Musée Saint-Raymond, musée des Antiques de Toulouse [Toulouse, 31]

Collection : Sarcophages de la fin de l'Antiquité

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  • Sarcophage dit de la reine Pédauque
  • Sarcophage dit des miracles
  • Sarcophage dit de Méléagre
  • Sarcophage dit de saint Clair
  • Urne cinéraire de Cassia Maxima
  • Morceau d'un sarcophage paléochrétien
  • Boucle de ceinture -  Anonyme

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Par leurs formes et le style de leur sculpture, la majorité des sarcophages présentés appartiennent à des types largement diffusés dans l’aire géographique qui s’étend de la région de Béziers à celle de Bordeaux, et des Pyrénées centrales à Rodez. Ils sont ainsi dits « du Sud-Ouest de la France ».
En raison de l’absence d’inscription, il est difficile de les dater avec précision. Au Moyen Âge et jusqu’au XVIIIe siècle parfois, certains ont été réutilisés afin d’accueillir les corps de quelques grandes familles. C’est ainsi que les comtes de Toulouse ont utilisé ces monuments. À cette occasion, les grands sarcophages de marbre étaient disposés dans le cloître médiéval roman de la basilique Saint-Sernin. La basilique et ses reliques représentaient toujours un lieu très privilégié.
Mais d’autres sarcophages ont connu un destin moins brillant et ont été transformés en objets utilitaires comme des abreuvoirs pour le bétail, ce qui explique les perforations grossières que l’on distingue au niveau de certaines cuves et qui permettaient l’évacuation de l’eau.

Durant toute l’Antiquité, on privilégia longtemps le rite de l’incinération, qui consistait à brûler le corps du défunt et déposer ses cendres dans une urne disposée dans une tombe.
À partir du IIe siècle, l’inhumation est adoptée par de nombreux païens qui font décorer leurs sarcophages de grandes scènes mythologiques ou de scènes de chasse, en rapport avec la mort et la destinée de l’âme.
Les chrétiens mettent définitivement fin au rite de l’incinération et poursuivent la tradition des sarcophages sculptés. Les images renvoient alors à la nouvelle religion.
Les sarcophages présentés témoignent ainsi de la diffusion du christianisme dans le Sud-Ouest de la Gaule.

Seules les personnes les plus fortunées pouvaient se permettre d’être ensevelies dans de tels tombeaux. Ils montrent souvent des personnages debout, sous des arcs triangulaires, et séparés les uns des autres par des colonnes ; ce sont les apôtres qui entourent le Christ, personnage central de ces représentations. Ils tiennent dans leur main un volumen, rouleau de parchemin ancêtre du livre, qui devient ici le symbole de la loi divine et de sa diffusion.
Des scènes, notamment celles inspirées par les Évangiles, sont moins fréquentes mais dénotent les modèles romains. Elles représentent les miracles du Christ comme le miracle de l’eau changée en vin lors des Noces de Cana, qui est le premier miracle du Christ, ou la multiplication des pains.
D’autres sarcophages, les plus nombreux, privilégient une décoration végétale et stylisée, dont le relief est très peu marqué, à base de rinceaux de vigne qui peuvent enserrer, sur les hauts couvercles à quatre pans, les symboles du Christ. Mais on distingue aussi des motifs abstraits, géométriques, en forme de chevrons.

Tous ces sarcophages sculptés dans le grand Sud-Ouest de la Gaule sont reconnaissables à leur goût pour le graphisme des formes et une sculpture plus plate, moins saillante que sur les œuvres conçues à Rome ou en Provence.

D’autres sarcophages sont d’ailleurs caractéristiques du style de Rome ou d’Arles au IVe siècle : le musée présente ainsi un devant de cuve, un petit sarcophage et un fragment d’un autre tombeau, représentant l’une des plus anciennes images de la Vierge tenant l’Enfant Jésus-Christ dans ses bras. Ces sarcophages, à l’inverse de ceux qui furent élaborés dans le Sud-Ouest de la Gaule, sont caractérisés par une sculpture en fort relief.

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