Musée Saint-Raymond, musée des Antiques de Toulouse [Toulouse, 31]

Conférence : Les mercredis de l'archéologie (archive)

les mercredi 21 mars, 4 avril et 23 mai 2018

les mercredi 21 mars, 4 avril et 23 mai
18h30-20h
Gratuit
Réservation sur eventbrite via le site internet du musée Saint-Raymond www.saintraymond.toulouse.fr

Après vous avoir proposé en 2017 de plonger dans l'univers des nouvelles technologies, le laboratoire TRACES s’associe au MSR pour un nouveau cycle de conférences.
Le laboratoire Travaux et Recherches Archéologiques sur les Cultures, les Espaces et les Sociétés (TRACES) est une unité mixte de recherche du CNRS contractualisée avec l’université de Toulouse II Jean-Jaurès et le ministère de la Culture et de la Communication et conventionnée avec l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et l’Inrap.

La gastronomie d’Apicius, d’hier à aujourd’hui
par Marie-Thérèse Marty, Ingénieure de recherche au CNRS
Mercredi 21 mars | 18h30-20h

Initiatrice de la gastronomie romaine sur le site antique de Saint-Bertrand-de-Comminges, Marie-Thérèse Marty, ingénieur-archéologue au CNRS, retrace le partenariat scientifique et culinaire avec le chef Renzo Pedrazzini, qui a permis au restaurant « Le Lvgdvnvm » de devenir un haut-lieu du patrimoine culinaire antique. Vingt siècles après le célèbre gastronome Apicius, l’un des plus fastueux et inventifs de la Rome antique, comment recréer, dans le respect des recettes antiques, une cuisine savante, raffinée et singulière. Interprétations, essais culinaires et remise au goût du jour ont été nécessaires pour faire perdurer, à travers une palette parfumée de saveurs exotiques, un effet d’étrangeté défiant encore l’imagination… dans des recettes mêlant à l’envi l’onctueux, le saumuré, l’aromatique et le capiteux. Les nombreux ingrédients et accords de cette cuisine historique et artisanale sont en pleine résonnance avec les préoccupations diététiques actuelles. Ils constituent de plus un excellent outil pédagogique pour l’éveil du goût, en un mot une cuisine qui « dispense du bonheur » comme l’a écrit si joliment un jeune scolaire.

Le festin de Trimalcion
par J.-M. Pailler
Mercredi 4 avril | 18h30-20h

« Sur le plateau des hors-d'oeuvre était un petit âne en bronze de Corinthe portant un bissac qui contenait des olives blanches d’un côté, et de l'autre noires. Il avait sur le dos deux plats d'argent sur le bord desquels était gravé le nom de Trimalcion avec l’indication des poids de l'argent. Des surtouts en forme de ponts supportaient des loirs accommodés avec du miel et des pavots. Il y avait aussi, posées sur un gril d'argent, des saucisses grésillantes et, sous le gril, des prunes de Syrie avec des grains de grenade... »
Quel meilleur hors-d’œuvre à une présentation du festin de Trimalcion que... cette évocation par Pétrone, auteur sous Néron du Satyricon, des hors-d’œuvre du banquet donné par cet affranchi, caricature du parvenu. On y trouve un composé de vérité gastronomique, certes de haut vol, et de moquerie parodique : Trimalcion « affiche les prix », il est en retard à son dîner et prend la meilleure place, commettant ainsi trois impairs révélateurs. La conférence cherchera à illustrer ce mélange de réalisme concret et de satire grinçante dont Fellini, à sa manière, s’est souvenu.

Lièvre, bison et... mammouth ? Diversité de l’alimentation carnée des chasseurs-cueilleurs gravettiens en France
par J. Lacarrière (post-doctorante, ARSCAN-UMR7041)
Mercredi 23 mai | 18h30-20h

Le Gravettien, est une chrono-culture de la Préhistoire que nous connaissons tous à travers les statuettes féminines de Lespugue ou bien encore celles de Brassempouy. Elle correspond à une longue période de temps allant de 32 jusqu’à 27 000 ans avant le présent et a été traversé par des changements climatiques importants allant de courts et brefs réchauffements jusqu’à de longues périodes de froid et d’aridification.
Tout au long de cette période, les chasseurs ont exploité les ressources de leurs environnements et notamment un gibier diversifié. Si le renne était la proie de prédilection, des animaux plus grands et plus dangereux (bison et peut-être mammouth) ou au contraire beaucoup plus petits mais plus rapides (lièvre) ont fait partie du tableau de chasse. Nous discuterons de la signification de cette diversité ainsi que des stratégies de chasse mises en place pour les acquérir. Enfin, nous évoquerons des hypothèses concernant la conservation de ces ressources carnées et de leur éventuel traitement pour une consommation différée.

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