. À compter de cette date, il présentera son travail durant toute sa vie dans les salons de la capitale. Il peindra surtout des scènes de genre (guerre, culte, puis mythologie), et sera remarqué pour ses performances dans la composition et la couleur.
Nombre de ses toiles représentent les chouans, telles L'embuscade ou la Pacification de la Vendée. Le fait que son œuvre soit fortement marquée par la réaction à la République tient certainement de son engagement personnel (famille noble), mais aussi de l'influence de ses mécènes. En effet, il est intéressant de noter qu'il signe habituellement ses œuvres d'un simple "COËSSIN", tronquant ainsi le nom de famille de son caractère noble. Faut-il voir dans cette modification un simple but de discrétion visuelle, ou bien une prise de distance par rapport à son milieu d'origine dont le conservatisme tranche avec le bouillonnement artistique parisien ?
Coëssin est médaillé de 3° classe en 1873 au Salon de Paris grâce à La joueuse de tambourin. En 1882 il peint L'embuscade, qui restera son œuvre la plus connue. Typique de son style, elle représente une fois de plus le combat des chouans contre les républicains. Mais cette fois le traitement est bien plus abouti, il ne s'agit plus d'une image d'épinal de la guerre de Vendée. En effet, il choisit de représenter un évènement local, visiblement mineur du conflit, qu'il dénomme simplement « épisode de la chouannerie » et dont il ne montre ni le déroulement, ni la préparation, mais l'attente. Quelques insurgés ainsi que des paysans simplement armés de leurs outils attendent leur heure dans le clair-obscur d'un petit chemin creux. La tension qui transparait dans la toile ainsi que la force de la composition seront appréciées de la critique.
L'année suivant sa récompense pour La joueuse de tambourin, se tient dans un atelier parisien une petite exposition indépendante. Ceux qui l'organisent et font tant parler d'eux, se nomment Auguste Renoir, Camille Pissaro, ou encore Claude Monet... Le mouvement impressionniste est né et son public aussi. Au cours des années qui suivent, la peinture d'histoire perd de son aura, tandis que les impressionnistes exposent de plus en plus au prestigieux Salon de Paris qui jusqu'alors leur fermait ses portes. En 1897, Manet, Degas, Pissarro, Monet, Renoir, Sisley et Cézanne font leur entrée au Palais du Luxembourg, symbole fort de la victoire de leur mouvement. Picot et Couture sont morts et leur style académique est maintenant qualifié de « pompier ». Bientôt, Coëssin n'est même plus exposé au Salon. Plus aucune des ses toile n'a été remarquée depuis 1890. Il meurt finalement à Paris en 1910 dans l'anonymat, à l'aube d'un XXe siècle où sa peinture n'a plus sa place.
Aujourd'hui, on peut voir ses œuvres dans des musées à Bayeux, Gray, Liège, Lisieux, Reims, ou encore Paris, New York...

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