Musée-mine départemental [Cagnac-les-Mines, 81]

Exposition : Çapeint : ça fore

du 16 mars au 16 septembre 2018

> Vernissage de l'exposition vendredi 6 avril à 18h, en présence des artistes.

Le vernissage sera suivi d'un spectacle de théâtre, "Sur le carreau", par la Cie La Ligne.

Spectacle tout public, à partir de 10 ans. Durée : 55 minutes. Spectacle gratuit.

L'année 2018 a été élue Année du Patrimoine par le Conseil Européen. La Conservation des musées du Département du Tarn s'empare de cette thématique et propose des expositions et des évènements (spectacles, conférences, ateliers...) qui permettent de décaler le regard pour (re)découvrir le patrimoine tarnais. L'architecture, le patrimoine oral, le patrimoine industriel… mais aussi des œuvres d'artistes contemporains s'inspirant des lieux patrimoniaux sont ainsi au cœur de notre programmation 2018. C'est dans cette optique que les musées départementaux accueillent les « Çapeint ».

L'aventure « Çapeint », c'est la rencontre et les retrouvailles de trois peintres aux démarches et esthétiques différentes mais réunis dans une même passion de la peinture : Henri Darasse (peintre et professeur de philosophie à Sète), Alain Fabreal (peintre et pédagogue, directeur des Beaux-arts de Carcassonne) et Alain Garrigue (peintre, auteur de bande dessinée, écrivain et professeur aux Beaux Arts de Carcassonne). « Çapeint », c'est la prise de conscience de la pulsion picturale qui les traverse et les réunit : « Çapeint donc nous sommes » en serait la formule.

La Conservation départementale des musées du Tarn a fait appel à ces artistes peintres pour questionner la notion de patrimoine à partir des lieux, objets, archives et documents techniques conservés dans ses trois musées (le Château-musée du Cayla à Andillac, le Musée-mine départemental à Cagnac-les-Mines et le Musée départemental du Textile à Labastide-Rouairoux). Comment l'artiste s'inspire, se nourrit des lieux de mémoire et comment il en devient à son tour artisan ? Chaque artiste intervient sur les trois sites, à l'écoute tour à tour du patrimoine minier, textile, rural et littéraire de notre département…

Au Musée-mine départemental, Alain Garrigue voit dans le charbon le premier outil utilisé par les artistes du paléolithique dans les grottes pariétales et il retient ensuite du travail des mineurs de fond ce même rapport d'un corps luttant contre la paroi. C'est pourquoi il instaure tout naturellement ce travail avec le corps dans ses toiles autour de la mine : mains enduites de peinture venant ainsi recouvrir la surface de signes, de griffures, de hiéroglyphes divers, de rébus sans sens ou de mots abandonnés. Tentant dans un dernier effort de "pousser le mur" et d'y inscrire tout à la fois les traces de labeur, d'exaltation, d'amour ou de peine.

Henri Darasse retient également le charbon comme ressource picturale. Pour lui, ce matériau se présente sous la forme de boulets de charbon qu'il va placer sous la toile pour en relever l'empreinte au rouleau et organiser la surface selon la densité des points ainsi obtenus, dans une évocation qui oscille entre le tas de charbon et un pointillisme à la Seurat.

Alain Fabreal dirige son regard vers les montagnes. Il scrute au loin l'espace lumineux qui éclaire l'horizon. Il compose des images avec des ruines venues du fond de la terre. Matière noire qu'il a fallu extraire et dont l'ablation constitue les boyaux vides d'un corps souterrain.

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