Musée Saint-Raymond, musée des Antiques de Toulouse [Toulouse, 31]

L’Éros d’Égine

Collection : La collection en réserves

L’Éros d’Égine
Titre
L’Éros d’Égine
Chronologie
IIIe-IIe siècle avant notre ère.
Technique
Terre cuite

© MSR Toulouse

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L’Eros citharède dansant

Provient d’Égine.
IIIe-IIe siècle avant notre ère.

Dans le monde grec, le dieu Éros personnifie le sentiment amoureux en même temps que le désir. Éros est beau, jeune, ailé ; il porte une couronne de fleurs, l’arc et les flèches qu’il décoche en direction des cœurs. À l’époque hellénistique, plus particulièrement entre les IIIe et Ier siècles avant notre ère, de très nombreuses figurines en terre cuite le représentent sous les traits d’un éphèbe ou bien d’un enfant. Il peut prendre l’aspect d’un dieu musicien et jouer des cymbales, de la cithare, de la lyre ou du tambourin.
L’Éros du musée Saint-Raymond, élégant et féminin, paraît provenir d’Égine, une île située dans le golfe Saronique, au sud de
l’Attique. La couleur de la pâte, la polychromie résistante, associées à l’intégration d’objets, caractérisent bien les productions de cette région. Il est coiffé d’une couronne de lierre et d’une sorte de chapeau plat à bord découpé et relevé. L’ensemble a été fabriqué avec plusieurs moules. Le tout a reçu un engobe blanc et une polychromie suffisamment conservée pour que l’on en saisisse la répartition : le bleu recouvre le corps, les plumes, la draperie ; le rouge est utilisé pour le contour des ailes, la lyre. L’allure générale, qui anime la statuette, la rattache à l’esprit de Lysippe, grand sculpteur du IVe siècle avant notre ère.
En 2007, une intervention sur l’œuvre a révélé les traces d’une restauration moderne :

  • les ailes n’appartenaient pas, à l’origine, à cette figurine. Brisées ou disparues, les ailes originales ont été remplacées, probablement à la fin du XIXe siècle, époque de grand engouement pour ce type d’œuvre ;
  • au-dessus du trou d’évent (permettant le dégagement des gaz et de la vapeur d’eau lors de la cuisson), dans le dos, un colmatage et des abrasions, bien visibles,

correspondent peut-être à l’emplacement de l’orifice qui permettait de suspendre la statuette à l’époque antique ;

  • le bras gauche, de couleur et de texture différentes par rapport au buste, a très certainement été refait afin de soutenir la cithare dont seule la partie droite est authentique. La clef arrondie, disposée au sommet du bras gauche de l’instrument de musique, est une restauration moderne.

Jambes et pieds, malgré un recollage, sont, par contre, bel et bien authentiques.

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