Musée Saint-Raymond, musée d'Archéologie de Toulouse [Toulouse, 31]

Sarcophage dit de Méléagre

Collection : Sarcophages de la fin de l'Antiquité

Sarcophage dit de Méléagre
Titre
Sarcophage dit de Méléagre
Chronologie
Fin du IVe ou Ve siècle
Technique
marbre
Numéro d'inventaire
Ra 505a

© MSR Toulouse, photo JF. Peiré

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photo : couvercle-cuve du sarcophage et tableau central de la cuve
La chasse de Méléagre : sarcophage en marbre découvert à Toulouse (Saint-Sernin)

Ce célèbre sarcophage a été réutilisé au Moyen Âge dans le cloître de Saint-Sernin.
Le couvercle et la cuve n’étaient peut-être pas associés dans l’Antiquité.

Le décor végétal, en particulier les rinceaux de vigne, rappelle beaucoup les mosaïques qui recouvraient le sol des villas de la même époque.

Les chrétiens, adeptes de l’inhumation, développent sur leurs tombeaux de pierre toute une iconographie empruntée en partie à l’imagerie païenne mais porteuse d’un sens nouveau. Au centre du couvercle, une couronne de laurier, symbole de victoire, est soutenue par deux Génies nus et ailés, source de l’iconographie future des anges qui seraient représentés dans les siècles suivants.

Cette image est issue d’une longue tradition romaine liée au triomphe des empereurs.
Sur les cuves de sarcophages romains, elle est peu à peu associée à la victoire sur la mort. À l’intérieur de la couronne sont inscrites deux lettres grecques entremêlées, le khi et le rhô. Il s’agit des premières lettres de Christos, le nom du Christ en grec. Ce motif, appelé chrisme, signifiait que la personne inhumée était chrétienne. La vigne, quant à elle, est un symbole d’éternité emprunté à la religion dionysiaque. Les pampres s’échappent du canthare, le vase à boire de Dionysos, qui deviendra le calice utilisé au moment de l’Eucharistie. Cette vigne évoque les textes évangéliques qui rapportent la parole du Christ disant à ses apôtres : « Je suis la vraie vigne et mon Père le vigneron... Je suis la vigne, vous êtes les sarments...».

Sur le tableau central de la cuve, un personnage tue un sanglier de sa pique ; il est encadré par deux autres figures, plus grandes.
Certains y ont vu un épisode mythologique : Méléagre et les Dioscures - Castor et Pollux – chassant le sanglier de Calydon. Pour autant, le motif de la chasse aristocratique était souvent reproduit sur les sarcophages romains des IIe et IIIe siècles de notre ère, dans un sens bien spécifique.

Le défunt qui affronte la mort était assimilé au héros de la mythologie qui fait face au même péril. Mais ici, grâce à la foi, affirmée par les symboles, la mort ne sera pour le croyant qu’un passage vers la vie éternelle.

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